Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Département des Bouches-du-Rhône

« Nous réunirons les Etats généraux de Provence »

« Nous réunirons les Etats généraux de Provence »

Mesdames, Messieurs,

Chers Collègues,

Nos deux séances d’aujourd’hui sont deux rendez-vous importants dans la vie de notre institution : l’organisation de notre assemblée que nous avons tenue ce matin, et le débat sur les orientations budgétaires cet après-midi.
Nous avons défini notre mode de fonctionnement pour les six années à venir, avec, notamment, le choix des délégations, la mise en place des commissions et l’adoption du règlement intérieur. Trois grands principes vont guider la vie de notre assemblée.

Premièrement, l’unité de la majorité qui est la condition sine qua none de la réussite de l’alternance voulue par les électeurs dans les urnes.
Dans cet esprit, j’ai souhaité que chacun des membres de notre majorité qui rassemble l’UMP, l’UDI et les Indépendants de droite exerce une délégation.
L’équipe de la majorité est ainsi constituée, dans toute sa diversité et riche de tous ses talents, en considérant chacun des territoires.

Deuxièmement, le respect de l’opposition parce que chacune des sensibilités politiques qui compose notre assemblée doit pouvoir s’exprimer.
Aussi j’ai veillé tout particulièrement à ce que les groupes puissent avoir les moyens de fonctionner rapidement.

Troisièmement, la continuité du service public parce que nous le devons aux habitants de notre département. La respiration démocratique doit être mise en œuvre avec le souci de l’efficacité : nous changerons ce qui doit être changé mais sans sectarisme ni idéologie.

C’est précisément dans cet esprit que notre collectivité doit aborder le débat sur les orientations budgétaires.
Des orientations budgétaires qui, compte tenu du peu de temps que nous avons eu depuis notre prise de fonctions, sont encore inspirées de la politique suivie par la précédente majorité : nous allons réfléchir aux inflexions à y apporter.
Des orientations budgétaires qui tiennent également compte du désengagement massif et continu de l’Etat qui n’assume pas ses responsabilités.
Je déplore le choix incohérent fait par le gouvernement socialiste de baisser les dotations aux collectivités locales alors même que les charges imposées à celles-ci augmentent.

Pour autant, dans la perspective de la Décision Modificative de Juin, notre volonté, c’est de définir les contours d’une gestion budgétaire plus rigoureuse et plus audacieuse avec un principe cardinal : il n’y aura pas d’augmentation d’impôts dans les six ans à venir.
C’est un engagement solennel pris devant les électeurs et qui sera tenu.
A l’heure où les finances publiques locales et nationales dérapent, je peux vous annoncer très clairement que ce ne sera pas le cas dans les Bouches-du-Rhône.

Oui, une gestion plus rigoureuse parce que le Conseil départemental doit être exigeant sur l’utilisation de l’argent public dans le contexte de crise économique que nous connaissons.
Dans le domaine social par exemple, les dépenses liées au RSA doivent être certes mieux contrôlées mais surtout les allocataires, de plus en plus nombreux dans notre département, mieux formés et mieux accompagnés vers l’emploi.
Quant à l’aide aux communes, l’enveloppe globale précédente sera maintenue mais attribuée avec plus d’équité et dans le respect scrupuleux des équilibres entre tous les territoires du département.
Une gestion plus audacieuse sera exercée afin de soutenir davantage notre économie locale et nos entreprises.
C’est ainsi qu’il nous faudra réorienter certains choix qui ont été faits par nos prédécesseurs.
Je pense au développement économique sur lequel nous devons mobiliser beaucoup plus de moyens si nous voulons relever le défi de la compétitivité et de la création d’emplois pour notre département.
Je pense à l’éducation et notamment au dispositif Ordina 13 dont le coût est très élevé et qu’il nous faut remettre à plat avant de nous engager plus avant.
Je pense à la culture et au patrimoine, si importants pour la préservation de notre identité, et qui ne doivent pas être systématiquement les sacrifiés des redéploiements.

Cette réorientation budgétaire n’aura de sens que si elle est, bien sûr, mise au service d’un véritable projet pour notre département.
C’est le sens même de l’alternance historique voulue par les électeurs.
Ce projet s’appuiera évidemment sur le programme présenté pendant la campagne électorale mais aussi sur un processus de six mois qui se déroulera en trois phases.

D’abord, l’évaluation des politiques départementales.
Il a été demandé à chaque service de procéder à un état des lieux des actions du Conseil départemental : la synthèse doit nous être délivrée très prochainement.
Dans le même temps, un audit va être lancé dans notre collectivité afin de bien mesurer les marges de manoeuvre dont nous disposerons.

Deuxième étape : nous lancerons, en septembre, Les Etats généraux de la Provence pour définir le projet départemental pour les six ans à venir.
Les élus de la majorité mais aussi ceux de l’opposition ainsi que les agents et les collaborateurs, forts de leur expertise si précieuse, y seront impliqués.
Nous y associerons tous les talents et l’intelligence des acteurs socio-économiques, des corps intermédiaires, des forces vives et des universitaires.
Pendant trois mois, cette grande concertation sera déclinée autour des quatre priorités qui ont été définies par la nouvelle majorité : l’attractivité économique ; le rayonnement culturel ; l’exigence sociale ; l’équilibre et la préservation des territoires.

Enfin, troisième étape : la définition de notre projet départemental, en décembre.
Ce projet sera bien sûr conforme aux orientations qui ont été validées par les électeurs les 22 et 29 mars derniers et s’appuiera sur les travaux de ces Etats généraux de Provence.
La feuille de route sera ainsi clairement définie pour les six ans à venir.

Mesdames, Messieurs, Chers Collègues, je souhaite ardemment que ce projet que nous allons écrire ensemble puisse servir notre ambition commune : faire rayonner la Provence.
Faire rayonner la Provence, c’est la rendre plus attractive, plus dynamique, plus forte.
Soyons fiers de cette Provence que le monde entier nous envie et dans laquelle il est si doux de vivre.
Soyons fiers de cette Provence ouverte et généreuse capable de donner le meilleur comme d’affronter le pire.
Soyons fiers de cette Provence solidaire et volontaire qui sait se rassembler lorsque les circonstances l’exigent.

Mesdames, Messieurs, Chers collègues, inspirons-nous de ce qu’écrivait l’un de nos plus grands auteurs, un amoureux de ce bassin méditerranéen qui est le nôtre, Albert Camus : « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ».

16 avril 2015