Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Forestiers-sapeurs : « les hommes de l’ombre » de la prévention incendie
Sécurité

Forestiers-sapeurs : « les hommes de l’ombre » de la prévention incendie

16/07/2020

Souvent méconnus du grand public, les forestiers-sapeurs travaillent toute l’année pour protéger les massifs du département. En période estivale, ils sont sur le pont sept jours sur sept pour anticiper ou enrayer tout départ de feu.

Il est 10 heures. Les forestiers-sapeurs de l’unité de Lambesc arrivent peu à peu à la caserne. Glacière à la main, chacun est prêt à passer une longue journée sur le terrain. Ce jour-là, le risque d’incendie est modéré. Pas question pour autant de baisser la garde. Les binômes vérifient avant de prendre la route que tout est en ordre dans leur Véhicule spécial d’intervention (VSI) qui peut transporter 600 à 700 litres d’eau.

 

Six VSI partent, chacun patrouillant dans un secteur bien précis. Un septième équipage prend lui ses quartiers à la vigie Saint-Anne, sur les hauteurs de Lambesc. À la radio, les premières alertes se font entendre. « Feu à Salon, annonce un forestier-sapeur. Vigie, vous voyez quelque chose ? » « Je ne vois rien pour l’instant. » « J’ai l’impression que c’est un barbecue. On se rend sur place pour voir. »

 

 

Une attention de tous les instants

Depuis la vigie Saint-Anne, Guillaume et Vincent ont les yeux rivés à leurs jumelles et téléobjectifs. Une vision à 360 degrés où l’on aperçoit aussi bien les quartiers Nord de Marseille que le Palais des papes à Avignon. Une table d’orientation permet aux forestiers-sapeurs de calculer précisément la localisation d’un départ de feu. « Ça demande une attention de tous les instants, explique le premier. C’est fatigant mais je ne me vois pas faire autre chose. » « Etre dans la nature toute la journée, on ne peut pas faire mieux », renchérit le deuxième en notant dans le cahier de service toutes les observations qui ont été faites dans la journée.

 

Dans le département, ils sont près de 150 forestiers-sapeurs comme Guillaume et Vincent à veiller quotidiennement sur les massifs des Bouches-du-Rhône. Du 1er juillet au 13 septembre, ils font partie du dispositif préfectoral qui regroupe agents du Département, agents de l’ONF et pompiers.

 

 

Forestier-sapeur de père en fils

« Nous avons un très bon maillage du territoire, explique Philippe Lamine, sous-directeur à la Direction de la Forêt au Département. Les forestiers-sapeurs sont les premiers arrivés en cas de départ de feu. Ils mettent en moyenne 6 minutes pour intervenir. Ils transmettent alors des informations essentielles aux pompiers si l’incendie est trop important pour être circoncis : la localisation précise du feu, son niveau de dangerosité pour déterminer les moyens à envoyer, le chemin d’accès le plus facile à emprunter… ».

 

Mourad est l’un des chefs de groupe à Lambesc. « Forestier-sapeur de père en fils, dit-il dans un grand éclat de rire. C’est dans les gènes de la famille : mon père est forestier-sapeur, mon frère est forestier-sapeur… Et je parie que mon fils qui a 5 ans en a déjà envie ! ». Et d’ajouter, plus sérieux : « On est toujours sur le qui-vive. On a une montée d’adrénaline quand on intervient sur un feu et c’est aussi ça qu’on aime. Il faut rappeler que 90% des départs de feu dans le département sont maîtrisés par les forestiers-sapeurs. Nous sommes les hommes de l’ombre de la protection incendie ! ».

 

 

98% des feux sont d’origine humaine

Des hommes de l’ombre qui, le reste de l’année, assurent notamment l’entretien et le débroussaillement des 1800 kilomètres de pistes DFCI (Défense de la forêt contre les incendies) que comptent les Bouches-du-Rhône. « L’hiver, on prépare l’été, résume Mourad. On est content quand on entend les pompiers dirent que c’est grâce à notre débroussaillement qu’ils ont pu maîtriser un feu. »

 

« En ce début d’été, nous n’avons pas eu de gros feu car la végétation est encore verte, rapporte Philipe Lamine. Mais soyons vigilants. Il ne faut pas oublier que 98% des feux sont d’origine humaine, intentionnelle ou involontaire. Il suffit d’un mégot de cigarette ou d’une bouteille en verre abandonnée qui fait loupe pour qu’une forêt s’embrase. » À chacun donc d’être responsable pour que les massifs des Bouches-du-Rhône gardent leur superbe.

 

J.K.