Harcèlement scolaire : des clés pour sortir de ce fléau

Harcèlement scolaire : des clés pour sortir de ce fléau

Un élève sur dix est harcelé en milieu scolaire. Le Département met en place des actions éducatives pour lutter contre ce fléau. Exemple avec l’association Plus fort qui anime sur le territoire des ateliers dans les classes.

Moqueries, injures, isolement : les formes de harcèlement scolaire sont variées et touchent en France 700 000 élèves, du CE2 au lycée. Et 10% des collégiens sont victimes de harcèlement.

La journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire offre jeudi 8 novembre la possibilité de dresser un constat sinon alarmant, du moins inquiétant. « Le harcèlement, c’est d’abord la répétition alliée à la domination d’une personne ou d’un groupe sur un élève » précise Sandrine Sanchez-Lametairie, directrice de l’association Plus fort. Selon elle, « tout le monde peut être amené un jour à harceler ou à être harcelé. »

De nombreuses actions sont donc mises en place dans les établissements, pour prévenir bien sûr, mais aussi pour repérer et prendre en charge les victimes. Car la plus grande des difficultés, c’est celle d’identifier les victimes, souvent silencieuses, parfois honteuses. « Nous rencontrons les élèves par demi-classes et élaborons avec eux un dialogue avec des règles de non-jugement et de confidentialité. » Objectif : aborder les différents aspects de la violence et susciter des prises de conscience.

Par des questions, des jeux de rôle, la parole se libère. Et du côté des victimes, et du côté des harceleurs.

« Non, ce n’est pas ta faute »

« Le harcèlement met en cause l’estime de soi, souligne la directrice de l’association Plus fort. Chez la victime d’abord. Nous leur apprenons ceci : tu es aussi important que les autres, tu n’es pas responsable de la situation, non ce n’est pas ta faute. Puis nous lui enseignons des outils pour répondre au harcèlement, par la posture du corps, le regard, l’humour. En résumé, par une prise de confiance en soi. » En direction du harceleur, le travail compte aussi et la punition seule est la plupart du temps contre-productive. « Un auteur de harcèlement manque souvent d’empathie. Ce sont souvent des enfants qui se surestiment. Là aussi, nous devons travailler sur l’estime, tout en leur faisant prendre conscience des conséquences de leurs actes. »

Si les réseaux sociaux ont pu amplifier le phénomène, le harcèlement en milieu scolaire a existé de tout temps.

Le regard de l’autre sur soi, l’effet de groupe, la réputation, la différence physique ou psychologique sont autant de paramètres.

« Nous proposons des procédures, comme la présence dans chaque établissement d’un référent harcèlement, conclut Sandrine Sanchez-Lametairie. Car l’exemplarité des adultes, qu’il s’agisse du personnel encadrant ou des parents, est ici primordiale. » 

♦ Numéro vert national " Stop harcèlement " : 0 808 807 010 


C.F.-K.

Avec le Département des Bouches-du-Rhône, 10 500 collégiens sensibilisés

Nous traitons toute l’année de la question du harcèlement scolaire en travaillant avec des nombreuses associations du territoire. 373 actions éducatives sont mises en œuvre pour 2018/2019, ce qui permettra de sensibiliser 419 classes de collèges et 10 500 élèves.

Par ailleurs, nous avons créé un Comité d’observation et de lutte contre les discriminations. La problématique du harcèlement scolaire s’inscrit de manière plus globale sur la thématique du vivre ensemble.

08.11.2018