Avant la messe de minuit, le Gros Souper

Dans la tradition provençale, le gros souper est servi le soir de Noël, avant de se rendre à la messe de minuit.

Les collèges en chiffres

Rien n'est laissé au hasard. Il y a une symbolique derrière chaque plat et les chiffres sont importants. La table est couverte de 3 nappes blanches - 3 pour les 3 personnes de la Trinité - avec 3 chandeliers blancs allumés et 3 soucoupes de blé germé de la Ste Barbe. Surtout pas de gui réputé porte-malheur. Le gros souper est paradoxalement composé de 7 plats maigres en souvenir des 7 douleurs de Marie, il est servi avec 13 petits pains. Les plats maigres servis diffèrent d'un coin de Provence à l'autre. On retrouve souvent la carde, le céleri, le chou-fleur, les épinards, la morue, l'omelette, les escargots ou la soupe à l'ail. Jamais de viande ! Uniquement des poissons, des coquillages, des gratins, des légumes, des soupes et de l'anchoïade. La seule abondance est celle des treize desserts.


La messe de minuit, pas provençale, mais presque…

La messe de minuit célèbre la Naissance de l’Enfant Jésus. Elle se déroule après le Gros Souper, juste avant les 13 desserts. Ce moment important dans la vie des familles, n’est bien évidemment pas une tradition spécifique à la Provence. Mais les provençaux ont fait de cette messe une véritable fête culturelle. Pour cette occasion, les églises sont pleines, et les chants résonnent dans toute la Provence. La tradition de célébrer une Messe de Minuit le 24 décembre semble remonter au Vème siècle.

Il n’existe pas une messe de minuit provençale type, mais plusieurs adaptations sont visibles, selon les différents villages de Provence. Certaines messes sont en « Lengo Nostro », soit en langue provençale. Des chants provençaux résonnent dans les églises, rythmés par le son des galoubets et tambourins des groupes folkloriques locaux. Dans certaines églises, la crèche vivante jouée par les habitants peut donner lieu à la tradition du Pastrage, temps fort de la messe de minuit : le patron des bergers, appelé « Lou Bayle » en provençal, vêtu d’une cape de bure, portant un chapeau enrubanné et tenant son bâton de pèlerin, guide une procession composé des autres bergers et d’un petit pastre portant un agneau nouveau-né. L’agneau nouveau-né sera alors offert en offrande. Cette procession peut-être guidée par une charrette décorée, et peut faire l’objet d’une traversée du village en amont. Au son des tambourins, la procession s’engage alors vers la crèche.