Vivre en habitat inclusif

Ouvert aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées de plus de 65 ans, l’habitat inclusif est un logement permettant à chacun de « vivre chez soi sans être seul ». Inséré dans la vie du quartier ou de la ville, l’habitat inclusif est doté d’un projet de vie sociale et partagée élaboré directement par les habitants et pour eux.

Défini par la loi portant évolution du logement de l'aménagement et du numérique (dite loi « Elan ») en 2018, l’habitat inclusif est une forme de logement qui permet à ses habitants de « vivre chez soi, sans être seul ».

Il s’agit pour des personnes en situation de handicap et du bel âge de faire « le choix, à titre de résidence principale, d'un mode d'habitation regroupé, entre elles ou avec d'autres personnes » (article L281-1 du Code de l’action sociale et des familles). L’habitat inclusif concerne ainsi un collectif d’habitants de taille humaine (entre 4 et une dizaine d’habitants). 
Cet habitat inclusif peut prendre la forme d’une colocation ou d’un petit ensemble de logement de type T1 ou T2 regroupés. Dans tous les cas, des espaces communs sont disponibles pour les habitants : salon de vie, jardin partagé, cuisine… L’habitat inclusif est ouvert sur le quartier, des liens avec les commerçants, les associations de proximité, les équipements culturels… sont mis en place. 
L’habitat inclusif se caractérise enfin par l’existence d’un projet de vie sociale et partagée défini et rédigé par les habitants et pour eux. 

L’habitat inclusif s’adresse aux personnes en situation de handicap et aux personnes du bel âge de plus de 65 ans, sans conditions spécifiques : pas de niveau de groupe iso-ressources (GIR), pas d’orientation de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), pas d’obligation d’être bénéficiaire d’une prestation d’aide à l’autonomie…

Les habitants peuvent être locataires, colocataires, sous-locataires ou propriétaires de l’habitat inclusif dans lequel ils vivent. 

Le déploiement de l’habitat inclusif est coordonné par le Département qui préside la Commission des financeurs de l’habitat inclusif. Cette commission réunit toutes les institutions habituellement investies dans le soutien aux personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie : Carsat Sud-Est, Mutualité sociale agricole, Agence régionale de santé, Union des CCAS, Agirc-Arrco…

En 2024, les membres de la Commission des financeurs ont élaboré un programme coordonné de l’habitat inclusif qui vise à définir les grandes orientations de son action. Ce programme coordonné s’appuie sur un diagnostic des besoins et état des lieux de l’existant réalisé par le cabinet Domelia.

En collaboration avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le Département soutient les projets d’habitat inclusif en finançant une aide spécifique appelée « aide à la vie partagée » (AVP). Cette aide permet de financer un poste d’animateur ou de coordinateur de l’habitat inclusif, d’acheter du petit matériel permettant des activités de convivialités, de prévention et de partage entre les habitants.  

A lire

  • Programme coordonné de l’habitat inclusif 2024–2028

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  • Le rapport de diagnostic habitat inclusif 2024 dans les Bouches-du-Rhône

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80 projets ont été retenus par la Commission des financeurs de l’habitat inclusif sur l’ensemble du territoire départemental.

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Vous êtes une association, un bailleur social, une commune, etc. et vous avez un projet d’habitat inclusif ? Nous vous invitons à prendre rendez-vous avec la chargée de mission dédiée au dispositif d’habitat inclusif du département afin de lui présenter votre projet. 

Ce rendez-vous permettra de vérifier la conformité de votre projet aux critères de l’habitat inclusif, de mieux le définir ou de l’amender en fonction des priorités du Département et de la Commission des financeurs de l’habitat inclusif, de connaitre les ressources et aides disponibles sur le département pour vous soutenir. 

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Contact

  • Julia RONDON, chargée de mission « Habitat inclusif »
  • Courriel

L’habitat inclusif vous intéresse pour vous ou l’un de vos proches ? 
Vous êtes invité à contacter l’un des porteurs de projet validés par le Département des Bouches-du-Rhône.  Vous trouverez ci-dessous une liste des contacts ainsi qu’une cartographie. 

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Contact au département

 Julia RONDON – chargée de mission dédiée à l’habitat inclusif
Courriel

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  • Habitat inclusif dans les Bouches-du-Rhône - Flyer

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  • Synthèse des échanges de la journée départementale de l’habitat inclusif 2025

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  • Présentations réalisées lors de la journée départementale de l’habitat inclusif 2025

En 2026, les travaux de la résidence Saint-Louis seront achevés. Un projet d'habitat inclusif regroupant 10 appartements dont 3 seront occupés par des personnes en situation de handicap, avec un espace commun et un espace petite restauration. La villa Saint-Louis avec son jardin partagé sera donc un lieu de vie ouvert sur le quartier. Nous avons eu la chance de rencontrer un de ses futurs habitants.


Dialogue Camille - Autre personne : Ça va Camille ? Oui. Toi s'est bien passé ? Ouais. Je viens de voir Jérémy au téléphone. Ouais. Et il m'a dit qu'il était d'accord que je montre où je vais habiter. A la villa Saint-Louis ? Oui c'est ça je vais savoir avec toi.

Camille est résident au foyer des Nénuphars. Arrivé il y a une dizaine d'années dans cet établissement d'accueil non médicalisé, il doit dans quelques mois s'installer en colocation dans un appartement.

Camille : Là on va voir où j'habite. Enfin là c'est en travaux. Je disais que terrain est super beau, que j'aimais bien. Tu as franchement une belle vue. Le jour qu'ils m'ont venu me montrer où c'était, je disais à Corine, je repars pas, je reste ici. [rires]. Là, j'ai envie de passer à autre chose, j'ai envie de passer, voir autre chose qu'ici. Avoir des boulots, voir comment ça se passe dans un boulot, dans un vrai travail, des choses comme ça. Je continue à apprendre à être autonome. J'imagine un jour j'ai un appartement tout seul, j'aurais pas d'éducateur pour me dire : "il faut que je fasse tout tout seul". De temps en temps, avec l'indicateur, je me fais un repas tout seul, il est là sans être là. C'est moi qui fais tout tout seul pour que j'apprenne, pour que je fasse mon repas. Imagine que je suis chez moi, que je cuisine tout tout seul. Je continue à travailler mon autonomie pour que j'avance.

Auxiliaire : Camille, à l'heure actuelle, il est capable d'aller tout seul à la gare Saint-Charles. D'où le cheminement progressif de se dire : "tiens mais moi je veux peut-être, si je suis capable de travailler, je pourrais peut-être être capable de vivre, même avec des aides, d'avoir accès à une vie partagée, tout simplement". Et quoi de plus beau pour Camille, qui a quand même une petite trentaine d'années, que de sortir des murs.

Il n'y a pas de hasard si Camille arrive aujourd'hui à une autonomie certaine. L'accompagnement des équipes qui l'entourent est essentiel. Mais plus encore, la volonté du trentenaire farouchement attachée à son indépendance. Ainsi, tous les mardis, il vient ici se frotter au monde du travail.

Camille : Ben, c'est moi-même que j'étais allé voir le patron, parce que c'est mon patron. J'étais allé voir mon patron, j'ai dit : "Est-ce que c'est possible de venir faire un stage, si..." "J'ai demandé s'ils prenaient des malvoyants, ils m'ont dit oui. Enfin, ils m'ont dit non, mais moi, il m'a accepté. Donc, ça, c'est ce qui est bien."

Auxiliaire : Son avenir lui appartient. Donc, l'idée, c'est de mettre en place un maximum de chance avec des partenaires qui vont pouvoir le prendre, l'accompagner au mieux, dans sa singularité. Après, la villa Saint-Louis, c'est pas très, très loin. On a 500 mètres à faire. Donc, on sera jamais loin de lui, si, à un moment donné, il a un coup de mou ou un coup de blues, même si c'est pas la même équipe qui va l'accompagner, on va pas le lâcher.

Camille dialogue avec quelqu'un d'autre : Oui, comme tu disais, Corinne, le terrain autour. J'ai trouvé ça super beau." "Ouais, c'est très bien. C'est très, très bien." "Si, après, on arrive à étoffer ton CV et que tu te fais embaucher dans la partie restauration, ça te rend un cadre de travail qui sera plutôt sympa." "Ouais, ouais. Non, mais franchement, c'est un bon projet. Enfin, moi, la première fois que je suis venu ici, j'ai dit non." "Quand tu m'as... Toi, je lui dis, Corinne, vous partez, moi, je reste ici." "Si t'es heureux, tant mieux. C'est tout ce qui compte." "Non, franchement, le terrain est super beau." "Super." "Ouais, franchement, je kiffe." "T'as bien tant mieux." "C'est pour ça que je dis que c'est pas très vendu fouiller, en fait." "Non, ben non, c'est à côté, hein." "C'est à côté. Tu pourras toujours venir voir tes collègues, après le travail." "Tu pourras les inviter chez toi aussi." "Oui." "Oui." 

Caroline ICARD, Animatrice projet de vie sociale et partagée (AFTC 13) : Le fonctionnement sur la maison des quatre, il est unique par rapport à d'autres projets. Chacun a sa particularité. Euh les locataires qui vivent ici, ils mutualisent partiellement la PCH, donc l'aide humaine. Ça permet une intervention d'auxiliaire pour des besoins qui sont partagés à tous les quatre. Euh donc les courses, s'organiser pour les menus, euh la surveillance la nuit parce qu'ici il y a quelqu'un la nuit, ce qui peut être différent d'ailleurs. Euh et voilà, favoriser les échanges, créer du lien entre eux.

Adrien : La colocation, c'est bien. Ça me plaît de se retrouver ensemble, faire des choses ensemble, faire des sorties puis voilà. Donc moi, je suis bien ici. Ouais.

Valentin : Parce que c'est vrai qu'on assez on s'entraîne beaucoup les uns les autres quand il y a de choses à dire on se les dit. Quand il y a rien à dire on se le dit pas. Voilà.

Céline, auxiliaire de vie : Là, on va faire les courses de la MD4. Mais je suis auxiliaire de vie et en fait ben je les aide à aller faire les courses pour les accompagnements dans les rendez-vous médicaux. On les aide aussi pour faire  la préparation des repas et des petites tâches ménagères quand il y a besoin. Chaque colocataire a une auxiliaire attitrée en fait et le midi et le soir il y a des heures mutualisées. Donc une auxiliaire pour quatre.

Caroline ICARD : Les heures individuelles restantes leur sont libres, ce qui fait que certains vont avoir des activités individuelles avec des auxiliaires de vie. Certains vont des fois partager à deux ou à trois une activité, une sortie et d'autres encore vont parfois ne pas avoir d'auxiliaire, ce qui leur laisse la liberté aussi de pouvoir faire un petit peu ce qu'ils veulent. On dit vivre seul sans être seul. Donc ça ça veut dire qu'il faut qu'il y ait des gens qui veulent vivre seuls tout en étant accompagnés.

Adrien : Bah la maison des quatre c'est une maison, on est c'est une maison partagée et on est quatre dedans et voilà quoi. Après on fait des activités qui nous plaisent que ça soit Valentin, que ça soit Patrick ou Fred Voilà de de se retrouver ensemble, faire des choses ensemble faire des sorties.

Valentin : Moi ici, tu vois, j'ai fait mes premiers spectacles. Caroline celle qui est à l'accueil elle me fait "comment monsieur Rocca vous n'avez jamais fait de concert et de spectacle ? Non, j'ai jamais fait. Elle était abasourdie de ce que je lui disais. Pourtant, c'est vrai, j'avais jamais fait.

[chant] et scènes de vie

Valentin : J'ai gagné en autonomie car je fais beaucoup plus de choses par moi-même et je sais que ça va décharger telle ou telle personne. Moi il y a pas de souci.

Caroline ICARD : C'est qu'en fait le le collectif, il sert l'individuel euh parce que en faisant des choses en collectif, en échangeant, ça donne des idées aux autres. Et inversement, l'individuel sert aussi le collectif parce que quand il y en a un qui a une envie, qui parle d'un truc, moi je veux aller au cinéma, bah il y en a un autre qui entend et qui dit "Ouais mais moi aussi." Et du coup, d'une activité individuelle on on arrive à du collectif. Donc c'est les systèmes de vases communiquants et ça ne s'arrête jamais. C'est-à-dire que ça l'un sert l'autre et inversement.

L'habitat inclusif, c'est des projets qui sont passionnants, qui sont passionnants à vivre pour les colocataires, je pense, qui sont passionnants à vivre pour les équipes, que ce soit celle du SAMSAH, celle des GEM, celle des auxiliaires de vie. Ma mission à moi qui est celle d'animatrice du projet de vie sociale et partagée et et c'est juste dire que c'est trop chouette et que et que c'est passionnant pour tout le monde.

L'habitat inclusif.

Ouvert aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées de plus de 65 ans, l'habitat inclusif est un logement permettant à chacun de " vivre chez soi sans être seul".
Inséré dans la vie du quartier, l'habitat inclusif est doté d'un projet de vie sociale et partagée.
A Marseille, 9 personnes vivent dans un logement social individuel. Ils se retrouvent régulièrement dans un espace commun : la conciergerie.

 

Discussion dans la conciergerie : 
Pour aller faire un petit tour, il y a deux commerces qui se sont ouverts. Alors, un c'est un salon de thé typiquement anglais et l'autre c'est un bar à croissants et cocktails. Wouh ! Ça va bien ensemble.

Interview d'une des locataires :
On est neuf personnes l'habitat inclusif où on fait également des choses, des repas mais aussi on est beaucoup aidé et dès qu'on a besoin de quelque chose que ce soit une aide sur un téléphone, sur si sur des papiers, elles sont là pour nous aider. J'ai longtemps hésité avant de vouloir participer à l'habitat convivial pour une simple et bonne raison que moi je ne suis pas seule dans la vie, j'ai mon mari. Donc je n'avais pas les mêmes attentes que les personnes qui étaient dans l'habitat qui étaient seules pouvaient souffrir de solitude. Et puis je me suis aperçu que dans la charte de l'habitat convivial, il y avait certaines valeurs que j'aimais particulièrement à savoir la convivialité, le respect et la solidarité.

Interview d'une autre locataire :
La convivialité déjà, le soutien mais l'ambiance parce que vivant seule, j'ai besoin, j'ai des enfants qui sont formidables mais ils ont une vie et moi comme je leur dis toujours moi j'ai eu ma part du gâteau, maintenant c'est à vous. Et finalement euh j'ai trouvé ce que ce que je voulais. Ça me plaît de venir, ça me plaît de participer. Enfin, c'est c'est la vie quoi. Je suis dans la vie.

Discussion dans la conciergerie :
Moi, j'aurais aimé avoir un projet de danse de salon. Oui, ça m'intéresse avec Phiby. Oui. C'est possible de se rensigner. Et bien, on prend un rendez-vous Phiby, vous et les personnes intéressées.

Suite du premier interview :
Quelle différence il y a entre avant que je vienne à la conciergerie et maintenant ? Ben écoutez, j'ai pu faire connaissance de personnes que je ne connaissais pas avant. J'ai pu participer à certaines activités que je ne faisais pas avant. On est allé au Mucem, on a assisté à une pièce de théâtre, au théâtre, on est allé chez un agriculteur bio, c'était formidable aussi. Enfin, et là, on a des projets extraordinaires. Toutes les activités qui sont faites ici à l'habitat convivial sont décidées par nous dans la mesure du possible. Évidemment, on n'est pas toujours d'accord, mais on arrive toujours à trouver un compromis.

Au départ, j'étais pas du tout faite pour rentrer dans un groupe comme ça. Je pensais que je n'y avais pas ma place pour ma raison comme j'ai pu en parler ici et là et je me suis aperçue que déjà ça c'était pas vrai. Donc ça déjà ça m'a apporté quelque chose. Ensuite ben ça m'a apporté que j'ai trouvé les valeurs que j'aime particulièrement. On y reviendra toujours. Je veux dire, on se sent quand même vraiment chez nous. Et comme on a à peu près tous le même âge, euh on se comprend parce que on a les mêmes préoccupations et je pense que c'est très important. Moi, vous savez, je sortais pas tous les jours parce que bon, j'avais d'autres occupations et moi il me faut le temps. Et finalement, je ne conçois pas je ne conçois pas ne pas venir même les jours par exemple aujourd'hui, je suis HS hein, ça fait 2 jours que je suis pas bien mais je sors quand même. Ça m'oblige à rester dans la vie et pour moi c'est très important.