Le LDA, laboratoire expert sur la détection de la bactérie « tueuse » de l’olivier

Le Laboratoire départemental d’analyses à Marseille est le seul laboratoire agréé pour la recherche de la bactérie « tueuse » de l’olivier dans le grand Sud de la France. Cette reconnaissance de l’expertise du LDA au service de la sécurité sanitaire de la Provence a été soulignée par Martine Vassal lors de sa visite au LDA le 25 novembre.

Xylella Fastidosia, c’est le nom de cette fameuse bactérie nuisible sur de nombreux végétaux, notamment les oliviers, et dont les premiers dégâts ont été constatés dans les vergers d’oliviers dans le sud de l’Italie. Devant les répercussions de cette maladie, depuis le printemps dernier, cette bactérie fait l’objet de mesures visant à éviter son introduction et sa propagation en Europe. C’est dans ce cadre que le Laboratoire départemental d’analyses à Marseille est devenu le seul laboratoire du grand Sud de la France agréé par le Ministère de l’agriculture pour la recherche de Xylella Fastidosia. En effet, il n’existe pas encore de traitement contre cette maladie, c’est donc un réseau de vigilance renforcée qui est mis en place sur le tout le territoire, auquel participe activement le LDA dans sa mission de recherche et de diagnostic de la bactérie.

Un laboratoire indépendant

Le 25 novembre dernier, lors de la visite des installations du laboratoire sur le Technopôle de Château-Gombert à Marseille, Martine Vassal a tenu à souligner l’expertise et le professionnalisme du LDA notamment dans son rôle de sentinelle: « Je voudrais saluer la réactivité des équipes du LDA qui se sont mobilisées très rapidement pour la recherche de cette bactérie en Provence». De son côté, la directrice du LDA, Isabelle Martel a rappelé que « le LDA est un laboratoire moderne, de haute sécurité, et surtout indépendant, au service de la population de Provence ».

400 échantillons reçus

Visite du LDADoté de 69 agents, ce service du Conseil départemental est passé en mode « crise » suite au nombre d’échantillons reçus en provenance de la Corse et de la région Paca : « Depuis la mi-novembre, nous avons reçu 400 échantillons à analyser et nous mobilisons une douzaine de personnes, techniciens, ingénieurs, biologistes » a expliqué Isabelle Martel. Martine Vassal a pu constater la haute technicité des installations du LDA, gage de sécurité. « La recherche de Xylella Fastidosia s’effectue dans des locaux sécurisés confinés qualifiés de salle blanche » a expliqué Isabelle Martel lors de la visite des salles blanches. De son côté, la présidente du Conseil départemental n’a pas manqué de souligner que « l’investissement du Conseil départemental dans cet équipement de pointe relève d’une politique volontariste, celle de conserver sur notre territoire un laboratoire indépendant ». Des propos complétés par Brigitte Devesa, conseillère départementale déléguée au LDA : « Nous disposons en Provence d’un outil de proximité très performant au service de la sécurité sanitaire de la population ».

Quid de la maladie en Provence ?

Cette visite a également été l’occasion de faire un point sur la présence de la bactérie dans le Sud de la France. Si dans les Alpes-Maritimes et en Corse, et tout récemment dans le Var, la présence d’une sous-espèce de Xylella Fastidosia a été détectée en septembre dernier, cette souche dite « multiplex » n’est pas connue pour provoquer des pertes sur l’olivier, elle s’invite essentiellement dans les plantes ornementales. Et dans les Bouches-du-Rhône, aucune détection de la bactérie tueuse de l’olivier n’a été observée. C’est donc le principe de vigilance qui prévaut dans le cadre du plan de surveillance dans lequel le LDA est fortement mobilisé. En Provence, l’enjeu pour la filière oléicole est de taille comme l’a souligné Lucien Limousin, vice-président du Conseil départemental, délégué à l’agriculture : « Les Bouches-du-Rhône sont le premier producteur d’huile d’olives en France. Sur les 119 communes du département, 107 ont des plantations d’oliviers ». Pour Olivier Nasles, président de l’Afidol, l’Association Interprofessionnelle de l'Olive : « Il existe un risque potentiel sur la filière oléicole si la souche italienne de la bactérie se développe en Provence, mais cette maladie est connue depuis longtemps dans les régions méditerranéennes, sa diffusion est plutôt lente. D’où l’importance d’un outil de détection de proximité et réactif comme le LDA ».