Les curiosités de Meyrargues

Les curiosités de Meyrargues

Histoires du Pas de l”˜Etroit


La petite cité du nord du département a ses charmes cachés. Vestiges romains et collines vallonnées au rythme des eaux des pluies. A découvrir...

Meyrargues, à peine à l'écart de cette voie que l'on appelait la “route des Alpes”. Meyrargues calé au contrefort des collines qui de Sainte- Victoire au val de Durance dégoulinent du ciel jusqu'à l'eau capricieuse et parfois rare. Meyrargues et ses petits secrets qui font de ce village une curiosité méconnue. 

Bien sûr la civilisation s'est installée ici autour d'un château renaissance élevé sur un piton rocheux et devenu aujourd'hui une belle hostellerie quatre étoiles. N'empêche que la vie grouillait ici bien avant la construction de l'imposante bâtisse. En témoigne, aux abords du cimetière, la présence des ruines d'un aqueduc gallo-romain. Il reliait la source de Traconnade, à Jouques, à la cité d'Aix-en-Provence. Aujourd'hui demeurent élevés de rares piliers proposant au curieux la vision de deux arches entières mais décharnées, usées par le temps.

L'espace alentour a été sécurisé et cela se comprend tant l'ensemble, étonnant spectacle élancé vers le ciel en découpe au devant les sauvages collines rocheuses, offre au regard un air gracieux mais d'apparence fragile.

La grâce sous tous les angles

On ne se lasserait pas d'observer les pans du vieil aqueduc sous tous les angles. Là, en contrepoint de la roche. Ici envolés dans un coin de ciel bleu. Sous un autre aspect comme un trait de mémoire tracé dans le paysage d'aujourd'hui.Elégances du spectacle... C'est ça qui nous retiendrait aux abords de cet édifice demeuré heureusement à l'écart de tout ou à peu près qui aurait pu en détruire la douceur. Il y a pourtant au-delà de belles choses. Là, oui,vraiment,tout près, sur la seule voie, le seul chemin qui a le culot de s'enfoncer entre les farouches collines. Il franchit un défilé fait de part et d'autre de grandes parois lisses dessinées par le temps dans la roche calcaire.C'est le Pas de l'Etroit. Le chemin par lequel on y passe respire l'humilité devant tant de majesté naturelle. Goudronné au début, il deviendra vite piste, dès après le franchissement de la barrière protégeant la garrigue des dégâts que peuvent occasionner les véhicules à moteur.

Les caprices des vallons

Voilà donc l'autre monde, intact, comme aux temps heurtés de l'invasion romaine. Une belle petite forêt rafraîchissante avec, pour parfaire son style, une profonde roubine en contrebas de la voie, à main droite.Le chemin serpente et croise des restes de belles cultures en restanques. Les bancaous (petits murets de pierre bâtis en escaliers) embellissent ici la colline. Elle est moins difficile qu'on ne le croit, d'ailleurs. Elle se satisfait même de la présence assidue de l'homme.Un élevage de chiens en atteste.Après lui ? La piste qui file dans les caprices des vallons réserve encore d'autres surprises. A main gauche par exemple, avec cet énorme bloc aux jours passés tombé des falaises.

En équilibre et par-là rempli d'audace, il défie le regard critique, ou plutôt inquiet, du visiteur. Il est alors temps de s'enfoncer plus profond dans le massif, restant à main droite à chaque croisement.La piste en sera flattée au point de dévoiler quelques-uns uns de ses charmes. Tenez, par exemple, quelques petits champs cultivés qui constituent autant “manges” pour aider le gibier à se nourrir par grand mauvais temps, sécheresse surtout.Enfin une fourche propose une élévation à main gauche. Mieux vaut rester sur la droite et s'en aller visiter, d'en bas, la splendeur de ces bois typiques de Provence, le temps d'une balade tout en douceur, en senteurs, en surprises aussi car ici la vie grouille.Les animaux y ont leurs habitudes autant que les humains, notamment le sanglier que les chasseurs de Meyrargues combattent avec le respect que leur ont inculqué les anciens.

Un Vallat dans le village

Après avoir serpenté dans ces bois intimes, voilà l'heure de regagner le village par la voie qui grimpe au château ou par l'avenue de la Pourane.Un village tout simple, à peine surélevé pour ne pas souffrir des torrents descendus droit des vallons et survenant lors des orages. C'est ainsi que le Vallat, un grand ruisseau momentané, un oued, traverse la petite cité.

Il a été aménagé dans sa partie nommée "Fontaine d'Arbaud", avec un théâtre de verdure, des jeux d'enfants et un terrain de boules. C'est ici, explique-t-on, que le poète José d'Arbaud, natif de Meyrargues, s'adonnait à la promenade méditative.

PRATIQUE - Comment Y aller ?

On accède à Meyrargues par la nationale 96 qui relie Aix-en-Provence au Pont Mirabeau enjambant la Durance pour propulser d'un côté vers Manosque et de l'autre vers les Gorges du Verdon. L'autoroute dite “des Alpes” permet également de rallier le village. Il suffit d'emprunter la première sortie avant le péage de Pertuis.