En Camargue, alliée des agriculteurs

Du vent, forcément. Des paysages à couper le souffle. Des agneaux et des taureaux. Et des grains de riz. Martine Vassal a parcouru les terres de Camargue ce 20 octobre 2015, une première depuis son élection à la présidence du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Cette terre, façonnée par l’homme, est aujourd’hui en souffrance. 

Au mas de Sonnailler en Arles, la filière rizicole a fait part de son désarroi teinté de colère à la présidente du Département. Les riziculteurs sont en effet en forte tension avec l’Union européenne depuis plusieurs mois et la suppression des aides européennes couplées, réorientées par le gouvernement français vers d’autres filières.

« Là où le bât blesse, a fait remarquer Martine Vassal, c’est la distorsion que nous constatons entre la filière rizicole française cadrée par des normes plus nombreuses et les filières rizicoles espagnole et italienne, où la réglementation est plus souple. » Bertrand Mazel, président du syndicat des riziculteurs français, a fait part de son pessimisme : « L’abandon du riz en Camargue serait non seulement une catastrophe économique, avec une mise en danger de 2000 emplois ; ce serait aussi une catastrophe écologique, notamment en termes d’hydrologie du Delta du Rhône. »

Claude Rossignol, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, a rappelé que « 30% des agriculteurs du département travaillent en Camargue », preuve s’il en est que les problématiques sont sur ce territoire très prégnantes.

« Maintenir la pression »

Mais c’est d’abord à Bruxelles que Martine Vassal a défendu l’agriculture provençale, avant de remonter au créneau et de solliciter le ministre de l’agriculture français Stéphane le Foll sur le sujet. « Nous devons maintenir la pression pour que le ministre revoit sa décision car la filière est en danger. »

La présidente du Département est ensuite allée à la rencontre des éleveurs d’ovins et de bovins, découvrant notamment l’efficacité des couloirs de contention, qui « améliorent la qualité des soins et sécurisent le travail des éleveurs et des vétérinaires », a expliqué Sébastien Attias, directeur du groupement de défense sanitaire. Du matériel de pointe financé en grande partie par la collectivité.

Clairement, fermement, Martine Vassal a défendu l’agriculture locale, et continuera de le faire. « L’agriculture reste dans notre champ de compétences malgré la création de la métropole au 1er janvier prochain. La collectivité ne touchera pas au budget de ce secteur. » Un engagement fort, salué par tous les acteurs locaux.

Le riz, essentiel au territoire

L'omniprésence du riz en Camargue est principalement due à son rôle de dessalement des terres. Le riz constitue le pivot du système agricole en Camargue. Limitée pendant plusieurs siècles à de très modestes superficies faute de moyens suffisants d’irrigation, la culture du riz ne s’étend qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le plan Marshall finance alors la réalisation d’importantes infrastructures hydrauliques et l’équipement en matériel indispensables à une riziculture intensive. 

 

Après une période d’euphorie dans les années 1960 (30 000 ha), puis de crise dans les années 1980 (4 000 ha), la production de riz a repris et s’est stabilisée depuis quelques années pour couvrir environ 18 000 ha. La culture du riz reste une production à risques sur un marché mondial très concurrentiel. Dans le contexte européen, les producteurs de riz se sont orientés vers la mise en place d’une "Indication géographique protégée (I.G.P.)" obtenue en juin 2000. Ce signe de qualité européen atteste l’origine du produit et la constance de son niveau de qualité, grâce aux garanties apportées par une procédure de traçabilité couvrant toute la filière, de la récolte à la mise en vente.