Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Département des Bouches-du-Rhône

La jeunesse engage sa révolution verte

Les jeunes sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour préserver l’environnement. En Provence, ils rejoignent le mouvement pour sauver la planète.

Entre inquiétude et volonté de faire bouger les choses, une nouvelle génération tente d’adopter une attitude écoresponsable au quotidien. Sur un territoire qui regorge de trésors naturels, le Département des Bouches-du-Rhône se mobilise pour lui permettre de faire entendre sa voix.

Nous, enfants, allons essayer
d’influencer certains adultes

“Nous sommes plus sensibles aux questions environnementales que nos aînés. Ils avaient beaucoup moins conscience de tout ça, donc c’est un peu notre rôle de faire passer le message”, explique Romain Beck, 14 ans, président du Conseil départemental des Jeunes (CDJ), dont la promotion 2020-2021 a déjà voté des orientations concernant la protection de la nature, le développement durable ou encore la lutte contre le gaspillage alimentaire. “Nous continuerons à travailler cette année avec le Département pour préparer le Congrès mondial de la nature, notamment la Cop Jeunesse, et nos propositions seront peut-être retenues pour la Cop 15 en Chine fin 2020. Nous, enfants, allons essayer d’influencer certains adultes qui n’ont pas toujours les bons réflexes”, poursuit-il fièrement, parfaitement conscient de l’importance de cet événement “très positif pour la Provence et pour Marseille”.

Il est très important d’agir directement

Réservoir inestimable en matière de biodiversité, la Méditerranée fait partie de ces espaces naturels dont la protection s’affiche comme une priorité. C’est ce qu’a bien compris Cyrielle, 16 ans, engagée dans la Team 13, un collectif de jeunes qui prête main forte à des associations du territoire. “Même si nous sommes sensibilisés depuis le collège, il est très important d’agir directement. C’est pourquoi j’ai participé à diverses opérations de nettoyage du Vieux-Port avec des plongeurs professionnels. Scooters, trottinettes, containers… Nous avons trouvé des déchets improbables au fond de l’eau. Ce type d’actions permet de prendre la mesure de ce qui se passe réellement. Et c’est hallucinant ! ”, regrette-t-elle.

Au quotidien, c’est par de petits gestes
que nous ferons évoluer les choses

Un avis partagé par Youri, 17 ans, sensible à la préservation de la biodiversité depuis l’enfance. “J’ai toujours aimé les animaux et la nature. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a danger. Ici en Provence, nous avons des espaces immenses comme les Calanques et c’est une grande chance. Il faut savoir en prendre soin. Par ailleurs, je suis attentif à chaque robinet ouvert, à chaque lumière allumée, au tri sélectif... Au quotidien, c’est par de petits gestes que nous pourrons faire évoluer les choses.”

Ramassage des déchets, opérations de sensibilisation, marches pour le climat, mise en place de projets écologiques dans les établissements scolaires… À l’heure où les initiatives citoyennes fleurissent, cette jeunesse porteuse d’espoir semble avoir pris la mesure des problématiques auxquelles elle doit faire face dès maintenant pour préparer son avenir.

À l'école de la nature

Créée en 1973 pour faire face aux nuisances liées à l’exploitation du massif de l’Étoile à Marseille, l’association Colinéo, soutenue par le Département, dispose aujourd’hui d’un petit écrin de paradis aux portes de la ville : le Conservatoire des Restanques. Ces 6 hectares sauvés de l’urbanisation font partie intégrante du patrimoine naturel provençal et constituent désormais un haut lieu d’éducation à l’environnement sous la devise “Agir, préserver, éduquer”.

UN CONCENTRÉ DE BIODIVERSITÉ PROVENÇALE

“Nous avons compris depuis longtemps que la préservation des espaces naturels passerait par les enfants. Ils peuvent aujourd’hui découvrir un concentré de la faune et la flore provençales sur le domaine”, explique Monique Bercet, présidente de l’association. Ici, on peut trouver un maraîchage sur restanque, un verger composé de figuiers, amandiers, jujubiers et pistachiers créé avec le conservatoire botanique de Porquerolles, mais aussi un jardin méditerranéen qui regroupe les herbes, les arbustes et les essences qui poussent dans l’Étoile et le Garlaban. “Nous avons également des ruches pédagogiques et une exposition qui permet d’expliquer le rôle des abeilles à nos visiteurs”, étaye Monique Bercet.

Si les adultes sont évidemment les bienvenus, l’association reçoit également les plus jeunes. Ils viennent régulièrement découvrir les précieuses richesses naturelles des Restanques encadrés par des animateurs et des scientifiques naturalistes.

“NOUS FAISONS DE LA PÉDAGOGIE ACTIVE”

“Au départ nous voulions sauver, maintenant nous devons expliquer”, poursuit la présidente. Aux Restanques, des bénévoles viennent régulièrement jardiner et entretenir le domaine, une manière efficace de préserver cette biodiversité tout en apprenant. “Nous avons notamment un atelier baptisé “Les petits naturalistes” réservé aux enfants pendant les vacances scolaires (lire ci-contre) et nous faisons de la pédagogie active. Nous essayons de les faire participer le plus possible pour qu’ils repartent avec des connaissances mais aussi avec de bons souvenirs. Le but, c’est de les sensibiliser sans leur faire peur ni les culpabiliser. Ils doivent prendre soin de la planète dans la bonne humeur”, conclut-elle.

“LES PETITS NATURALISTES” AU CONGRÈS MONDIAL DE LA NATURE

Jouer, bricoler, jardiner, découvrir… Tels sont les objectifs proposés lors des stages “petits naturalistes” animés par Colinéo depuis plus de 5 ans. Réservés aux 6-12 ans pendant les vacances scolaires, ils permettent aux enfants de rester en immersion dans la nature pendant une semaine sur le domaine des Restanques, en gestion agro-écologique. À l’occasion du Congrès mondial de la nature, Colinéo proposera, en avril, un stage dédié à la réalisation avec et par les enfants d’un court métrage d’animation pour valoriser la biodiversité. Cette vidéo sera restituée à l’occasion du Congrès, en juin 2020.