Guillaume Ruoppolo : l'ombre et la lumière

Photographe sous-marin, Guillaume Ruoppolo est avant tout un homme de la mer, amoureux de la Grande Bleue, qui voue une véritable passion pour les fonds marins et leurs habitants. Il livre une vision intimiste et insolite du monde aquatique.


Chez les Ruoppolo, la plongée et la photographie, sont des histoires de famille et surtout une belle alchimie qui fait éclore, chez Guillaume, un style affirmé baigné d’une passion sans limite pour la mer. Il livre une vision intimiste et insolite des fonds marins et de ses habitants. Ce descendant d’une famille napolitaine de charpentier de marine est viscéralement tenu par la Grande Bleue. Son père fut champion du monde de photographie sous-marine, quand lui, à 37 ans, a été désigné en 2017 par la profession “Photographe de l’année” dans la catégorie “Nature et environnement”. Dans les pas de son père, à l’âge de 4 ans, il fait ses premières plongées. “J’ai attrapé le virus”.

1 500 PLONGÉES SOUS LA PLANÈTE

Aujourd’hui, photographe sous-marin indépendant, scaphandrier professionnel de classe II (formation obligatoire pour les photographes sous-marins), il a été tour à tour marin-pêcheur, photographereporter pour le journal La Provence, et a même envisagé un temps d’intégrer la Marine nationale. À 37 ans, il en a exploré des mers et des océans pour les immortaliser dans son objectif. 1500 plongées sous la planète. Mais il reste un fan absolu de la Méditerranée : “Rien ne vaut le bleu de la Méditerranée. Il est unique”. Une mer dont il ne peut se séparer très longtemps. Ce Marseillais tient plus que tout à vivre au pied de son terrain de jeu favori “sinon, c’est invivable” et ne changerait de port “pour rien au monde” sauf peut-être pour le Mexique et ses spots de plongée. Comme la mer de Cortez, “aquarium pour l’humanité” comme la définissait Cousteau. Il garde un souvenir ému de sa plongée dans les cénotes de la péninsule du Yucatán, puits naturels d’eau douce, anciens lieux rituels des Mayas, faisant l’objet de sacrifices humains : “On n’en ressort pas indemne”. Comme les grands aventuriers, Guillaume Ruoppolo reste fasciné par les océans Arctique et Antarctique, encore absents de son objectif.

UN HOMME DE L’OMBRE

Cet homme plutôt timide et introverti par nature, “je suis dans l’ombre” avoue t-il, multiplie les projets et profite de la formidable vitrine offerte par les réseaux sociaux pour mettre son travail en lumière. Outre la réalisation de documentaires pour les grandes chaînes de télévision, il s’est formé pour devenir vidéaste, un grand virage pour ce photographe longtemps resté accroché à l’argentique “une des meilleures écoles”, et a monté récemment une activité nautique permettant à des photographes professionnels et amateurs d’approcher dauphins et autres mammifères marins au large des côtes de Sanary. En parallèle, il expose régulièrement ses travaux. Ses clichés seront visibles cet automne au Festival de l’image sousmarine de Marseille*.

LE MONDE DE NÉMO

Un projet lui tient particulièrement à coeur : la réalisation en cours d’un livre et d’une exposition portant essentiellement sur ses clichés réalisés “mi air-mi eau”, véritable signature artistique de son travail. Ces photos prises à la lisière de la surface de l’eau montrent à la fois la vie sous-marine et terrestre. À l’image de ce poulpe qui fait un clin d’oeil au Palais du Pharo à Marseille (voir ci-contre). Ce travail particulier et fascinant humanise la faune marine avec parfois un brin humoristique. “Je me retrouve souvent dans le monde de Némo. Ce film d’animation est assez fidèle à la réalité sous-marine”. Il rêve encore d’immortaliser l’orque, roi des océans. En attendant, c’est naturellement qu’il porte un regard bienveillant sur son fils de 11 ans qui emprunte le même chemin que lui, celui du fond des mers, une transmission naturelle à laquelle visiblement on n’échappe pas…

 

www.guillaume-ruoppolo.com €*

“Aquatic Festival” du 3 au 5 novembre au Palais du Pharo à Marseille