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Gréasque : ici coulait une rivière

Entre Sainte-Victoire et l'Étoile

Gréasque : ici coulait une rivière


Une vieille aire de battage, un ravin particulier, une vasque étonnante, des installations minières muséifiées et des parfums d'antan... Joli détour, en somme.

C'est une balade de souvenir et de beauté, un espace-temps mouvementé mélangé de complainte et de curiosité, de parfums présents... C'est alors une balade nostalgique dans le flou chaleureux d'une arborescence particulière, avec le chêne dominant... 

C'est aussi une balade d'amertume, peut-être, à constater combien l'eau se fait rare ; au point que le bout de rivière qui faisait sauter de joie les enfants du village n'est plus ce qu'il était...

C'est pourtant une balade poétique puisque derrière l'aspect contemporain des choses de la nature et en comparaison de ce qui fut autrefois s'érige la maturité sociale des hommes qui, de leurs mains au travail, ont tracé dans le profond des terres l'épopée de la contrée... Nous sommes à Gréasque, entre Sainte-Victoire et la chaîne de l'Etoile, au plus ancien d'un bassin minier qui n'en finira jamais de se raconter.

Mémoires du Grand Ravin

Ironie de l'histoire, c'est là, où les enfants du collège allaient naguère se promener, que dans un espace boisé remarquable, un entrecroisement de beaux sentiers est dévolu au VTT. La flânerie n'y est pas pour autant négligée. Surtout du côté du Vallat, le Grand Ravin. Il n'est pas long, pourtant, mais les traces de l'eau partiellement disparue n'en finissent pas d'égayer les imaginations : rochers polis, pans de falaises sculptées, couloirs ravinés, petits près hantés d'herbes particulières, berges ombragées et, surtout, des traces mémorielles.

Tant, en effet, ce lieu unique fut de tout temps l'escapade privilégiée des habitants de la contrée, paysans ou mineurs. Ici, au frais émané de l'onde, le destin amoureux du village s'est développé. Et voilà que nous y allons !

Au départ, deux possibilités s'annoncent : soit en contrebas du village, en contournant le cimetière pour emprunter un brin de piste jusqu'à un espace aménagé en parking, soit contre le stade, tout juste après le château, là où l'on s'en va croiser les terrains de tennis après être passé sur un remarquable pavage en forme de cercle.

Il s'agit d'une ancienne aire de battage bien conservée. Du coup le dessin d'ensemble, encore visible, attise la curiosité. On y voit comment, depuis le centre, les pierres - sortes de gros galets - ont été agencées pour former de longues parts démarrant depuis le centre pour finir en arcs de cercle, le tout délimité par de pures lignes qui offraient à ce lieu de travail un aspect mélodieux. Comme si de la pierre émanait la musique de la journée champêtre !

Sur le chemin de l'eau...

De l'aire de battage et du stade tout proche du parking de départ il n'y a qu'un bout ombragé de sentier aménagé. Une fois au bas, dans ce creux qui respire encore la présence constante de l'eau bien que celle-ci n'y circule plus qu'en temps de grosse pluie, c'est à gauche qu'il faut s'élancer, vers ce qui est en quelque sorte le démarrage des pistes brouillées fréquentées par vététistes et promeneurs, avant de bifurquer presque aussitôt à main droite, sous le promontoire dessiné par deux ou trois petites villas cossues.

Le départ du ravin est lancé, à contre-sens de cette eau espiègle, devenue fantôme pour cause de baisse constante ou presque des nappes phréatiques.

Bien que nettoyée, surveillée, la colline est ici encore pleine de surprises, hirsute parfois, et ces populations de chênes lui donnent une contenance particulière, une douce noblesse confrontée à l'aride fierté du lointain bord de mer. Le ravin se remonte au plus serré de berges désormais privées de mousse et de doucette. Il demeure dans l'air quelque chose d'à peine humide. L'eau manque certes, mais le chemin est là, dans son originalité primitive jusqu'à ce qu'il débouche sur la curiosité vedette, le Tombereau...

Une grande et belle vasque...

greasque

Le Tombereau, une douce et grande anse de pierres que l'on dirait agencées d'une main experte. Et puis un et deux escaliers monumentaux sur lesquels enfants et grands se rangeaient pour le bain salvateur par temps de grandes chaleurs. Et dessous une vasque, fraîche, large, immense pour qui a l'imagination fertile. Et là, il y a encore de l'eau, par le miracle d'un bel aménagement qui la pompe d'en-dessous, bien loin, de ces tréfonds d'où elle ne sourd plus. Petits poissons, grenouilles baguenaudantes, lézards malins en ont fait leur domaine, pour le bonheur des yeux enfantins. Le Tombereau demeure, avec son près tout proche que l'on a maquillé en aire de jeux.

Il y avait antan des herbes et des buissons partout, quant les mineurs encore noirs sortis du Puits Hely d'Oissel venaient y respirer l'air de la vie pour savourer autre chose que l'air rare des profondeurs. Le puits... Il est là encore, plus à l'ouest, de l'autre côté des maisons agglutinées autour du vieux collège remarquablement réaménagé. Le puits...

Témoin, il veille et par la volonté d'hommes de volonté peut encore témoigner de ce que fut le Gréasque minier. Un musée de la mine y a en effet prix racine. A visiter. Absolument.


Paul Teisseire

PRATIQUE - Comment Y aller ?

Le plus facile pour rejoindre Gréasque est de prendre la D46a au départ de Gardanne que l'on rallie par l'autoroute entre Aix et Marseille.

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