L'île Verte

L'île Verte

Exploration pirate de l'île Verte


À part, solidaire du bec de l'Aigle dont elle est la soeur géologique, l'île Verte ne fait pas que séduire ; elle capture. Il n'y a pas de pirates sur les fortins dominant ses falaises. C'est tout simplement l' île qui pirate ses visiteurs...

On s'y rend en bateau depuis le port de La Ciotat. La passe franchie, la mer porte les embarcations vers le principal débarcadère : la calanque Saint-Pierre. L'île s'approche. Elle est la barrière curieuse entre la haute mer avec son rivage tourmenté, aux abords de hautes falaises fières de quatre cents mètres d'à-pic, côté terre, entre La Ciotat et Cassis. Le bateau passeur s'enfonce dans la mer et voilà, déjà, la calanque Saint-Pierre, enserrée, accueillante. Un débarcadère, une panne, en petit restaurant et, au-delà, de longs escaliers faits de rondins qui propulsent au sommet de ce délicat petit pays. Explorer ? À main droite d'abord, vers la Plageolle au rythme lancinant du chant des cigales. On aperçoit tout de suite de curieuses choses : galeries bétonnées qui servaient sans aucun doute d'abris anti-aériens. Le sentier mène de grandes courbes en surplomb de la mer. Il propose même une vertigineuse descente vers La Plageolle ; petit creux, plagette extraordinaire d'où l'on savoure l'étonnant contraste de la paisibilité de l'île affrontée aux rumeurs de la cité, La Ciotat. L'île pirateuse est double, en fait. Elle a son côté côtier et puis son côté hauturier : là-bas, de l'autre côté, plein sud dans la Méditerranée, où le vent provoque des creux si inquiétants qu'ils dissuadent pas mal de marins.

Le poudingue : une curiosité géologique

L'exploration est donc partie... La Plageolle oubliée, le sentier s'élève, de peu mais l'air semble plus frais ; les sommets étant mieux exposés au large. La pinède domine, une drôle de pinède d'ailleurs : robuste, torsadée, habituée à l'air salin. Grand pectacle : un de ces pins courageux a poussé couché au sol, le tronc couché drossé par le Mistral et embrassant la terre. Seules ses branches se sont élevées vers le bleu du ciel. Elles dépassent en hauteur celles des pins voisins qui pourtant ont le tronc droit perché.Le basculement s'opère. Les rumeurs ciotadennes se sont totalement évaporées. Et se propose l'autre face de l'île.

Et s'expose aussi la presqu'île du Mugel avec le fameux bec. Impressionnant, envoûtant. Sous l'oeil du rapace pétrifié, il n'est pas rare de croiser une patrouille de surveillance du Conseil général des Bouches-du-Rhône qui s'est rendu propriétaire de l'île afin de la rendre au public avec toute la pédagogie du respect de la nature qui se doit d'accompagner l'effort mené par une collectivité territoriale. Aujourd'hui, par exemple, les hommes consacrent leur attention aux plantations de petits chênes qui ont bien du mal à se développer sur un sol trop acide et complexe. Le poudingue formant l'île est un sédiment composé de galets et de terres sablonneuses solidifiées. Une curiosité géologique. Du béton naturel en quelque sorte...

Des contreforts comme des lames de ciseau.

Côté sud, les rivages de l'île sont abrupts. Ils débouchent au sommet sur les hauteurs de la Grande Calanque battue par les vents et dont les abords sont prisés par les grands goélands leucophée, les fameux gabians, durant le printemps, aux temps des nidifications. Avant que de parvenir à ces sauvages parages s'expriment les restes d'une batterie anti-aérienne datant de la deuxième guerre mondiale. Il y en aura d'autres durant le parcours. Ici, par gros temps, quand gronde le vent, la furie de la mer la dispute à celle des hommes.

La calanque d'Isserat, voisine de la Grande, en est le témoignage. Ses contreforts rugueux mais fins dessinent comme des lames de ciseau les extrêmes pointes de l'île. Inutile de s'y aventurer. Voir et admirer, seulement... Car le sentier, le seul, à part un petit axe médian qui du milieu de l'île rejoint Saint-Pierre, s'en va flâner à l'Est, audelà des ruines émouvantes du vieux fort Saint-Pierre, vers les belles fouilles du fort Grégy, au-dessus de la curieuse calanque de Seynerolles, la seule habillée de sable fin.

Depuis cette petite anse, on aperçoit au loin la côte jusque vers les abords de Toulon, avec en toile de fond la silhouette trapue de la presqu'île de Saint-Mandrier. Après Seynerolles ? Un bout de sentier pirate, justement, qui file, grandiose, jusqu'à retrouver le débarcadère de Saint-Pierre. Combien de temps s'est écoulé depuis le départ ? Un petit rien qui correspond à une éternité tant l'île n'est pas vraiment petite parce que poétiquement elle est immense.

PRATIQUE - Comment Y aller ?

On accède à La Ciotat par l'autoroute qui relie Marseille à Toulon ou par les hauts de Ceyreste et la route des Crêtes qui part de Cassis. De mai à septembre, le service qui assure la desserte de l'île, au départ du débarcadère du port de La Ciotat, propose un aller toutes les heures rondes le matin et un retour toutes les heures et quart l'après midi. À partir du mois d'octobre, seuls les week-end sont servis. Réservations possibles pour des groupes.

Renseignements :

Tél. : 04 92 83 11 44

Tél. : 06 63 59 16 35

Tél. : 06 16 40 83 50