Auriol, la Sainte-Baume

Jusqu'à Roque Fourcade, toujours plus haut

Des ravins, des grottes, des crêtes, un gouffre et d'autres curiosités, des vues à couper le souffle... Les vallons et les sommets d'Auriol méritent qu'on les explore...

On dit la Sainte-Baume abrupte et mystérieuse elle l'est ! On la conte lointaine, couverte au nord d'une obscure forêt : c'est vrai !

On la croit entièrement au-delà des limites du département, avec pour seul enfant légitime le beau village de Gémenos et son parc de Saint-Pons baigné par un ruisseau nommé Le Fauge : c'est partiellement faux !


De l'autre côté de la montagne, derrière son tombant ouest marqué par les dents de Roque Fourcade, Auriol aux mille surprises jouit aussi des bienfaits d'un autre cours d'eau descendu des hauteurs : l'Huveaune. Et plus que ça encore, car le cours du fleuve (il se déverse en effet dans la mer, sur les plages de Marseille) est alimenté par maints ruisseaux qui eux aussi dévalent de la montagne sacrée.

Alors... Auriol, village lointain ? Pas tout à fait ! Gémenos, alangui sous le Pic de Bertagne, dort sous cette splendide forêt dont les frondaisons chutent sur sa vallée comme de la verte neige. En contrepartie, Auriol propose autant de trésors que de vallons qui les recèlent. Et c'est d'ailleurs par eux que cette fois nous allons gravir pas à pas les contreforts d'une des plus belles élévations de Provence. En érifiant au passage la véracité d'une légende qui fait d'Auriol et Gémenos deux soeurs. En atteste le serpentant col qui les lie. Un col nommé l'Espigoulier et dont pas un cycliste digne de ce nom n'ignore l'existence. Le point de départ ? Il y en a deux, cette fois, qui proposent des temps de balade différents.

Premier point, et donc promenade plus longue à partir du parking des Encanaux. On y parvient, peu après l'embranchement situé au-delà du péage de la bretelle autoroutière d'Auriol dans la direction Saint-Zacharie, en empruntant la route qui mène tant au Plan d'Aups qu'au fameux col de l'Espigoulier.

Le parking est indiqué, à main gauche dans le sens de la montée et en contrebas de la voie.

Première solution : au creux du ravin, un pas vers la préhistoire

Une fois garé, les panneaux sont visibles qui proposent un parcours sportif, une visite du pont des Encanaux, une autre du ravin des Infernets puis vers le Pic de Bertagne et le Plan des Vaches, le but de cette riche escapade. Dans cette configuration, il faudra compter quelque cinq heures aller-retour.

Dans le massif des Barres, sur le territoire de la commune d'Auriol, fut découvert ce que l'on appelle aujourd'hui le « trésor d'Auriol » : un vase antique contenant des monnaies datées de cinq à six siècles avant J-C. émises pour la plupart à Marseille.

Autre hypothèse : certaines proviendraient des pays grecs, parvenues jusqu'à notre côte par le commerce des Massaliotes. Mais revenons en à notre randonnée depuis les Encanaux et au ravin des Infernets qui révèle un autre spectacle intéressant : la grotte néolithique des Infernets, dite “grotte des Charbonniers”.

Profonde d'environ 120 mètres, elle fut découverte en 1895 lors des travaux de la future route reliant Auriol au Plan d'Aups et donc à Gémenos. Des vestiges néolithiques y ont été trouvés (haches, grattoirs etc.) qui attestent d'une occupation humaine préhistorique. La végétation est particulièrement dense sur cette première partie du parcours qui s'en vient déboucher tout contre la route déjà citée, celle vers le Plan et l'Espigoulier direction Gémenos.

Parcours réduit : happé par la forêt et les sommets

Nous voilà maintenant parvenus à la deuxième possibilité, une balade plus courte n'excédant pas les trois heures aller-retour. Tandis que l'intrépide sera parvenu à la route depuis les Encanaux, devra marcher quelques centaines de mètres sur le bas-côté pour enfin bifurquer à main droite en suivant le tracé jaune direction Pic de Bertagne ; le paisible, lui, pourra ranger son véhicule sur un petit parking situé non loin du panneau indiquant la frontière entre les Bouches-du-Rhône et le Var. Là, c'est parti pour les uns et c'est reparti pour les autres. Et l'aventure prend un tour grandiose. La montagne pèse ici de sa majesté sur le paysage. Le val que l'on emprunte est large, éclairé, dominé par de belles élévations : le Baou Rouge (520 mètres d'altitude), sorte de couronne céleste, les Barres de Bassan (717 m) tels de grands orgues de pierre, la superbe tour de Cauvin (839 m) près de laquelle le chemin va nous conduire...

Et puis la forêt nichée dans le creux du val. C'est par une piste que commence l'ascension. Dégagée au départ, la voie se fraie ensuite son tracé sous les frondaisons.

Puis, un étroit sentier, également marqué de jaune, part à main droite à l'assaut du col. En quelques pas, on parvient à une croisée des chemins, aux sources du Gros d'où l'on voit à droite les dents de Roque Fourcade (936 m) qui font face au Pic de Bertagne (1042 m).

D'ici, avec en prime d'affolantes vues en contrebas sur les lacets de l'Espigoulier, peut-on faire un petit crochet à main gauche vers le col de Bertagne où s'érige un monument à la mémoire des Excursionnistes marseillais tombés durant les première et deuxième guerres mondiales. Tandis qu'en face, on descend sur Gémenos et la glacière, alors qu'à main droite se trouve l'itinéraire menant au Plan des Vaches (toujours à droite car de l'autre côté un embranchement propose un tracé vers l'Espigoulier).

Le Plan des Vaches a ceci de particulier qu'il offre au bout de son pan incliné une vue inattendue sur la contrée. Sur sa partie inférieure, il présente un trou béant, un gouffre plongeant dans les entrailles de la montagne. Il ne reste plus qu'à redescendre en savourant à contrechamp les merveilles de ce paysage étonnant...

Comment y aller !

Pour rallier Auriol en venant d'Aubagne, prendre l'autoroute direction Aix/Nice et sortir par la bretelle d'Auriol.

En sens inverse, sortir à La Bouilladisse/La Destrousse.

2 parcours :
- 3 heures aller/retour
- 5 heures aller/retour

Difficulté : 3 (sur une échelle de 1 à 5)