Des maisons de proximité pour nos aînés

Les premières Maisons du Bel Âge vont ouvrir sur notre territoire, pour accompagner au mieux les Provençaux de 60 ans et plus dans leurs démarches. Le Département s’engage fortement pour cet enjeu majeur qu’est le Bel Âge.

On dit souvent que l’on peut juger un pays à la façon dont il traite ses seniors. On peut aussi juger une collectivité à la façon dont elle accompagne les personnes du Bel Âge ! Le Département des Bouches-du-Rhône est un territoire pilote en la matière. “Nous sommes en train de vivre un véritable tsunami politique, sociologique, philosophique”, insiste Maurice Rey, Conseiller départemental délégué aux personnes du Bel Âge. Pour y répondre, et plus encore anticiper, le Département met en oeuvre de nombreux dispositifs à destination des aînés et de leurs proches (lire ci-contre).

UN ENGAGEMENT FORT DE LA COLLECTIVITÉ

La loi du 28 décembre 2015 pose l’adaptation de la société au vieillissement comme “impératif national et priorité de l’ensemble des politiques publiques de la Nation”. Martine Vassal, Présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, engage donc la collectivité afin qu’elle développe, accompagne, anticipe et réponde aux besoins des personnes de plus de 60 ans, dans leur vie quotidienne comme dans l’accès aux soins et dans toutes les grandes questions du vieillissement. Aussi la décision d’ouvrir onze Maisons du Bel Âge sur l’ensemble du territoire est-elle un marqueur fort : ces lieux de proximité permettront d’accueillir le public concerné et leurs familles pour les soutenir dans la réalisation des actes de la vie quotidienne et notamment dans leurs démarches administratives en ligne, qui souvent, faute de matériel informatique au domicile, leur sont difficiles.

AU PLUS PRÈS DES DEMANDES

Les personnes du Bel Âge et leurs proches pourront trouver dans ces maisons des renseignements, de l’information sur l’habitat et les structures d’hébergement. Elles y seront également informées sur les mesures de protection et orientées dans leurs démarches administratives, notamment concernant les demandes pour l’APA et Quiétude 13. “Le personnel départemental sera formé pour répondre au mieux aux demandes. La proximité est un besoin et nous y répondons”, se félicite Maurice Rey. Dès décembre, la première Maison du Bel Âge ouvrira à Marseille sur le boulevard Longchamp. En 2018, sept autres suivront dans la cité phocéenne et deux dans le reste du Département.

Les témoins


"NOUS AVONS CHOISI DE VIVRE ENSEMBLE"

France a 101 ans, Andrée 81 ans et Christian 61 ans. Dans cette famille, où trois générations se côtoient et s’aiment, on prône la joie de vivre et les activités.

Une famille presque comme les autres : 101, 81 et 61, trois générations de plus de 60 ans dans une même famille, comme il va y en avoir de plus en plus en France. Pour France Picaut, Andrée Durbec et Christian Durbec-Launoy, rien ne vaut la vie en souriant et en s’amusant.

France, que tout le monde surnomme Francette, est née en 1916, pendant la première guerre mondiale, alors qu’à l’autre bout de la France, l’Europe se battait à Verdun. Elle a traversé le siècle et conserve dans ses yeux une vivacité et une envie inébranlables. “Bien sûr, j’ai des coups de mou dans la journée, mais il ne faut pas s’écouter !” Pas de recette miracle mais une joie de vivre transmise de génération en génération.

Andrée Durbec, 81 ans, n’arrête pas de la journée. Pourquoi arrêter, sinon pour écouter un opéra avec sa maman qu’elle surnomme affectueusement Tantine, et non maman. “Nous étions une famille de forains à Marseille, puis ma mère a acheté un restaurant dans le quartier des Accates. J’ai connu mon mari paysan, je suis devenue éleveuse. Notre ferme était alors très connue et visitée.”

Et de raconter que les deux femmes, mère et fille, se sont retrouvées veuves la même année. “Nous avons choisi de vivre ensemble. Moi, je chante à la chorale, je m’occupe du club du 3e âge des Accates à Marseille. Tantine me suit. Elle, si vous ne la retenez pas, elle monte sur le tabouret pour faire les vitres !”

“LA FÊTE DES 100 ANS À BARCELONE”

Et Tantine, ou plutôt France, d’enchérir : “Le premier qui m’a appelée Mémé, j’ai eu envie de le manger !” On ne plaisante donc pas avec ça. L’âge est là mais n’interdit rien, ou si peu.

En revanche, les deux femmes, sous le regard amusé du petit-fils Christian, plus en retrait mais protecteur, voyagent et participent à deux croisières par an. “Nous aimons bouger, découvrir. C’est pratique, une croisière, tout est sur place !” France a même célébré ses 100 ans en escale à Barcelone. “Je vous dis pas la fête !”, se souviennent dans un même éclat de rire Andrée et France. D’ailleurs, la famille s’apprête à réserver une nouvelle croisière... France a 101 ans, Andrée 81 ans et Christian 61 ans. Dans cette famille, où trois générations se côtoient et s’aiment, on prône la joie de vivre et les activités.

ANTICIPER, RECENSER, DIAGNOSTIQUER

Sous l’égide de la Conférence des financeurs, chaque département doit coordonner son financement en faveur de la prévention de la perte d’autonomie. L’objectif est d’établir un diagnostic des besoins des personnes âgées de 60 ans et plus sur le territoire, de recenser les initiatives locales, de définir un programme coordonné de financements des actions individuelles et collectives de prévention.

LE RETOUR DES ASSISES DU VIEILLISSEMENT EN 2018

Après le franc succès de l’édition 2017, les Assises du vieillissement, qui réunissent tous les professionnels du Bel Âge, reviennent à Marseille les 21 et 22 mars 2018 pour leur 3e édition. Co-organisées par le Département des Bouches-du-Rhône, on y débattra de politiques publiques, d’habitat, d’aidants, de santé, d’autonomie et de prévention des risques.

MAURICE REY, Conseiller départemental délégué au Bel Âge

“On peut vivre aujourd’hui sa retraite comme ses plus belles années, après une vie bien remplie. Les personnes du Bel Âge se sont engagées pour les autres, que ce soit dans le travail ou dans la vie de famille. Cet engagement, le Département leur rend en leur donnant les moyens de vivre dans les meilleures conditions et en évitant les écueils du vieillissement. C’est le sens de l’investissement de la collectivité.”