Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Département des Bouches-du-Rhône

L'agriculture urbaine

Conscients du rôle de l’agriculture durable pour façonner autrement les paysages urbains, consommer local et limiter les effets de l’urbanisation sur l’environnement, le Département et la Métropole s’engagent pour accueillir les agriculteurs dans nos villes. Plus de 40 hectares de terres devraient ainsi être mises en culture dans les zones urbaines.

Et si l’agriculture gagnait la ville ?

Une agriculture de proximité à la frange de nos villes, c’est que du bon ! C’est à la fois une source de produits alimentaires frais pour les citadins, une économie circulaire qui va du champ à l’assiette avec des productions locales et de qualité, un meilleur bilan carbone, le retour de la nature en ville et un frein à l’urbanisation et à ses conséquences sur la qualité de vie. Bref, un formidable moyen de répondre aux enjeux de la transition écologique auxquels notre territoire est confronté.

Mieux vivre la ville et mieux manger

L’agriculture urbaine constitue en effet un facteur majeur moteur de la résilience des villes. En végétalisant l’espace urbain, elle contribue à atténuer le phénomène des « îlots de chaleur urbains » et joue également un rôle important pour la préservation de la biodiversité et l’absorption des émissions de Co2.

Développer l’agriculture en ville, c’est aussi l’opportunité de voir émerger des actions innovantes pour sensibiliser et éduquer à une meilleure alimentation, pour favoriser la participation citoyenne dans des projets vecteurs de lien social.

100 actions pour l’agriculture urbaine

Le Département s’associe donc à la Métropole dans le cadre de son grand plan en faveur de l’agriculture urbaine qui compte une centaine d’actions dont certaines sont réalisées ou engagées. Le but est d’aider les porteurs de projets à installer des fermes urbaines, des jardins partagés et à développer des initiatives citoyennes autour d’une alimentation locale et responsable.

4 exemples de projets-pilotes

La ferme urbaine Le Talus

Dans le 12e arrondissement de Marseille, cette friche proche de la rocade L2 a été transformée en ferme urbaine associative. Outre son activité de maraîchage, cette structure, ouverte chaque jour depuis mars 2019, met en œuvre un projet plus large de développement durable et d’actions participatives : maraîchage bio-intensif, bacs potagers en location pour les habitants, formations agro-écologiques, poulailler pédagogique, visites éducatives, compostage collectif…

Une bergerie urbaine au Château de La Reynarde

Au sein du domaine du Château de la Reynarde qui abrite un établissement médico-social, dans le quartier Saint-Menet à Marseille (11e), Marie-Anne Corniou va développer son activité de bergère dans un projet innovant qui concilie production de viande de qualité, service de débroussaillage d’espaces verts, publics ou privés, ateliers pédagogiques qui pourraient être mis en place autour de cette activité (services pédagogiques) et balades urbaines.

Les prairies de La Maussane retrouvent leur vocation agricole

Dans le 11e arrondissement, sur un des derniers sites fonciers agricoles de Marseille, au cœur du tissu urbain, le terrain de La Maussane joue un rôle important dans le fonctionnement écologique de ce secteur constitué de prairies ouvertes. Sous l’impulsion de la Métropole, quelque 8 ha vont repasser en zone agricole dès janvier 2020 et 2,5 ha retrouveront une activité agricole.

Un projet d’exploitation agricole au Vallon des Douces

Le terrain du Vallon des Douces, toujours dans le 11e arrondissement de Marseille, dispose d’une superficie de 8,5 ha classés A au PLU de Marseille en 2013 et constitue un des derniers fonciers agricoles de Marseille. Sous l’impulsion de la Métropole, qui envisage d’acquérir ce terrain pour le mettre à bail rural sur une durée de 25 ans, il est appelé à retrouver une activité agricole sur 6 ha.

Le Département soutient aussi :

- La production de jeunes pousses de salades dans le 13e arrondissement de Marseille réalisée par l’association « Le paysan urbain ».

- La production de champignons à partir de marc de café portée par l’association « Les Champignons de Marseille », provisoirement installée dans les locaux du Lycée des Calanques dans le 8e arrondissement.

- L’association « La cité de l’agriculture » et « Les 48 heures de l’agriculture urbaine ».

- Le projet de parc agricole de 250 ha sur le secteur de Besson/Giraudy à Sainte-Marthe (14e).

Le Marché d’Intérêt National (MIN) des Arnavaux, entre économie et solidarité

Depuis le début de l’année 2019, le MIN des Arnavaux a commencé une grande transformation qui va durer près de 3 ans. Au-delà de la construction des bâtiments, c’est aussi et surtout la combinaison de l’aspect économique associé aux développements solidaires et environnementaux, qui constitue le cœur du nouveau MIN.
 

En janvier 2019 était posée la première pierre des nouveaux pôles logistiqes qui équiperont dès la fin de cette année la deuxième plateforme de France. Ces 3 bâtiments de 5 200 m² seront dédiés à la logistique des produits frais. Ils seront occupés par des grossistes au service complet, qui livrent la restauration hors domicile ou collective. Et ce n’est que le début de cette transformation entamée avec la construction de la L2. Car étonnamment, c’est la construction de cette nouvelle voie qui a précipité le changement. Amputée de 20% de sa capacité foncière et la destruction de 20 000 m² d’entrepôts, la structure devait alors faire des choix. Certains y ont vu sa disparition programmée à court ou moyen terme.

84 millions pour changer

Mais plutôt que de le délocaliser ou de le supprimer, il a été décidé de repositionner le Min. Et pour cela, un projet de 84 millions d’euros a été lancé, dont 25 millions financés par le Département et 10 millions par la Métropole Aix Marseille Provence. A terme, ce seront 45 000 m² de nouveaux bâtiments industriels et commerciaux qui vont être créés. Avec à la clé des nouveaux pôles logistiques, une halle marchande ouverte au grand public, un pôle de transformation, une déchetterie rénovée, un pôle fleurs dont l’activité se développe et un hôtel à l’entrée du secteur. Et une augmentation importante du nombre d’emplois qui devrait doubler à l’horizon 2022, passant de 1 500 actuellement à 3 000 in fine, accompagné de l’implantation de plus de 40 entreprises. Selon Marc Dufour, Directeur du Min, « cette progression est due notamment à l’élargissement de la gamme des produits proposés. Aux traditionnels fruits, légumes, fleurs ou produits carnés, nous allons ouvrir les étals aux fromages, aux produits du terroir et à ceux de la mer ». Mais pas que.

Le réseau solidaire au cœur du Marché

Depuis quelques années, le Min accueille le chantier d’insertion de l’association nationale des épiceries solidaires (ANDES). Aidé par le Département, cette structure installée en plein cœur du Marché emploie 15 salariés en phase de réinsertion. Son objectif, outre de rapprocher ces personnes de l’emploi, est aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire et d’alimenter les épiceries solidaires et les réseaux d’alimentation caritatifs. Concrètement, Andes récupère les fruits et légumes ne pouvant plus être commercialisés auprès des grossistes de la plateforme. Ils sont revalorisés et distribués à une cinquantaine de structures d’aide alimentaire dès le lendemain. Mais très bientôt, la Banque Alimentaire viendra compléter ce dispositif vertueux grâce à la construction d’une légumerie. Dans ce bâtiment de 350 m², les fruits et légumes non exploitables seront transformés sous forme de conserves pour être conservés plus longtemps. Le Département est le principal financeur avec le Min de cette structure qui bénéficiera à la Banque alimentaire.

L’agriculture s’ouvre à la ville

Mais sa position géographique fait du Min des Arnavaux un marché au cœur de la cité. Et pour faire disparaitre les frontières entre monde professionnel et citoyens, de nouveaux aménagements vont être réalisés. Notamment le long de l’entrée du Min, avec la construction d’une grande halle ouverte au grand public, des bureaux et locaux commerciaux, ainsi qu’un hôtel. En 2022, le Min aura fini l’ensemble de ses travaux et se positionnera ainsi comme un véritable marché du futur.

 

Le MIN des Arnavaux en chiffres :

  • 100 entreprises

  • 46 grossistes fruits, légumes et produits carnés

  • 25 entrepôts allant de la viande au traiteur

  • 267 producteurs locaux installés sur le « carreau »

  • 500 000 tonnes de produits alimentaires distribués par an

Deux MIN dans un même département, une première en France !

L’agriculture occupe un tiers de la superficie des Bouches-du-Rhône, soit 148 000 ha. Ce qui en fait le premier département français pour la production de tomates, de salades, de courgettes, de riz ou d’olives. Ce qui a pour conséquence directe le besoin de posséder deux Min, ce qui est unique en France. Et plus au nord, le Min de Châteaurenard-Provence a lui aussi commencé son évolution. Grâce à l’aide du Département et un projet de 28 millions d’euros, il se positionne comme un véritable poumon économique agricole et s’harmonise avec son collègue marseillais. Un maillage du territoire aux moyens mutualisés.

Un Marché à énergie positive

C’est un axe majeur de la nouvelle ambition du Min des Arnavaux : maîtriser l’empreinte de ses activités et en particulier son empreinte environnementale. Pour cela, plusieurs actions vont être mises en place. Comme transformer le lieu en plateforme logistique pour réduire l’impact du transport en zone urbaine marseillaise, ou devenir un site zéro déchet ultime. Mais le plus spectaculaire sera sans doute la volonté de faire du Min un site à énergie positive. Et pour cela va être créée la plus importante centrale photovoltaïque urbaine de France avec l’installation de 100 000 m² de panneaux. Et un lancement des travaux courant 2020.