Un centre-ville fort pour une cité ambitieuse

La métamorphose du centre-ville de Marseille s’accélère sous la forte impulsion des collectivités, au premier rang desquelles le Département qui parie sur le coeur de Marseille pour donner un nouvel élan à l’ensemble de la cité phocéenne. Un grand plan “Ambition centre-ville” prévoit des réalisations majeures à l’horizon 2020.

 

Avec 3 500 commerces, le centre-ville de Marseille constitue le premier pôle commercial de Provence. Et ce poumon économique et historique se dessine un nouvel avenir, poussé par l’investissement des acteurs publics locaux.

Département-Ville-Métropole y voient un formidable levier pour l’attractivité et le développement du territoire. “L’âme d’une ville, c’est son centre”, explique le président de Terre de Commerces, fédération de commerçants et de services de proximité qui compte 6 000 adhérents. Tony Sessine se réjouit de la forte implication des pouvoirs publics pour redonner vie au centre de Marseille : “Là où les collectivités ont eu la volonté d’investir, les centres-villes sont dynamiques.

D’une manière générale, on sent aujourd’hui une prise de conscience politique”. Un enjeu que le Département a bien compris sous l’impulsion de sa présidente, Martine Vassal, qui a fait de la revitalisation du centre-ville marseillais une priorité.

RUE PARADIS, L’EXEMPLE À SUIVRE

“Ce qui se construit aujourd’hui dans le centre de Marseille est très positif. Parce que le Département vient y investir massivement, aux côtés de la Ville et de la Métropole. C’est un coup de booster formidable”, renchérit Tony Sessine, qui cite la rénovation de la rue Paradis (1er-6e), inaugurée fin 2017, comme l’exemple à suivre.

Après quelques mois de travaux, habitants et touristes peuvent désormais flâner dans une rue apaisée et embellie. Trottoirs élargis, plantations d’arbres, pavements, conteneurs enterrés, mobilier urbain, éclairage public et dispositifs de stationnement intelligent, cette rue emblématique a fait l’objet d’une réflexion globale sur les différents usages : piétons, voitures, vélos, sécurité, propreté…

Pour les acteurs économiques, la prise en compte de toutes ces dimensions est une condition indispensable. “Le commerce est certes un maillon essentiel de la chaîne, mais il n’est pas le seul. Transport, habitat, sécurité, accessibilité et stationnement constituent le nerf de la guerre”, dit Tony Sessine, qui fait également de la lutte contre les locaux vacants un cheval de bataille.

Le Département s’est d’ailleurs engagé à financer la préemption de certains commerces vides, en priorité sur la Canebière, dans un but de reconquête des espaces délaissés. “Un commerce, c’est un office de tourisme à lui tout seul. Il a une utilité de service public. Les locaux commerciaux vacants, les rideaux fermés dans une rue, ça engendre une baisse de fréquentation, de l’insécurité, de la saleté et ensuite c’est un cercle vicieux”, explique t-il.

En complément, le président de la CCI Marseille-Provence, Jean-Luc Chauvin, insiste également sur “la nécessité de rénover les façades et d’homogénéiser les enseignes et les devantures de magasins”. Le Département en a d’ailleurs pris la mesure en finançant fortement la campagne de ravalement des façades en cours, notamment sur les artères commerçantes.

LIEUX DE VIE ET LIEUX CULTURELS

Ce lifting doit nécessairement s’accompagner d’une large offre de services pour que chacun se réapproprie le centre-ville. Le président de Terre de Commerces s’appuie sur l’exemple réussi de l’axe Mucem-Vieux-Port-Canebière-Rue Paradis-Préfecture : “Désormais, sur plusieurs kilomètres, les piétons peuvent déambuler dans un cadre très agréable et convivial entre lieux culturels, lieux de vie et commerces”.

C’est ainsi que se réinventent les centres. Et c’est bien la carte que le Département entend jouer en se positionnant comme le premier partenaire de la Ville et de la Métropole dans un grand plan baptisé “Ambition centre-ville”.