Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Département des Bouches-du-Rhône

"Un territoire idéal pour des solutions collectives"

Au coeur des transformations et de la réflexion autour des nouveaux modes de transport, Paul de Rosen, ancien dirigeant de la SNCM et de Transdev, aiguillonne désormais le secteur en tant que directeur associé au sein du fonds d’investissement Pole Capital, qui soutient les start-up et les initiatives les plus en pointe sur notre territoire. Voici son analyse.

Quels sont les enjeux de la mobilité dans la Métropole Aix- Marseille-Provence ?

Paul de Rosen : Par sa taille et ses besoins de mobilité, la Métropole amplifie les deux défis que sont la décongestion aux heures de pointe et l’accès à la mobilité de ceux qui en sont privés. Pour trouver des solutions à ces problèmes, il faut arriver à promouvoir des transports partagés. Partager pour réduire la contrainte sur la ville et faire accéder à des solutions plus économiques et plus réalistes.
 

Quelles sont les solutions contre les embouteillages pour la métropole marseillaise ?

P. de R. : Il y a plusieurs types de solutions. Je dirais qu’il faut d’abord mieux utiliser l’offre de transports publics existante. D’une part, avec un marketing approprié et, d’autre part, avec l’intégration de toutes les solutions de mobilité (transports publics, covoiturage, modes de déplacements alternatifs…) dans une seule et même application, en une seule fonctionnalité d’information et de réservation.

C’est ce que propose l’application numérique “Mobility as a service” (lire ci-dessous). Ensuite, en faisant du rabattement entre les zones isolées et les solutions de transport public.

Une deuxième solution consiste à promouvoir des transports à la demande qui soient intelligents, sensibles à l’environnement en mouvement avec informations en temps réel et mise à jour du trafic. La troisième piste, c’est la promotion du covoiturage.

Cela passe par une implication et une stimulation des entreprises. C’est l’accès à l’entreprise, matin et soir, qui contribue aux pics de congestion.

Il existe maintenant des solutions de promotion et d’organisation du covoiturage au sein des entreprises, voire inter-entreprises. C’est bien dans ces unités de travail qu’on peut arriver à démocratiser le covoiturage. Il faut arriver à faire accéder au travail les personnes dont la privation de mobilité est aussi une privation d’emploi. Là, on en revient aux solutions de transport à la demande, ce qui veut dire collectiviser des besoins de transport.

Ces axes sont de nature à stimuler l’innovation dans le domaine des transports et à résoudre les problèmes de congestion et de privation de mobilité.
 

Vous soutenez les start-up en pointe sur la mobilité. Quelles sont les plus adaptées à notre territoire ?

P. de R. : Je pense d’abord à City Way, une entreprise à Aix-en- Provence qui concentre cent ingénieurs-développeurs et qui est devenue leader mondial dans la capacité à donner aux usagers les informations nécessaires à leur choix de transport optimal en fonction de leur environnement. Cette solution s’adapte aux demandes des usagers et des territoires. Avec son futur accélérateur de start-ups que nous soutenons, City Way est très bien positionnée sur ce créneau.

Je pense également à une start-up complémentaire nommée Padame qui est la solution la plus “smart” en matière d’organisation du transport à la demande et collectif. L’idée, c’est de rassembler des demandes individuelles de transport en un système qui soit collectif, partagé et économique.