Un budget 2026 ambitieux mais rigoureux : Le budget
Interview
Vice-président : Yves MORAINE
12e Vice-Président
Rapporteur général du budget - Finances
Délégué aux Anciens Combattants
Canton(s) : Marseille 12
Quel est le contexte du budget 2026 ?
Après les années chaotiques de 2023 et 2024, les départements ont renoué avec une dynamique des recettes et une certaine maîtrise des charges en 2025.
Malgré des chocs importants (droits de douane américains, géopolitique), l'économie mondiale s’est montrée plutôt résiliante l’an dernier et début 2026. L’économie française a aussi plutôt bien résisté avec une croissance du PIB de 0,9 % et une inflation redevenue plus faible.
Toutefois, les tensions internationales au Moyen-Orient se sont particulièrement aggravées le 28 février dernier avec l’intervention militaire en Iran puis au Liban. Au-delà du coût humain et environnemental généré par ce conflit, cette nouvelle conjoncture pourrait avoir un effet sur les budgets locaux, ne serait-ce que par un renchérissement de certains prix et une hausse des taux des prêts.
Le budget 2026 s’inscrit donc dans un climat international instable et un contexte national toujours incertain pour des départements encore fragiles.
En effet, différents sujets sont une fois de plus susceptibles d’affecter « libertés locales » et « autonomie financière » et devront faire l’objet d’une attention soutenue :
- un budget 2026 de l’Etat qui met à contribution les collectivités à hauteur de 2,7 milliards d’euros ;
- des mesures décidées par l’Etat non compensées (comme celle relative à la hausse des cotisations de retraite des collectivités locales ou de l’allocation RSA, par exemple) ;
- la stagnation, voire la baisse, des dotations ;
- des recettes qui augmentent essentiellement grâce à des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) dynamiques. Mais ce nouveau rythme reste à consolider et pérenniser dans un contexte économique incertain.
Le cadre général de cet exercice 2026 pourrait se résumer ainsi : accompagner concrètement le territoire et sa population dans leur quotidien alors même que des questions essentielles restent en suspens comme la contribution attendue des collectivités au redressement des finances publiques et à la transition énergétique.
Et dans cette conjoncture, quels sont les objectifs du Département ?
Pour la Présidente Martine VASSAL et l’Exécutif, ils sont clairs et stables depuis le 1er mandat :
- soutenir les plus vulnérables ;
- faire face aux besoins concrets des territoires et de la population ;
- maintenir une haute qualité de service ;
- préserver une capacité d’investissement suffisante pour assurer l’avenir.
Sans pour autant perdre de vue le nécessaire retour à une solvabilité voisine de 9 ans à l’échéance 2030 qui passe notamment par la maîtrise des dépenses.
Ainsi, des travaux ont été engagés visant à :
- optimiser les moyens généraux (gestion des emplois, moyens logistiques et informatiques, entretien…) ;
- examiner les différentes politiques publiques et éventuellement proposer des ajustements alliant efficacité et économie ;
- arbitrer régulièrement les projets d’investissement ;
- redéfinir les procédures de captation des fonds externes (Europe, État…).
Ainsi, les crédits dégagés en 2026 permettront de poursuivre l’action en faveur des tous les publics du Département : les enfants, les collégiens, les familles et toutes les personnes accueillies dans nos maisons de la solidarité et nos divers établissements culturels et sociaux.
Pouvez-vous nous en dire davantage sur les dépenses et les recettes du Département ?
En hausse de près de 116,7 M€ (+4,4 %), les recettes de fonctionnement atteignent un peu plus de 2 746 M€. La fiscalité indirecte reste déterminante avec 1 922,4 M€ et porte l’essentiel de la dynamique des ressources. Elle est suivie par les concours et dotations de l’Etat et de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (602,6 M€) et la fiscalité directe (107,1 M€). Vous noterez que le Département n’a quasiment plus d’autonomie fiscale.
Les dépenses de fonctionnement sont estimées à 2 580 M€. La hausse entre 2025 et 2026 s’élève à 3,6 % (+89 M€). Les dépenses de solidarité représentent 63 % du budget et près de +91 M€ de variation. Ainsi, les postes hors solidarité (moyens généraux et politiques publiques) contribuent à la maîtrise des charges en évoluant de 789,6 M€ en 2025 à 782,2 M€ en 2026 (-1 %).
Les dépenses d’investissement (661,7 M€) se répartissent en 165,5 M€ de remboursement de dette et 496,2 M€ d’investissements hors dette.
Celles-ci concernent les collèges (137,3 M€), l’aménagement du territoire (124,6 M€), dont routes et mobilité (114,9 M€) ou encore l’aide aux communes (100 M€). Notons que cette dernière a été réorientée vers la lutte contre le réchauffement climatique : les dispositifs mis en œuvre ciblent aussi bien la végétalisation, la désimperméabilisation des sols que la lutte contre les îlots de chaleur ou la rénovation énergétique des bâtiments.
L’inscription des autorisations de programme est de 294,6 M€ (hors part anticipée lors de la séance d’octobre 2025).
Où en sommes-nous de l’endettement ?
Au BP 2026, l’épargne brute (excédent des recettes sur les dépenses de fonctionnement) s’élève à 166,3 M€, contre 138,7 M€ au BP 2025. Le taux d’épargne, tombé à 4,5 % en 2024 après deux exercices particulièrement contraignants, s’est redressé en 2025, avec 7,50 % et une épargne de plus de 200 M€.
L’épargne brute dégagée en 2026 permet le remboursement du capital de la dette (165,5 M€).
L’emprunt d’équilibre inscrit au BP 2026 est de 421,4 M€ (contre 436 M€ au BP 2025).
Le stock de dette se chiffre à 2 485 M€ fin 2025 (2 230 M€ fin 2024). L’endettement est de 1 176 €/habitant. Ce chiffre est à rapporter au volume d’investissements, de près de 526 M€/an pour la période 2019-2025.
Le taux moyen de la dette est de 2,18 %. Une baisse s’est amorcée (ce taux était de 2,36 % fin 2024), mais les marchés restent volatils et il convient d’être prudent. La répartition taux fixe (46 %) / taux variable (54 %) assure équilibre et souplesse de l’encours.
En fin d’exercice, le stock de dette devrait avoisiner 2,6 milliards d’euros. Si l’encours de dette reste équilibré, diversifié et sans aucun produit risqué, il fait néanmoins l’objet d’un suivi attentif. Ainsi, le déblocage des emprunts est calculé très précisément afin de minimiser les frais financiers, qui ont atteint 48 M€ en 2025.
Il est important de rappeler que la dette est un outil adapté au financement des investissements structurants du Département.
Ces derniers sont la réponse directe et concrète apportée par le Département aux besoins du territoire et de sa population, en matière d’éducation, de mobilité ou encore de développement. Les investissements du Département, qu’il s’agisse de collèges, de transports ou de rénovation des bâtiments, sont des projets de long terme qui bénéficieront aux futures générations. Il est normal que ces dernières soient mises à contribution via la dette. Par ailleurs, les équipements financés avec la dette s’amortissent sur 20, 25, 30 ans. Leur financement doit être pertinent et s’envisager lui aussi à long terme.
Notons par ailleurs que l’Institut de l’Economie pour le climat (I4CE) a chiffré l’effort des collectivités en matière de transition à 11 milliards d’euros supplémentaires par an entre 2024 et 2030. Quelle collectivité y parviendrait sans recours à l’emprunt ? Du reste, le dernier rapport du Haut conseil pour le climat recommande expressément le recours à l’emprunt des collectivités pour financer la transition.
Rappelons à ce sujet qu’en 2024, 36 % des investissements du Département ayant fait l’objet d’une cotation étaient des dépenses vertes, concourant à la transition écologique. 60 % étaient considérés comme neutres pour le changement climatique. Les investissements du Département sont des dépenses vertueuses en termes de transition.
Enfin, n’oublions pas non plus le rôle essentiel que jouent les investissements publics dans le dynamisme du tissu économique et de l’emploi locaux, qu’il s’agisse de grands groupes mais aussi de PME, TPE et artisans. Les projets du Département irriguent l’ensemble du territoire, en profondeur et de façon pérenne. Ce sont des investissements durables, dans toute l’acception du terme.
Recettes 2026
Total : 100% 3 241,7 millions d'euros
- 3.3 % - 107,1 millions d'euros de fiscalité directe
- 59.3 % - 1 922,4 millions d'euros de fiscalité indirecte
- 20 % - 648,9 millions d'euros de dotations de l'état et allocations
- 13 % - 421,4 millions d'euros d'emprunts
- 4.4 % - 141,9 millions d'euros d'autres recettes
Recettes N-1
Total : 100% 3 126,5 millions d'euros
- 3.4 % - 106,1 millions d'euros de fiscalité directe
- 57.8 % - 1 807,1 millions d'euros de fiscalité indirecte
- 20.5 % - 642,4 millions d'euros de dotations de l'état et allocations
- 13.9 % - 436 millions d'euros d'emprunts
- 4.3 % - 134,9 millions d'euros d'autres recettes
Dépenses 2026
Total : 100% 3 241,7 millions d'euros
- 50.2 % - Solidarité : 1 627,5 millions d'euros
- 5.6 % - Vie locale et culture : 180,8 millions d'euros
- 9.9 % - Éducation, construction, environnement et sécurité : 322,3 millions d'euros
- 4.5 % - Aménagements, réseaux, infrastructures et économie : 147 millions d'euros
- 18.9 % - Moyens généraux : 613,3 millions d'euros
- 10.8 % - Autres dépenses : 350,9 millions d'euros
Dépenses N-1
Total : 100% 3 126,5 millions d'euros
- 48 % - Solidarité : 1 507,6 millions d'euros
- 7.3 % - Vie locale et culture : 229 millions d'euros
- 10.2 % - Éducation, construction, environnement et sécurité : 319,2 millions d'euros
- 3.5 % - Aménagements, réseaux, infrastructures et économie : 109,2 millions d'euros
- 19.8 % - Moyens généraux : 619,7 millions d'euros
- 10.9 % - Autres dépenses : 341,7 millions d'euros
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