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Georges Flayols : les ailes du paradis

Si Sainte-Victoire a été une source inépuisable d’inspiration pour les maîtres de la peinture, ce site remarquable est depuis 30 ans dans le viseur de Georges Flayols. C’est dans les airs, aux commandes d’un parapente, que ce photographe-volant la sublime par des clichés uniques qui reflètent sa passion pour cette montagne sacrée.

“La montagne Sainte-Victoire, c’est mon jardin et ma façon de vivre”. Le photographe Georges Flayols voue un véritable culte à ce massif emblématique de la Provence.

À presque 60 ans, il a passé la moitié de sa vie à ses côtés, envoûté par ses falaises calcaires dont la blancheur joue sur les couleurs. Elle a fasciné Cézanne, Picasso et bien d’autres maîtres de la peinture, mais c’est avec les toiles de son parapente que le photographe l’immortalise. Dans les airs, il lâche alors les commandes de son engin volant pour en capter la lumière et les paysages remarquables. “Depuis le ciel, le point de vue est exceptionnel ”.

Pour ce photographe professionnel, le vol libre est venu bouleverser sa façon de travailler: “En découvrant le parapente en 2003, j’ai changé de religion” va-t-il jusqu’à dire. Une optique désormais différente pour l’oeil du photographe. “C’est une manière de voir les paysages autrement ”. Il allie alors ses trois passions, le parapente, la photographie et la nature pour livrer des panoramas uniques des massifs provençaux.

PHOTOGRAPHE ATYPIQUE

S’il est parmi les rares photographes parapentistes, néanmoins il ne revendique pas sa singularité, n’y voyant qu’un moyen de sublimer le sujet malgré la maîtrise qu’exigent les prises photo en parapente : “Il m’a fallu deux à trois ans de pratique en parapente pour arriver à faire des clichés. Techniquement, il faut piloter l’engin avec le corps de manière à prendre les photos”. Certes, parfois, il prend des risques avouant “être par moment plus concentré sur la photo que sur le vol”. Mais la fascination pour “la montagne” l’emporte toujours.

À LA TOMBÉE DE LA NUIT

Sainte-Victoire s’est imposée à lui, comme il aime à le raconter. “Le 28 août 1989 alors qu’elle s’embrase sous l’effet d’un violent mistral, j’ai rendez-vous pour un stage dans un studio photo situé au pied du massif à Vauvenargues. J’y suis embauché ”. Il travaillera ainsi plusieurs années sous l’oeil de Sainte-Victoire. “J’ai vécu la face Nord pendant dix ans et ensuite j’ai appris à connaître la face Sud ”. Harnaché de son matériel, il grimpe vers les zones de décollage, en profite pour observer la nature, les chevreuils et les mouflons, étudie la puissance des masses d’air. “Ici, on attend la fin de journée, la tombée de la nuit, parce que les conditions de vol sont plus calmes. Mais parfois, on ne peut pas voler... ces jours où la montagne est triste”.

Alors, en sillonnant les sentiers à pied, il rêve de capter dans son viseur le loup dont la présence sur Sainte-Victoire est attestée. Mais c’est une autre histoire, sur terre, cette fois…

Les photographies de Georges Flayols sont exposées au restaurant de la Maison Sainte-Victoire : Chemin départemental 17, Saint-Antonin-sur-Bayon.