Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Assistants familiaux : plus qu’un métier, une vocation
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Assistants familiaux : plus qu’un métier, une vocation

27/11/2018

Le Département a organisé aux ABD la 7e journée des assistants familiaux. Nadine Golfetto confie son choix de vie. Elle accueille avec son mari deux adolescents, Anthony et Margaux.

Ne jamais renoncer aux rêves de jeunesse : si Nadine Golfetto devait passer un seul message, ce serait peut-être celui-ci. Assistante familiale depuis deux ans et demi, elle se souvient que tout jeune fille, son destin a été contrariée par la volonté d’un papa qui exigeait d’elle qu’elle reprenne la société d’assurance. Elle a donc renoncé à son envie d’être institutrice. D’une voix pétillante, elle précise : « J’ai quand même fait 20 ans de soutien scolaire ! » 

Ce désir d’être auprès d’enfants ne la lâche pourtant pas. Deux fils, « qui s’en sortent bien, malgré un accident de foot très grave et qu’il a fallu dépasser, au moment de l’adolescence de l’un de mes deux garçons », lui font comprendre que n’importe qui peut sombrer.

Dans leur grande maison d’Eyrargues, le couple réfléchit. Nadine a 60 ans. Elle a besoin de sens dans sa vie.« Mon mari voulait se diriger vers une activité touristique. » Elle, revient à ses premières amours contrariées, malgré de nombreux doutes : « Je me croyais trop vieille, je ne m’autorisais pas. » Autour d’elle, mari et fils l’encouragent, mais quelques amis la mettent en garde.

Après une année de démarches, de réunions, de préparation (voir ci-dessous), une année d’intense réflexion et de préparation minutieuse, le jour J arrive. « J’ai eu peur. Pas de l’adolescent que nous allions rencontrer. De moi. J’avais peur de ne pas parvenir à l’aider. »

« J’ai vu un oiseau blessé »

Après une succession de foyers, Anthony, à peine 15 ans, fait connaissance avec Nadine et son mari. « J’ai vu alors un oiseau blessé, confesse-t-elle avec la même émotion que ce jour de la rencontre. Il est resté trois mois sans parler, il restait beaucoup dans sa chambre. Nous avons choisi de ne pas inviter d’amis pendant ces premières semaines, pour qu’il prenne ses marques. » Progressivement, la vie s’installe, Anthony commence à apprécier, Nadine lui mitonne des petits plats qu’il aime « comme les lasagnes ». Elle résume : « Nous nous sommes apprivoisés. J’ai recalé ses habitudes. Au tout début, il se couchait à 4 heures du matin et se levait à 15 heures. » Elle reconnaît que rien n’a été simple : « Il a fallu une bonne année pour qu’il participe, goûte aux repas. » Si Anthony continue de voir sa maman une fois tous les 15 jours, c’est dans le foyer de Nadine qu’il apprend les valeurs essentielles de la vie. Margaux, 15 ans, a rejoint la famille de Nadine et elle en plaisante : « Ils sont chien et chat les deux, comme un frère et une sœur ! » Anthony va passer son bac professionnel, Margaux avance elle aussi. « Nous tenons un fil, on le tient bien mais il peut se rompre à tout moment. Nous parlons avec les équipes du Département qui nous accompagnent. » Nadine a réalisé son rêve de jeune fille : « Quand je me lève le matin, je suis heureuse. Mon objectif, c’est que ces jeunes soient autonomes et bien ancrés dans la réalité, une fois partis de chez nous. »

 

 C.F-K

Comme 500 personnes dans le département, devenez assistants familiaux !

« L’accueil d’un enfant s’il peut être positif et riche en expériences, n’en demeure pas moins complexe. » En ouverture de la 7e Journée des assistants familiaux, le 23 novembre dernier, consacrée à la question des « Troubles psychologiques et/ou psychiatriques de l’enfant en placement familial », Brigitte Devesa, conseillère départementale déléguée à la PMI, Enfance, santé et famille, a ainsi exprimé toute la beauté mais aussi toute la difficulté d’être assistant familial. Car on ne rentre pas dans cette voie-là par hasard ou par défaut. Plus qu’un métier, c’est un choix de vie.

Dans notre département, ils sont près de 500 à accueillir 800 enfants au sein de leur foyer.

« Il faut en premier lieu, pouvoir entrer en relation avec un enfant, un enfant en souffrance, séparé de son parent, pouvant présenter un comportement imprévisible, a rappelé Brigitte Devesa. Il faut aussi savoir travailler et communiquer avec tous les professionnels autour de la problématique de l’enfant placé en famille d’accueil. Ce métier tourné vers l’humain, est en lien avec une grande diversité d’interlocuteurs intervenant auprès de l’enfant. Des professionnels, qui plus est, venant de champs différents : éducatif, médical, scolaire, administratif, psychologique, voire psychiatrique. Les assistants familiaux, membres à part entière des équipes, sont en première ligne pour se rendre compte des difficultés psychologiques repérées chez les enfants accueillis. »

Cette journée a donné lieu à de nombreux échanges, en présence de nombreux assistants familiaux. Mais tous témoignent d’un même bonheur à accueillir un enfant.

 

Lien vers modalités

 

Renseignements : Direction de la Protection Maternelle et Infantile et de la Santé Publique - Service des modes d’accueil et de la petite enfance - 04 13 31 56 31.

Infos pratiques