Martine VASSAL : "Ma méthode c'est l'efficacité"

Martine VASSAL : "Ma méthode c'est l'efficacité"

La Présidente du Conseil départemental adresse ses voeux aux Provençaux et réaffirme sa détermination à faire grandir le territoire dans tous les domaines. Son plan d’action pour développer les communes, pour Marseille, pour l’emploi, la culture, le sport : voici la “Méthode Martine Vassal”.

Quels sont les voeux que vous souhaitez adresser aux Provençaux en ce début d’année ?
La première chose, c’est la santé. C’est un élément essentiel. On entend plein de malheurs autour de nous qui peuvent toucher tout le monde à tout moment, donc je souhaite à tous les Provençaux une bonne santé pour 2018. Bien sûr aussi des voeux de bonheur et beaucoup de paix, c’est quelque chose auquel je tiens énormément.

Dans quel état d’esprit démarrez-vous 2018 ?
Nous arrivons en avril au milieu du mandat. C’est le moment du premier bilan. On a lancé beaucoup de choses, beaucoup de projets. Maintenant, nous voulons les voir se réaliser. On avance, on accélère. Je souhaite avant tout que les actions concrètes que nous avons initiées sortent et puissent être mises à la disposition des habitants de ce territoire.

Quels sont les projets forts sur lesquels vous allez vous engager dans les semaines et les mois qui arrivent ?
Nous avons lancé le Plan Charlemagne en septembre, un engagement de 2,5 milliards d’euros sur 10 ans, avec la construction et la reconstruction de nouveaux collèges, la numérisation des établissements et les actions pédagogiques au profit des collégiens, tout au long de leur scolarité. En 2018, nous commémorerons aussi l’année du centenaire de l’Armistice. C’est très important de pouvoir y faire référence, avec l’aide des anciens combattants et d’expliquer à notre jeunesse, le pourquoi et le comment d’une guerre. D’autres projets vont aussi sortir rapidement. Nous allons lancer un grand plan en faveur des personnes en situation de handicap et puis, en fin d’année, un grand plan pour l’environnement et le développement durable. Ce sont vraiment des thèmes qui me tiennent à coeur et sur lesquels je souhaite obtenir des réalisations concrètes.

Quels sont justement les effets concrets de la politique du Département sur lesquels les habitants de ce territoire vont pouvoir compter ?
Les habitants profitent déjà de nombreux effets concrets de projets initiés depuis avril 2015. Et je pense qu’on ne le dit pas assez. Nous faisons beaucoup en matière d’aide aux communes, nous construisons des gendarmeries, des casernes pour nos sapeurspompiers, nous construisons et améliorons des routes, des pistes cyclables, nous nous engageons en faveur du Bel Âge, nous aidons les communes à rénover leur centre-ville : la liste est extrêmement longue. Cette année, nous devrons mieux montrer ces réalisations à nos concitoyens afin qu’ils voient véritablement l’utilité du Département.

Votre action porte tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Comment se font les arbitrages pour réaliser ces projets ?
Il y a pour moi deux critères qui sont essentiels. D’abord, la préservation de nos territoires et ensuite, le bien-être de nos habitants. Sur la préservation du territoire, on a la chance d’habiter dans un département qui a des atouts considérables, fantastiques, avec une géographie bien particulière et bien sûr il y a des défauts. Ce sont sur ces problématiques qu’il faut accentuer notre action. Pour ce qui est du bien-être de nos habitants, c’est améliorer notre action en matière de solidarité et de proximité. C’est ce que nous faisons au quotidien. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est que lorsqu’un habitant a un élu face à lui, il puisse lui répondre sur ses problématiques.

Vous avez également innové en direction de nos aînés, avec la création des Maisons du Bel Âge…
Oui, nous avons décidé d’être aux côtés des personnes du Bel Âge, qui arrivent à un moment de leur vie où elles peuvent être seules, parce que les enfants sont partis ou parce qu’elles ont perdu leur conjoint. Pour lutter contre cet isolement, pour favoriser l’accès au numérique, nous avons décidé d’ouvrir ces Maisons du Bel Âge. La première a été ouverte dans le centre-ville de Marseille, où cela permet d’avoir un contact administratif, un contact humain. En 2018, nous ouvrirons une dizaine de ces maisons dans l’ensemble du département. Malheureusement, beaucoup de services publics, comme La Poste, le médecin, la banque, disparaissent dans les petites communes. Il est important que le Département puisse être à leurs côtés, comme aux côtés des personnes du Bel Âge, qui ont travaillé et payé des impôts toute leur vie.

Vous vous êtes engagée en faveur du développement de Marseille l’année dernière, à hauteur de 100 millions d’euros. Vous venez d’annoncer un nouveau plan, pour l’amélioration de la mobilité et du centre-ville. Pour quelles raisons ?
On a pris un retard considérable, pour plusieurs raisons. D’abord parce le Conseil général de l’époque n’avait pas investi l’argent qu’il fallait et Marseille devait se débrouiller toute seule. J’ai décidé, après avoir mis 100 millions sur la table sur trois ans, pour réaliser tous les projets pour améliorer la vie de tous les jours, de rajouter 250 millions pour que tous les projets structurants, notamment en matière de circulation et de renouveau du centre-ville, puissent voir le jour.

Quel est le détail de ces projets ?
La L2 va ouvrir au printemps, enfin. Il était temps, depuis 1936 ! Ce contournement sera complété par le Boulevard urbain sud, où nous allons investir massivement. C’était aussi important pour les axes principaux, comme le Jarret, qui n’a pas été refait depuis 50 ans. Aujourd‘hui, il mérite d’être valorisé, d’avoir des bus en site propre, des pistes cyclables dignes de ce nom, des promenades pour les habitants, pendant que la circulation aura été allégée grâce à la L2. Et puis il y a le cours Lieutaud, qui est un axe important de Marseille, avec des façades remarquables. Cela fait un moment que les habitants l’attendent.

Enfin, le centre-ville, c’est très important pour moi. Une ville sans centre-ville n’est pas une ville digne de ce nom. Il doit être réhabilité, attractif, proposer des commerces de qualité, avec des parkings, des voies piétonnes réservées. Là aussi nous investissons de manière importante. Vous avez noté que nous avons lancé les Dimanches de la Canebière pour que la plus belle avenue du monde le redevienne et que l’ensemble des habitants de ce territoire puisse se réapproprier cet espace qui a trop longtemps été laissé à l’abandon.

Vous avez fait de la mobilité une priorité. Quels sont les projets les plus emblématiques ?
Nous n’avons plus cette compétence, mais en revanche, nous avons fait le choix de financer les transports sur notre territoire à hauteur de 300 millions depuis 2015. Nous avons les voies réservées de bus sur les autoroutes qui ont vu le jour. L’année prochaine ce sera le Bus à haut niveau de service (BHNS, NDLR) à Istres qui fera le tour de l’étang de Berre, mais également le BHNS à Aix-en-Provence. Ce sont des projets phares autour desquels s’articuleront des pôles d’échanges, comme cela sera aussi le cas à La Ciotat.

L’État joue-t-il suffisamment son rôle dans ce domaine ?
Ce qui est sûr, c’est que tout cela n’est pas assez rapide. Il faut impérativement que l’État tienne ses engagements. Quand on nous a imposé la Métropole, le Premier ministre de l’époque M. Ayrault, puis son successeur, M. Valls, nous ont bien indiqué que nous devions impérativement faire un plan mobilité et que l’argent de l’État viendrait compléter la mise de départ. C’est ce que nous avons fait, en décembre 2016. Malheureusement, on constate aujourd’hui que ce plan n’est toujours pas financé. Il y a donc une vraie urgence. Il manque 1,3 milliard d’euros au total, on ne pourra pas faire tout seul tous les projets de transports dans le département. Nous allons faire sortir un maximum de projets le plus rapidement possible.

Le Département s’est engagé fortement en faveur de l’emploi et de la diminution du nombre de bénéficiaires du RSA. Comment vous y prenez-vous ?
Nous avons d’excellents retours sur nos Forums de l’emploi et de l’offre d’insertion, tous les acteurs sont ravis. Nous avons également une diminution importante du nombre de bénéficiaires du RSA, parce qu’ils retrouvent du travail. J’ai été très surprise, la première fois que nous avons organisé le Forum de l’emploi en Provence où près de 6 000 personnes sont venues à l’Hôtel du Département pour chercher un travail. De l’autre côté, il y a énormément d’entreprises qui ont besoin de personnes pour faire fonctionner leur activité. Il faut les mettre en relation. C’est ce que nous avons engagé avec l’Accélérateur de l’emploi en Provence qui reçoit chaque semaine une trentaine de bénéficiaires du RSA. Aujourd’hui, quand on cherche du travail, il faut que ce soit adapté au monde du XXIe siècle, et je crois qu’on en est un petit peu loin. L’ensemble des acteurs doit s’engager vers le zéro chômage, l’objectif que je me suis fixé.

Le développement économique passe aussi par le plan Provence numérique que vous avez lancé. Quelle en est sa finalité ?
Lorsque je suis arrivée à la tête de ce département, je me suis aperçue que le très haut débit n’existait presque pas. On distribuait des ordinateurs à certains endroits, mais il n’y avait même pas internet. Nous avons donc commencé à installer le Très haut débit dans l’ensemble de nos 135 collèges et nous avons terminé l’opération cette année pour que les collégiens et les équipes éducatives puissent y avoir accès dès maintenant, partout. En parallèle, nous avons signé des conventions avec les opérateurs, et dernièrement avec Orange, pour rendre ce département numérique. On nous explique qu’il y a des zones grises, des zones blanches, nous ce qu’on veut, ce sont 119 communes éligibles au HD, notamment leurs zones d’activités. Si on veut derrière attirer des entreprises, des touristes, il faut le Très haut débit partout. Dans ce but, c’est 29 millions d’euros que nous avons mobilisés pour couvrir l’ensemble du territoire.

Quelles sont les réalisations que vous avez concrétisées en matière de santé qui vous apparaissent les plus importantes ?
Elles le sont toutes. La santé, je le disais tout à l’heure, c’est quelque chose qui touche tout le monde, quelles que soient les classes sociales. Chaque fois qu’on apporte dans ce domaine, c’est un plus. L’AP-HM est en grand danger. J’ai lancé en 2015 le Plan santé pour les Provençaux qui a permis de rénover les services d’urgences de la Timone enfants, d’acheter deux ambulances pour le Samu, notamment.

J’ai aussi financé un grand projet sur le réaménagement de l’hôpital Saint-Joseph, qui est maintenant le seul établissement des quartiers Sud, pour les urgences. Nous avons également permis aux hôpitaux d’Arles et de Salon-de-Provence d’améliorer leurs services d’urgences. Bien sûr, il faut remettre à plat la gestion de nos hôpitaux, mais le Gouvernement doit aussi apporter des réponses fortes. Il y a des endroits, sur notre territoire, où l’on accueille les malades dans des conditions inacceptables et où le personnel est en souffrance.

Le Département doit faire face à un afflux de mineurs étrangers sans précédent. Là encore, l’État semble ne pas répondre aux besoins… L’accueil des mineurs isolés dépend du Département. Lorsque j’ai pris mes responsabilités en 2015, nous avions une soixantaine de mineurs étrangers isolés chaque année. Leur nombre est passé l’année dernière à plus de 450 et à plus de 600 en 2017. Ce sont des chiffres qui vont continuer à grimper.

L’État doit prendre ses responsabilités. Cela représente, pour nous, 20 millions d’euros par an. Nous sommes d’accord pour être à côté de l’État pour gérer ces mineurs, parce que c’est notre rôle, mais on ne peut pas se substituer au niveau des moyens parce que nous n’avons pas la capacité financière de le faire.

L’État doit nous donner les moyens d’accueillir dignement ces personnes.

Quelle est l’ambition euroméditerranéenne du Département ?
Le Département a un avantage géographique incontestable parmi tous les autres territoires. Nous avons une façade maritime très importante et nous sommes à michemin entre Barcelone et Gênes. Nous avons aussi en face de nous des pays africains avec lesquels nous avons déjà des liens. Nous avons fait du volet économique, le premier de notre politique internationale. Nous continuons également à jouer notre rôle au niveau du social, de l’environnemental, et auprès de nos sapeurs-pompiers, souvent amenés à intervenir à l’étranger. En parallèle, on doit faciliter les liens de nos entreprises, vers les pays de la Méditerranée, mais aussi pour que ces États puissent avoir des contacts avec notre tissu économique, pour renforcer leurs propres activités et offrir de l’emploi sur place.

Qu’est-ce qui motive l’engagement fort du Département pour la culture ?
La culture a plusieurs fondements. D’abord pour l’attractivité du territoire. On veut une offre importante, pour l’offrir aux Provençaux et à ceux qui viendraient s’installer chez nous. Sur le plan économique, c’est aussi très porteur. Et puis, c’est un développement social. Aujourd’hui, il est important que nos jeunes, nos moins jeunes, nos personnes du Bel Âge puissent partager des pièces de théâtre, des activités en extérieur, pour passer du bon temps. Comme le sport, ce n’est pas une compétence obligatoire du Département, mais cela permet une meilleure intégration de nos habitants, à tous les niveaux. D’ailleurs nous avons augmenté le budget de la culture pour pouvoir maintenir le niveau de cette offre culturelle. Le label “Capitale provençale de la culture”, que nous avons lancé avec Trets, a été un véritable succès, en lui permettant de profiter de toutes les autres manifestations que nous organisons et soutenons sur le territoire. Un nombre important de communes souhaitait être labellisé, nous en avons donc choisi quatre, Tarascon, Pélissane Eyguières et Allauch, pour mettre en avant ces bienfaits de la culture et leur donner une offre culturelle exceptionnelle à l’occasion de MP2018.

C’est également ce que vous avez réalisé en faveur du sport… Pour moi, le sport, c’est très important. Je suis sportive, je fais du sport, mais en dehors de tout cela, c’est indispensable pour notre épanouissement personnel, notre santé et notre bien-être mais aussi pour apprendre à notre jeunesse, le respect, le dépassement de soi et le mérite. Ce sont des fondamentaux. Nous devons aussi pousser les moins jeunes à le pratiquer, parce que cela contribue à une bonne hygiène de vie, qui permet de vieillir en meilleure santé. Nous continuerons donc à investir fortement pour le sport et les associations sportives.

Le nombre de touristes est resté stable malgré un contexte international difficile. Quelles sont les actions les plus efficaces qui ont été menées dans ce domaine ?
Aujourd’hui, c’est l’action que nous menons avec Provence Tourisme pour l’accès d’un maximum de sites, sur l’ensemble de notre territoire. Nous avons su maintenir notre attractivité et en 2019, nous animerons le territoire avec MP2019, l’année de la gastronomie en Provence qui permettra de mettre en avant tous nos atouts dans ce domaine, comme nous le faisons pour nos vins du terroir, d’une excellente qualité. L’idée est évidemment de faire rayonner la Provence bien au-delà du territoire national.

Existe-t-il une méthode Vassal pour développer ce territoire ?
La méthode Vassal est une méthode d’efficacité. Quand on dit les choses, on les fait. Lorsque je m’engage, je mets tout en oeuvre pour que les choses soient réalisées rapidement. J’aimerais que la rapidité soit plus importante parce que lorsqu’on lance un projet, en tant qu’élu, on aime le voir éclore au plus tôt. Beaucoup de personnes me disent : “Mais pourquoi vous en faites autant ? Pourquoi vous réagissez autant ?” Pour une raison simple. Quand un habitant a un élu en face de lui, il n’a que faire de savoir si c’est un élu communal, départemental, régional, métropolitain, européen ou même un député. Ce qu’il veut, c’est que les choses se réalisent.