Sur les hauts de Palama : l’Etoile, face sud !

SUR LES HAUTS DE PALAMA : L’ETOILE, FACE SUD !

Grisant… On y attrape la ville qui se dévoile ; du vert des collines au bleu de la mer… On y mord à pleines jambes dans le flanc du coteau…

Château-Gombert… Voilà l’un des derniers bastions urbains adossés à la longue, sauvage mais langoureuse chaîne de l’Étoile qui, telle une barrière, se dresse en contrefort de Marseille, protégeant la cité de toutes les invasions climatiques hostiles venant du nord.
Cette petite montagne, ou cette haute colline, s’en vient lécher les abords de la mer pour en tirer un étonnant parti. De là-haut est offert, étonnamment, un magnifique spectacle.
Vues, inoubliables !

Mais il y a plus intime grâce à la complexité généreuse d’une nature odorante ne survivant que par sa sensible robustesse.

Les hauts de Palama

NOUVELLE EXPLORATION

Alors, comment parvient-on dans ce petit paradis ? Les voies d’entrée sont naturellement multiples et les balades qui en découlent encore plus diversifiées.
Nous en avons déjà exploré ; que ce soit par Mimet, Cadolive, Septèmes, Simiane-Collongue ou autre… Aujourd’hui, c’est plein sud que va démarrer l’ascension à fleur de garrigue. Le point de départ lui-même ne manque pas d’intérêt. Il s’agit d’un contrefort charmant situé au bout d’une voie au nom exotique : le chemin de Palama.

Venant de Saint-Jérôme, quartier des facultés, puis franchissant Saint-Mitre, on accède tout d’abord aux portes de Château-Gombert. C’est ici, à l’entrée de ce village depuis longtemps rattaché à Marseille, que par la gauche démarre le chemin de Palama. Il serpente, frôle des habitations, villas, petits lotissements, s’élève en direction des collines, côtoie un centre équestre avant d’aboutir à une aire de stationnement d’où, déjà, l’on savoure une vue panoramique sur la baie de Marseille. Et tout le temps que va durer la randonnée, la vue va s’élargir, proposant d’autres paysages, jusqu’à basculer vers les terres. Un vrai plaisir !

APRÈS LE BUNKER

Le temps du parking est déjà celui du dépaysement. Au loin le bleu, au près cette sèche végétation qui recèle pourtant bien des trésors. Il y a comme un dôme au-dessus de l’aire de stationnement et dans sa portion sommitale une forme s’en détache. Il s’agit d’un de ces bunkers bâtis durant la seconde guerre mondiale. Pour goûter du spectacle, il suffit de démarrer par là.

Une légère ascension et, tout de suite, du grand panoramique sur la baie et les ports en contrechamps des sommets ici dominés par le relais de télévision de l’Étoile.
C’est par là que nous allons, à main droite peu après le bunker, balader sur une piste qui s’en va rejoindre une autre, sinueuse, dans le creux d’un vallon. Alors, il faudra repartir à main gauche pour, après uelque deux-cents mètres et dans un virage, trouver à droite ce coup-ci le raidillon qui fonce droit vers l’une des deux « Étoiles » ; car il y a la Grande et la Petite qui seront toutes deux à découvrir.

LE ROI ROMARIN

Dès le point départ, contre un arbre, un sentier démarre plus doucement que le raidillon. On en goûtera les lacets au retour. Pour l’heure, seule la végétation de la pente brute va compter dans ce coteau ardu. Au loin quelques cabanons semblent abandonnés. On sent, on voit bien qu’il y a quelques années le feu est passé par là. Mais les plantes ont repris le dessus. Toujours le même miracle.
Ici règne le romarin, le rosmarinus officinalis, qui vient de ros, rosées. On l’aurait baptisé ainsi parce qu’il reçoit la rosée du matin, ou encore qu’il s’adapte bien dans les endroits où se dépose la rosée de la mer. Voilà pour les versions poétiques.

Les étymologistes, pour leur part, ont préféré une version plus pragmatique, lui donnant pour origine le vocable rhus : petit buisson.
Dans l’ancien temps, les apothicaires conseillaient le romarin contre les migraines. En décoction, on lui prêtait des effets guérissant contre l’épilepsie, les vapeurs hystériques et les humeurs froides. Plus simplement, chaque bon provençal en fait l’un des ingrédients majeurs du légendaire bouquet garni sans lequel une bonne daube n’en serait pas une ; et un civet non plus, d’ailleurs.

TOUT AUTOUR : LA VUE !

Enfin, nous voilà sous le relais de l’Etoile à grimper, à gravir la pente, la langue tirée par cet ultime effort.
C’est du costaud, mais du rapide. On frôle enfin le rocher sous le grand relais. On s’y échappe à main droite pour cheminer enfin sur une large voie qui, par une autre piste, mène vers l’autre petit sommet à peine semé d’antennes : la Petite Étoile.

C’est de là que l’on voit plein champ Septèmes et l’Etang de Berre, Sainte Victoire et au-delà, le flou lointain de la chaîne avec le Pilon du Roy, et puis la Sainte-Baume avant que du regard embrasser de nouveau la mer. Le retour ? Revenant de la petite Étoile, un chemin balisé serpentant tout en douceur, ramène dans le virage d’où l’ascension fut possible.