Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Dans le traitement du cancer, les soins de support pour soulager et apaiser
Solidarité

Dans le traitement du cancer, les soins de support pour soulager et apaiser

01.02.2019

Soutenue par le Département, l’association « Histoire de filles » apporte aux patients atteints de cancer des soins de support. Pour accompagner le traitement et prévenir les effets secondaires. Rencontre à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer.

Quand l’annonce tombe, une sensation vertigineuse envahit tout. « Non, ce n’est pas de l’ordre du vertige, mais de la tornade, ou du tsunami. Ou les deux à la fois », témoigne Corinne, actuellement traitée pour un cancer. D’autres personnes évoquent pudiquement « un début d’année pas très joyeux », ou encore « une sale nouvelle ». Le cancer touche chacun d’entre nous, de près ou de loin, comme l’on dit pudiquement. Oui, il envahit tout et soigner le mal reste un travail à temps plein. Parce qu’il faut comprendre, un peu, la raison de la maladie, les traitements proposés, les effets secondaires ; il faut aussi parler aux proches, tenir bon, craquer parfois sans culpabilité, et avancer.

Nathalie Riguel a créé il y a 16 ans une association baptisée « Histoire de filles » : cette esthéticienne ne s’est jamais remise de voir des hommes et des femmes traités en oncologie et regarder dans une grande solitude des murs nus. « J’intervenais alors en hôpital. Je me suis lancée avec mon amie Nicole Debono, ancienne secrétaire médicale, dans les soins du support. » Par soins de support, il faut entendre traitement contre la douleur, prise en charge de la fatigue, soutien psychologique, bien-être, amélioration de l’image de soi ou encore conseils diététiques ou esthétiques. « Nous formons chacune des intervenantes : elles peuvent pratiquer des soins esthétiques, de la réflexologie, de l’acupuncture, du maquillage, des soins capillaires, etc. » précise Nathalie Riguel. L’association intervient à l’APHM (Assistance publique des hôpitaux de Marseille), à la clinique Angelus à Marseille où le premier Spa de soins thérapeutiques a été ouvert, et à l’hôpital Saint-Joseph.

« Mieux vivre la maladie et ses effets secondaires »

 

« Nous intervenons toujours avec l’accord de l’équipe médicale, dans le cadre de protocole de soins, spécifie-t-elle. Il est indéniable que les soins de support aident à la guérison, mais aussi à mieux vivre la maladie et ses effets secondaires. »

Corinne a rencontré il y a deux ans l’association lors de sa première chimiothérapie, un peu par hasard, en levant la tête dans sa chambre. « J’ai vu une affichette. Je commençais à perdre mes cheveux, ma peau me faisait mal. J‘étais un peu perdue. Avec Histoire de filles, j’ai été prise en charge. » Elle raconte le temps que ces professionnelles passent sans compter auprès des personnes malades : « J’ai le souvenir d’avoir ressenti une crise de panique un jour. On m’a caressé doucement la joue, pour que je retrouve mon calme. Les infirmières, qui sont formidables, n’ont pas le temps de faire ça. »

Sylvie a subi un cancer du sein en 2014. Là aussi, c’est en voyant une simple affichette qu’elle découvre Histoire de filles et rencontre Nathalie Riguel. « Il faut des produits spécifiques pour mettre sur la peau, les ongles. Tout ça souffre énormément en raison de la chimio. Les conseils de l’association sont adaptés. » Car, regrette-t-elle à son tour, « à l’hôpital, tout ce qui est en dehors du soin médical n’est pas vraiment communiqué ni abordé. Or, pour aller mieux et traverser cette épreuve, c’est capital de sentir du mieux-être. » Sylvie, Corinne, et tant de patients reçoivent aujourd’hui des soins de supports. Si ça ne fait pas tout, ça fait beaucoup pour continuer de ressentir, vivre, partager, toucher, être touché. Etre dans la vie.

 

Ch.F.-K.

 

 

Le Département très engagé dans la lutte contre le cancer

Le Département des Bouches-du-Rhône a lancé dès 2015 un grand Plan Santé pour les Provençaux sous l’impulsion de sa Présidente Martine Vassal. Avec deux priorités : l’amélioration des services des urgences et l’accès au dépistage et aux soins de haut niveau en cancérologie. Aujourd’hui encore, la lutte contre le cancer reste un immense défi. En investissant dans la prévention, le dépistage, l’acquisition d’équipements de pointe qui consolident l’efficacité des traitements thérapeutiques et adoucissent le parcours d’épreuves de la maladie, le Département apporte sa pierre à l’édifice d’une médecine moderne. Il soutient à hauteur de 22 000 euros par an l’association Histoire de filles.

Histoire de filles : 06 70 28 62 16