Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Karine Tinon, sommelière d'exception
Culture

Karine Tinon, sommelière d'exception

07/03/2019

Sommelière au restaurant Les 3 Forts au Sofitel Vieux-Port, Karine Tinon fait preuve dans son métier, qui est avant tout sa passion, d’une grande générosité. Portrait d’une femme déterminée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

L’œil est bleu, le rire souvent se déploie, la démarche est assurée : Karine Tinon a fait de son métier sa passion, ou l’inverse, et ceci explique en partie la joie qui se dégage de son visage et de son allure. La sommelière du restaurant Les 3 Forts travaille dans un cadre idyllique, au Sofitel Vieux-Port à Marseille avec, depuis le dernier étage du site, une vue à couper le souffle sur le port, source intarissable d’inspiration et de création.

Née en 1980, « pas une très bonne année pour le vin », mais excellente pour la sommellerie, Karine Tinon grandit en Dordogne et file à l’école hôtelière de Bergerac. « Petite fille, je me souviens que j’adorais préparer les menus, arranger la table. Comme un jeu ! ». Un de ses professeurs, lui-même passionné par le vin, décide de son destin. Il organise une sortie scolaire à vélo dans le Médoc. Elle, laisse sa bicyclette sur le bord du chemin au bout d’un kilomètre pour préférer s’extasier devant les vignes. Un coup de foudre, une évidence, la puissance de l’intuition et la beauté de ces grandes allées des domaines du Bordelais font éclore sa vocation : « Ces rosiers qui longent les vignes, ces grands châteaux, ces allées droites : quelle beauté ! ».

Et quelle merveille de savoir, à l’âge de 17 ans, que l’on fera sa vie au cœur de cette beauté gourmande.

« Quand la passion est là, c’est presque facile »

Les premiers stages et, à force de travail, ce palais qui se forge, les repères qui s’installent, la mémoire mise au travail : « On apprend tout, chaque jour ; l’histoire des régions, des vignobles, les appellations, les cépages. Tout par cœur. On se tient au courant, on lit, on déguste, on échange avec les copains sommeliers et dans les salons. »

Elle multiplie les expériences, au Château Eza à Eze, puis chez Jacques Chibois à Grasse, avant de partir chez Waterside In en Angleterre deux ans et demi pour parfaire son anglais. Une expérience moyenne en Suisse la fait douter. Guère longtemps finalement puisqu’elle rejoint le groupe Accor à Marseille, et intègre en 2003 l’équipe du chef Dominique Frérard. Elle y est encore, épanouie et jamais lassée d’accompagner de ses choix les plats préparés par le chef. « C’est un métier qu’on ne peut pas faire à moitié. En dilettante, ça ne marche pas. Mais quand la passion est là, c’est presque facile. »

Deux souvenirs ont marqué cette jeune femme de bientôt 39 ans : « Une dégustation professionnelle d’un Montrichet, dans un endroit magique : j’étais sur un petit nuage. » Montrichet, ce vin de Bourgogne dont Alexandre Dumas exhortait les dégustateurs à le goûter « à genoux et la tête découverte. » Karine Tinon a encore en mémoire l’exaltation de ce bouquet qui évoque le beurre, les croissants chauds, la fougère et le miel.

Elle se souvient aussi, et là, sa voix descend d’un bémol tant l’émotion remonte à la surface, d’une dégustation privée à Cassis, en présence du Marseillais Philippe Faure-Brac, sacré meilleur sommelier au monde en 1992 à Rio. « Il est humble, humain, accessible : c’est mon idole ! » Et elle ajoute, en éclatant de rire : « A cette soirée, je n’ai pas apporté de vin ! » Mais elle a beaucoup écouté.

Karine Tinon n’en fait pas toute une histoire, d’être une femme sommelière : « C’est comme pour tout, il faut aimer et travailler. Etre une femme ou un homme ne compte pas. Seule importe le goût du partage et la connaissance aigüe des arômes, des cépages, des régions… ». Aimer le vin, et inviter des clients à découvrir et à déguster, c’est donner à voir et à boire une part de poésie. Car si la dégustation du vin fait appel aux cinq sens, les dimensions technique et émotionnelle cohabitent. Avec un 6e sens, la générosité. Karine Tinon en est le parfait exemple.

Un bon sommelier, c’est comme un bon écrivain : il observe et il essaie de percevoir des choses pour rendre les gens heureux.

 

Ch. F.-K.

 ♦ En France, la consommation d'alcool est réglementée. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération.  

 

 

Le Département célèbre les femmes méritantes

Martine Vassal, Présidente du Département des Bouches-du-Rhône a souhaité mettre à l’honneur un certain nombre de femmes méritantes de notre territoire. Une soirée-débat organisée par le collectif du projet « A table ! » a mis en avant jeudi soir à l’Hôtel du Département des Marseillaises qui honorent les cuisines du monde. Cheffes, entrepreneuses, ces femmes jouent un rôle au cœur de la gastronomie provençale, mise en l’honneur avec Marseille Provence Gastronomie 2019. Pour cette journée du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, une table-ronde « Femmes et gastronomie », puis une rencontre avec des femmes méritantes, en présence de Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France aux Archives et Bibliothèque Départementales : « Mon engagement politique pour défendre les droits des femmes est total », martèle Martine Vassal. Au-delà de cette journée symbolique, le Département est mobilisé tout au long de l’année en faveur de la promotion de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations.