Pollution des navires : le Département et le Port de Marseille se mobilisent

Pollution des navires : le Département et le Port de Marseille se mobilisent

Le Département et le Port de Marseille s’associent pour équiper les quais en infrastructures électriques destinées à limiter la pollution des navires en escale. Le 6 juin, un partenariat a permis d’acter les premières réalisations et les projets pour améliorer la qualité de l’air.

Alors que les données sur la pollution émise par les navires en escale dans les ports méditerranéens sont préoccupantes, le Département et le Grand Port Maritime de Marseille ont acté le 6 juin dernier le déploiement de mesures fortes pour limiter les émissions polluantes (soufre, particules fines, oxyde d’azote) des navires accueillis à Marseille. 

L’électrification des quais à grande échelle

L’une des opérations phare consiste à brancher les navires à quai au réseau électrique terrestre haute tension. Cette mesure, déjà expérimentée à Marseille par la compagnie La Méridionale, permet aux bateaux amarrés de longues heures, de stopper leurs moteurs tout en continuant à être alimentés en électricité à bord. En escale, un navire a en effet besoin de l’équivalent de la consommation en électricité de 300 logements. Seul un réseau électrique haute tension peut fournir la puissance requise.

« Pour que les projets se concrétisent rapidement, nous avons décidé d’investir fortement dès le départ pour aider le Port de Marseille à s’équiper » a expliqué Martine Vassal lors de la signature du partenariat avec Hervé Martel, Président du directoire du GPMM. Le Département finance en effet 40% des 15 millions d’euros nécessaires à l’électrification à grande échelle des différents quais du port.

Des navires déjà branchés

Et les travaux sont déjà bien avancés avec dès la fin du mois de juin, le branchement des navires de Corsica Linea basés Quai du Maroc et, en 2020 et 2021 au Cap Janet, les navires en réparation et les ferries Maghreb. Objectif : alimenter d’ici 2023 la totalité des ferries internationaux et des navires en réparation. Avec pour perspective, à partir de 2023, les travaux nécessaires pour l’accueil des géants des mers amarrés au Môle Léon Gourret.

Pour Marc Reverchon, le PDG de La Méridionale, dont la flotte est équipée depuis 2016 de ce système baptisé Cenaq (Connexion électrique des navires à quai) : « En une année, l’arrêt des moteurs à quai évite l’émission de 4 300 tonnes de Co2, soit l’équivalent d’un million de voitures pour un trajet aller-retour Aix-Marseille. Et les ferries sont bien adaptés à la connexion électrique, solution la plus performante quand elle est possible ».

Mixer les solutions environnementales

Car une chose est sûre, la solution miracle n’existe pas. En fonction du type de navire, le branchement électrique n’est pas toujours possible. Ce qui fait dire à Hervé Martel : « L’électrification est une des meilleures réponses environnementales quand les navires disposent des capacités techniques. En la matière, il faut donc avoir un mix énergétique entre différentes solutions : carburant sans soufre du type GNL ou méthanol, filtre à particules, scrubber (lavage de fumées), électrification ou alimentation mobile ».

 

P.H

06.06.2019