Sacré sommet de Béouveyre

Sacré sommet de Béouveyre

À l'Est extrême de Marseille

Aux portes des Calanques, au fil aérien de Marseille, le sommet en or promet de belles émotions... En route pour une envolée spectaculaire et sportive...

Invisible depuis la Madrague de Montredon, pourtant point de départ de l'aventure, Béouveyre garde jalousement ses secrets.



Carrefour éclaboussant les marches des curieux, des amoureux, partout dans les Calanques, de Callelongue à la Grotte-Rolland et jusqu'aux élongations des crêtes de Marseilleveyre, il cache mystérieusement les sentiers qui le raccordent aux autres beaux sites. Et plus encore...

Sa curieuse élévation directement en front de mer mais légèrement en retrait grâce à ses complices falaises lui donne un air narquois, orgueilleux à l'extrême.

C'est pourtant un bonheur que de faire sa connaissance. Comment ? En moins de trois heures aller-retour. Partons en exploration tout en sachant qu'il ne s'agit pas d'une mince affaire.

L'ascension projette le promeneur à bien plus que 300 mètres d'altitude à franchir intégralement puisqu'elle démarre radicalement du bord de l'eau, au niveau zéro. Elle est truffée de moments splendides constituant autant de ces petites difficultés qui ont fait l'originalité incomparable des hautes collines plongeant sur les flots turbulents, entre Marseille et Cassis.

Noir, rouge et blanc, bleu...

Départ, donc, de la Madrague de Montredon, face à l'arrêt du bus. La vision première donne une idée du spectacle à venir. Marseille d'un côté et là, audessus, cette énorme masse de pierraille blanche et craquelée, si majestueuse que la renommée de son caractère particulier a fait le tour du monde. Il y a là un petit parc.

C'est sur ces hauteurs, à main droite, que l'on va dénicher le début du sentier ascensionnel. Il faut découvrir, par terre, les traces spécifiques du monde des Calanques. Plusieurs sentiers de couleurs différentes. Ici du noir, du blanc et rouge (marque des GR) et du bleu.

C'est précisément le bleu qui guide jusqu'au sommet convoité. Les marques repérées : à l'assaut ! Ça monte dur, sec mais fraîchement, dans la remarquable végétation de cet endroit à part.

Les arbustes enveloppent le sentier, câlinent le promeneur aventurier. Il y a là bruyères, lentisques, cades, drôles de fougères, asparagus opulents, tamaris, chênes kermès et dans les coins dépouillés d'étonnantes cactées. On vient de partir et, déjà, on en prend plein la vue.

Des deux côtés : version falaises qui dominent avec une sacrée morgue, version grande cité qui étale ses charmes au bord de la Méditerranée dans l'entrelacement maternant d'une baie arrondie.

Vitesse vertigineuse...

Il y a bien un carrefour sur ce parcours puisque les traces de couleurs différentes indiquent plusieurs sentiers. Le voilà, à l'endroit où les arbres se font plus rares. Il propose à main droite d'éviter les difficultés du sommet en filant vers Callelongue par un itinéraire qui ne manque pas de charme. Il est tout en balcons, en points de vue au-dessus de la route qui relie Marseille aux Goudes. Reste que le sommet nous préoccupe pour l'heure.

On repart vers lui opiniâtrement car le parcours se complique. Il se cabre, s'enferre dans la pierraille. Bref, il grimpe dur mais joliment dans un trop plein de roches

élancées, complices d'une altitude exceptionnelle si près de la mer. Et voilà que surgit une belle dalle en pente à éviter par temps de pluie bien que les Excursionnistes Marseillais (c'est là une des marques de leur générosité) aient voulu faciliter l'évasion du promeneur non aguerri en creusant sinon des marches au moins de repères pour bien caler son pied. Au-delà, on bascule dans un autre monde. Eboulis, tours calcaires, à-pics, bords de falaises...

Toute la vitesse vertigineuse, étourdissante, d'un pays minéral totalement à part. On sent le sommet proche, mais il faut encore donner de l'effort pour y parvenir...

Un sommet nu et cru sauf quelques câpriers....

Là, pendant cette rude montée, puis sur cette petite corniche d'où l'on bascule soudain dans un grand cirque rocheux sous de drôles crêtes. Il y a deux pans de petite escalade à dominer avant de pouvoir tourner les yeux alentour afin d'admirer le contraste.

D'un côté la ville exposée comme jamais, de l'autre un univers grimacé de pierres fripées, vieillies dans la violence des éléments avec, du coup, de ces changements qui donnent à la nature sauvage un charme fou.

Enfin le sommet, nu et cru sauf quelques câpriers remarquables. Et sa vue circulaire : là vers les îles, Callelongue, les Goudes, ici droit dans le large et ailleurs, étonnant, au-dessus d'une Marseille accrochée, encore, aux collines du nord. Après ? Il va falloir redescendre....



PRATIQUE - Comment Y aller ?

Pour se rendre à la Madrague de Montredon, aller au bout de la Corniche, au sud de Marseille, traverser le quartier de la Pointe-Rouge et se diriger vers les Goudes.