Pichauris

Un val, des crêtes à couper le souffle

Durée de la balade : 3h30

Cet immense et remarquable espace récemment ouvert au public par la volonté départementale, mérite mieux qu'une randonnée. Il est propice à une vraie découverte, une longue exploration.

C'est une mosaïque, un val inexploré... C'est un coin secret longtemps abandonné, ou plutôt délaissé... C'est à découvrir, à explorer, à goûter... C'est une originalité géographique, une particularité botanique... C'est un lieu magique convoité des amoureux de la nature... Un lieu singulier qui aurait pu être abîmé par des programmes immobiliers hâtivement ficelés... 

C'est aussi et surtout l'un des symboles de la politique de solidarité active du Département... C'était un lieu privé ! C'est récemment devenu un lieu public ! Un endroit où l'on peut en famille s'abandonner à la découverte, marcher sur des sentiers, déguster des vues à perte de vue, sur la mer, les massifs, la montagne...

Pichauris... Un domaine de rêve de 1 368 hectares étalés entre les communes d'Allauch et Peypin, dans le tombant nord-est du Garlaban. En ce début d'automne, on y va découvrir l'une des plus belles images contrastées de la Provence.

Une image un temps disparue et finalement restituée à tous...



Des pistes, des recoins...

Comment y accède-t-on ? Par deux itinéraires routiers amoureusement rencontrés. L'un vient du tour de la Chaîne de l'Etoile, après Gardanne, Mimet, Saint-Savournin, Cadolive et les abords de Peypin.

On atteint là une sorte de col qui plonge sur « la montée », mais de ce côté par la descente dite des Termes, passant par un hameau haut perché précisément nommé « Le Terme ».

L'autre itinéraire arrive des conjonctions de routes des villages d'Allauch et Plan-de-Cuques, franchissant l'original Logis-Neuf pour s'alanguir dans la douceur de La Fève avant d'attaquer la « montée » des Termes. L'ouverture vers la propriété reconquise de Pichauris ? C'est au milieu de la montée, ou de la descente, peu après les abords d'une accueillante auberge, à quelque trois cents mètres à main droite du départ d'une route qui s'en va desservir les villas isolées des hauts de Peypin.

Une famille, des ramures...

Il y a là une grande grille qui pour le piéton se contourne de part et d'autre. Et puis une piste, longue, étirée sous les frondaisons. Ce qui est remarquable à Pichauris, ce sont les arbres. Paisibles majestueux, des pins, des chênes et plus au fond du val des peupliers... Au bout de la piste : une vieille ferme longtemps abandonnée. La famille qui l'avait créée a fait des ramures et ce ne sont pas moins de soixante-dix propriétaires, tous héritiers, tous disséminés de par le monde, qu'il aura fallu contacter pour entreprendre l'opération de reconquête. Dans le prolongement de la ferme, des champs cultivés. Plus loin vers l'est, une piste qui s'abandonne sur les hauteurs, longeant les abords d'une enclave appartenant à la commune d'Allauch et sur laquelle s'élève la maison qui servit de décor au film d'Yves Robert, inspiré de Pagnol, « La Gloire de mon père ». Au-dessous, des ruines, celles d'une plâtrerie, vestige d'un petit temps industriel dans ces contrées paradoxalement sauvages.

Frémissant, les arbres attendent la douceur de la nuit...

Mais revenons à la ferme... Il émane d'elle quelque chose de grand. Elle était sans doute le bâtiment principal d'une prospère propriété agricole. D'ailleurs, derrière elle, au nord, s'élève une colline qu replonge dans un petit vallon où sont érigées d'autres vieilles bâtisses et où, surtout, démarre le joli fleuve Jarret qui finit sa course à Marseille sur les plages, près de l'Escale Borély. Eh bien, côté sud avant la ferme, s'avance une des pistes sublimes qui s'en vont rallier là-haut, à plus de quatre cents mètres d'altitude, de tendres sentiers de randonnée. Mais en soi la piste est déjà un sentier. Elle monte, serpente, se rit du soleil grâce à la protection des arbres qui la bordent. Elle entre pleinement en scène au coin d'un belvédère quand elle permet de découvrir Marseille aux pieds du promeneur. Au passage elle bascule à main gauche vers des pans inclinés sous une forêt de chênes près de laquelle dort... un puits.

Sinon, elle grimpe, grimpe encore et s'en vient rallier la ligne de crêtes du Garlaban... Au bas, le val s'étire, s'abandonne au soleil, les arbres frémissant attendant la douceur de la nuit. Il y a du superbe, il y a du majestueux. Il y a surtout de la générosité. Comme quoi la nature et la volonté des hommes peuvent parfois se rejoindre...

Paul Teisseire

Manon et Jean de Florette à Pichauris

Après avoir présenté La trilogie « Marius, Fanny, César » sur le Vieux-Port voici 2 ans, la compagnie belge Marius a de nouveau répondu à l'invitation du théâtre du Merlan pour proposer du 17 septembre au 5 octobre les représentations de « Jean de Florette » et « Manon » dans les collines du domaine de Pichauris.

Réservation au 04 91 11 19 20