"L'autisme n'est pas une fatalité"

Pédopsychiatre, François Soumille travaille depuis plus de 30 ans dans le champ de l’autisme. Il explique pourquoi il est nécessaire de privilégier le dépistage et d’accompagner les personnes souffrant de ce handicap. Il s’agit de deux priorités du plan HandiProvence 2025. Interview.

 

Les chiffres concernant l’autisme sont de plus en plus alarmants. Annoncent-ils un véritable défi de santé publique ?

François Soumille : L’autisme chez l’enfant est plus fréquent que la trisomie ou le diabète. Les troubles du spectre autistique (TSA) touchent près d’un enfant sur 100, soit environ 1 200 enfants et adolescents dans le département. Il y a une grande diversité d’expressions de ces troubles. L’origine de l’autisme est multifactorielle, c’est une affection neurodéveloppementale qui affecte les capacités de communication sociale, la compréhension des émotions et qui s’accompagne de particularités sensorielles et comportementales. Mais l’autisme n’est pas une fatalité. Les personnes autistes lorsqu’elles sont aidées, se développent, sont capables d’apprendre, de s’adapter en présentant des compétences et des formes différentes d’intelligence.

Les actions de dépistage du jeune enfant sont-elles indispensables pour une meilleure intégration dans la société ?

F. S. : Le repérage des premiers signes chez le jeune enfant est essentiel. À 18 mois, un enfant qui ne réagit pas à son prénom, ne sourit pas, ne joue pas, ne montre pas ou qui a régressé dans ses acquisitions doit être examiné attentivement par un médecin. Ce sont le plus souvent les parents qui découvrent les premiers signes d’alerte et leurs inquiétudes doivent être prises au sérieux par les professionnels. La réalisation d’un bilan par une équipe pluridisciplinaire spécialisée permet de mettre en place rapidement des interventions et de soutenir les parents.

C’est ensuite tout un parcours d’accompagnement qu’il faudra construire avec la famille. Parcours qui continuera à l’âge adulte car il faudra trouver des solutions pour l’emploi, le logement, l’inclusion sociale. La précocité et la qualité de l’accompagnement sont déterminants dans l’évolution de ces enfants. C’est donc autant le devoir des pouvoirs publics que la responsabilité de tous d’y contribuer du plus jeune âge jusqu’à l’âge adulte.

Comment accueillez-vous les mesures dédiées à la formation et la détection précoce du Plan HandiProvence 2025 ?

F. S. : Elles vont dans le bon sens en exprimant la volonté d’inclure les personnes en situation de handicap dans la société. C’est très important car il reste encore beaucoup à faire. Il manque des structures, des moyens d’accompagnement, des professionnels formés. Il faut changer de regard, apporter des réponses concrètes, mobiliser les énergies pour construire une société réellement inclusive reconnaissant la valeur de chaque personne quelle que soit sa situation.

PLAN HANDIPROVENCE 2025

AXE 2 : ACCOMPAGNER LES PROJETS DE VIE - 108 millions d’euros pour :

  • Accompagner les familles
  • Faciliter l’ouverture des droits
  • Développer la prévention du handicap
  • Développer le lien social par des actions
  • Rendre accessible le patrimoine départemental
  • Contribuer au maintien ou au retour à l’emploi