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Le dépistage, arme fatale contre le cancer colorectal

Mars bleu

Dans la lutte contre le cancer colorectal, le dépistage est l’arme la plus efficace. Fort de ce constat, le Département s’engage aux côtés de l’association Arcades dans l’opération « Mars bleu », qui a été lancée mardi 1er mars à l’Hôtel du Département. Tout au long du mois, dans les Bouches-du-Rhône, des actions sont menées pour informer de l’importance du dépistage du cancer du côlon, 3e cancer le plus fréquent.

Le constat est affligeant. Chaque année, 17 500 personnes meurent du cancer colorectal dans le département ; pourtant, détecté à un stade précoce, on en guérit 9 fois sur 10. C’est pourquoi, l’association Arcades invite les personnes de plus de 50 ans résidant dans le département à un dépistage gratuit. «Sur 536 000 invitations au dépistage, seulement 24 500 y participent. C’est insuffisant» explique le professeur Jean-François Seitz, Chef du service d’oncologie digestive à l’hôpital La Timone, Vice-Président d’Arcades qui rappelle également que «le dépistage du cancer du côlon est une priorité de santé publique. 95% des personnes touchées le développent après 50 ans».

La démarche pour se faire dépister gratuitement est simple : chaque assuré social âgé de 50 à 74 ans, résidant dans les Bouches-du-Rhône reçoit une lettre d’invitation à se rendre chez son médecin généraliste pour que ce dernier lui remette le test immunologique à réaliser à domicile. Le prélèvement est alors à renvoyer pour analyse dans un centre de lecture.

Très engagé dans la lutte contre le cancer, le Département soutient fortement l’action de l’association Arcades en faveur du dépistage. « En 2016, la collectivité a financé à hauteur de 300 000 euros les campagnes de dépistage de l’association à la fois pour le cancer colorectal et le cancer du sein. Il est naturel que nous menions une politique active pour la santé. En France, nous sommes le premier département financeur pour la lutte contre ces cancers », a rappelé Brigitte Devesa, Conseillère départementale déléguée à la santé.

Pour toucher le plus grand nombre de personnes, sont ainsi organisés, avec les partenaires de Mars bleu, dans les hôpitaux et les cliniques, des journées d’information, des ateliers de prévention, des consultations gratuites par des gastroentérologues, la première édition de la course à pied « Marseille Bleu » ou encore le « Côlon tour » à la Timone.

Interview du professeur Jean-François Seitz :
« Un cancer colorectal dépisté tôt se guérit 9 fois sur 10 ! »
 

Tout au long du mois, l’opération Mars bleu va sensibiliser les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans sur la prévention du cancer colorectal. Le Professeur Jean-François Seitz, du service Oncologie digestive de l’hôpital de la Timone et vice-président de l’association Arcades, en explique la nécessité.
 

De nombreuses personnes hésitent à effectuer ce dépistage du cancer colorectal. Comment les convaincre ?
 

Jean-François Seitz : c’est vrai, il y a de nombreux freins. La peur, l’attitude « faire l’autruche » prévalent chez certains de nos concitoyens. Mais pas seulement. On constate une certaine réticence à réaliser un test sur les selles. Par ailleurs, nous déplorons des obstacles en termes d’information. Ainsi, la personne qui ne se rend pas chez son généraliste ne saura pas qu’elle doit faire le test, à partir de 50 ans.
Pour les convaincre, j’ai un argument fort : dans les années 70, avant le port obligatoire de la ceinture de sécurité, on comptait 17 000 morts sur les routes. Aujourd’hui, la mortalité routière tourne autour de 3500. On peut faire la même chose avec le cancer colorectal et baisser considérablement le nombre de morts.
 

Justement, combien de décès déplore-t-on par an en France et combien seraient évitables ?
 

J.-F. Seitz : Ce cancer est le 3e cancer le plus fréquent dans notre pays avec 42 000 nouveaux cas par an. C’est aussi la 2e cause de décès par cancer, avec 17 500 décès par an, après le cancer du poumon.
D’énormes progrès ont été faits ces dernières années : on guérit en France 60% des cancers colorectaux, grâce aux progrès de l’endoscopie, de la chirurgie… Et bien sûr du dépistage précoce ! On sait qu’un cancer colorectal dépisté tôt se guérit 9 fois sur 10.
 

Comment se déroule le dépistage en pratique ?
 

J.-F. Seitz : Arcades, la structure départementale de dépistage des cancers, invite les femmes et les hommes de plus de 50 ans à consulter leur médecin traitant. S’ils ont des facteurs de risque élevé ou des symptômes, celui-ci les adressera directement à un gastroentérologue pour réaliser une coloscopie. Sinon, il leur remettra le Test immunologique fécal, qui consiste à faire un seul prélèvement de selle et à l’envoyer par la Poste. Notez que ce test est positif en moyenne pour 4% des assurés, qui devront alors passer une coloscopie.
Ce test doit être renouvelé tous les deux ans.
 

La prévention est donc essentielle et ne devrait souffrir d’aucune hésitation !
 

J.-F. Seitz : Tout à fait. Le dépistage permet de diagnostiquer un cancer colorectal à un stade plus précoce et, de fait, de guérir plus souvent avec des traitements moins lourds. Il permet aussi de détecter des polypes ou « adénomes », qui sont des tumeurs bénignes pouvant se cancériser : là, c’est de la pure prévention.
Alors, que les assurés n’hésitent plus ! Ce ne sont que quelques secondes pour savoir et, dans la majorité des cas, être tranquillisé !
 


En savoir plus : www.arcades-depistages.com

01.03.2017

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