La Roque d'Anthéron

Trois univers, trois envolées passionnantes… Puzzle éclaté, la Roque D’Anthéron ouvre ses portes aux passionnés d’histoire et de nature…

Première étape : le village et ses secrets ! Il se visite au petit matin, dans l’égaiement du soleil qui étreint les collines de la dominante Chaîne des Côtes, avec cette fraicheur qui stimule l’esprit et permet de mieux soupeser l’histoire. Celle de La Roque a de quoi surprendre. Boulevard de Craponne, par exemple, du nom de l’ingénieur Adam de Craponne qui imagina et permit d’ouvrir un canal partant de la Durance vers le pays de Crau, que l’on appelait encore un désert, peuplé de pierres. Les poèmes épiques grecs et romains y situaient d’ailleurs l’une des légendes d’Hercule combattant de barbares guerriers en les bombardant de pierres ramassées à ses pieds… Eh bien, ce boulevard de Craponne marque la lisière ouest du centre ville.

Il est également le lien ombilical avec les nouveaux quartiers dont celui de la mairie. Il est également la porte vers le quartier Vaudois. Quartier Vaudois ? Plongeons donc encore dans l’histoire…

La Roque d'Anthéron

PAR “ACTE D’HABITATION”…

Nous voilà au XVe siècle dans la Roque d’alors. Habitats paysans disséminés, maisons villageoises rares… Les temps sont rudes. La peste et les grandes gelées frappent le village dont la majeure partie appartient à la famille de Forbin, sous le contrôle de l’archevêché d’Aix-en-Provence. La population est décimée et l’on songe à repeupler. Comment ? L’idée vient de signer un “acte d’habitation” avec les Vaudois, tous membres d’une partition religieuse créée par Pierre Valdo dans le dernier quart du XIIe siècle. Travailleurs, prêchant la pauvreté absolue, ils avaient été traités d’hérétiques, excommuniés, persécutés dès le XIIe siècle avant de trouver refuge au creux des hautes vallées alpines et dans le Piémont.

Dans la Provence indépendante et tolérante d’alors, soixante-dix familles peuvent traiter avec les de Forbin et donc s'installer à La Roque dans un premier noyau villageois situé près de l’abbaye cistercienne de Sylvacane. L’acte d’habitation ne les protègera cependant pas de l’intolérance religieuse. Ayant adhéré au protestantisme en rejoignant les Cathares, ils seront de nouveau pourchassés durant les guerres de religion. En 1545, le village de près de Sylvacane est détruit par un grand incendie criminel. Mais les Vaudois, qui entretemps ont signé un nouvel acte d’habitation avec les de Forbin, décident, avec un nombre réduit de familles, de le reconstruire à son emplacement actuel qui délimite en quelque sorte le berceau mémoriel de la cité.

A VOIR ABSOLUMENT…

Deuxième étape : l’abbaye de Sylvacane, sur la route menant vers Rognes et la retenue, le bassin, de Saint-Christophe. Près d’une source, merveilleux point d’eau, fut érigée au XIIe siècle l’abbaye cistercienne de Sylvacane, l’une des trois belles de Provence avec Sénanque en pays de Vaucluse et le Thoronet dans le Var. Sylvacane se caresse du regard. Pureté de lignes, grands intérieurs à vivre… Une merveille d’architecture, un lieu paisible à visiter avec curiosité et lenteur…

JUSQU’AU ROC MÉNOURGUES...

Troisième étape : les collines, les sentiers... La Roque d’Anthéron et la randonnée, c’est une belle histoire d’amour. Avec quelque 180 kilomètres de sentiers balisés, le village s’est taillé une sérieuse réputation internationale. Faisant notamment partie de l’un des sept réseaux européens de Fédération Internationale des Sports Populaires.

Au sein de ce mouvement, on privilégie le lien entre découverte de la nature, allant vers la culture et propulsion en direction du savoir-faire et donc des produits de pays. Alors, ces sentiers, d’où les attaque-t-on. Peu après Sylvacane, en direction du village, une route à main gauche propose de joindre le village de vacances de la Baume. Il suffit de la traverser pour attaquer une narquoise piste qui serpente dans un vallon. Embrassée par de jeunes chênes, elle propulse, sur le tracé vert, vers les crêtes de la chaîne des Côtes. Le sentier conduit ensuite jusque sous le Roc Ménourgues, à 354 mètres d’altitude et puis coule doucement jusqu’à ramener au point de départ, après trois heures d’une agréable marche.

Comment y aller

Située sur la rive gauche de la Durance, la Roque d’Anthéron est voisine de Rognes. A l’écart du grand axe passant, le village offre une précieuse tranquillité. Célèbre par son festival de piano, il permet aussi de rallier des collines depuis l’agglomération. A peine distante de trois kilomètres, l’abbaye de Sylvacane est voisine du village vacances de la Baume, point de départ de multiples sentiers