Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Jean-Claude Golvin : " Je mets l'art au service de la science "
Culture

Jean-Claude Golvin : " Je mets l'art au service de la science "

Du 30/05/2020 au 27/09/2020

Architecte, archéologue et ancien chercheur au CNRS, Jean-Claude Golvin est le plus grand spécialiste mondial de la restitution par l’image des grands sites de l’Antiquité. Plus de 40 de ses dessins de l'Egypte ancienne sont actuellement exposés à l'espace culturel départemental 21, bis Mirabeau à Aix-en-Provence. Rencontre.

Quelle est la genèse de l'exposition présentée au 21, bis Mirabeau ?

J.-C. Golvin : En 2011, j'ai fait don de plus de 1 000 dessins originaux au Musée départemental Arles Antique (MDAA). Les 40 restitutions architecturales présentées aujourd'hui au 21, bis Mirabeau sont issus de ce fonds. C'est Alain Charron, conservateur en chef du MDAA et commissaire de l'exposition, qui a fait une sélection de mes travaux sur l'Egypte ancienne.

 

Comment réalise-t-on une restitution architecturale ?

La restitution architecturale, c'est une démarche. Il s'agit de reconstruire méthodiquement, à l’appui de documents scientifiques, une image des monuments anciens aussi proche que possible de la réalité. Pour cela, il faut avoir une connaissance de l'époque et du sujet. Et il faut récolter un maximum d'indices : les vestiges, les fragments qu'il nous reste bien sûr, mais aussi éplucher les textes, les dessins, tous les témoignages que l'on peut trouver sur un bâtiment, une ville, une tombe. Ce travail de recherche est nécessaire et garantit la fiabilité scientifique de mes travaux. Cette récolte d'informations se fait en étroite collaboration avec de nombreux chercheurs. Il y a ensuite tout un travail d'interprétation pour compléter ce que l'on sait d'un site. Une fois la restitution achevée, on peut alors contempler un site dans son ensemble, comprendre son histoire et son fonctionnement.

 

D'où vient cette envie de retranscrire en dessin des cités antiques ?

J'ai toujours aimé l'histoire et le dessin. Enfant, quand je visitais des sites archéologiques, je ne me satisfaisais pas de voir des ruines. Je voulais retrouver l'image d'origine, retrouver la splendeur que je devinais derrière ce chaos de pierres.

 

Quel parcours vous a mené à devenir le plus grand spécialiste mondial de la restitution architecturale ?

L'aventure a commencé à Marseille où j'ai fait des études d'architecture. Une discipline qui comprend certes un aspect artistique mais qui est avant tout extrêmement rigoureuse. Après cette formation, j'ai fait mon service national dans la coopération. Je suis parti en Tunisie, où j'ai collaboré au projet de mise en valeur du grand amphithéâtre d’El-Jem. Cette expérience m'a conduit à obtenir un doctorat en histoire. Pendant 12 ans, j'ai été directeur du Centre franco-égyptien d’étude et de restauration des Temples de Karnak à Louxor. C'est à ce moment-là, en 1989, que j'ai réalisé ma première aquarelle de restitution. Mon parcours d'architecte et d'historien m'a permis d'avoir la rigueur scientifique indispensable à la restitution architecturale. Mon goût pour le dessin a fait le reste.

 

Pourquoi le choix de l'aquarelle à l'heure du numérique ?

J'ai commencé à travailler mes aquarelles avant l'apparition du numérique. Je ne suis pas du tout contre le numérique, au contraire je trouve que c'est un apport formidable. Mais je n'ai aucune compétence en numérique, alors je fais autre chose. Mes aquarelles et le numérique sont complémentaires. Se promener dans le Paris médiéval, là ça vaut le coup de monter un projet numérique. Mais ça engage des sommes colossales. L'aquarelle, c'est rapide et pas cher ! Vous êtes indépendant. C'est souple, c'est subtil… Le dessin vous rend libre. Et puis c'est comme ça : un dessin sera toujours plus fort qu'une image électronique !

 

Quelle est la part de l'art et celle de la science dans votre travail ?

L'aspect scientifique de la restitution est nécessaire. Le côté artistique est un plus. Je mets l'art au service de la science et c'est un tout cohérent. Avec la part de l'art, je veux pouvoir toucher, émouvoir, intéresser le public. Mes dessins invitent le grand public - et notamment les jeunes et les professeurs - à découvrir le fabuleux patrimoine monumental de l'Antiquité.

 

Propos recueillis par J.K.

 

 

Découvrez tous les ateliers pour adultes et enfants en lien avec l'exposition ↴ 

 

 

 

Infos pratiques

Organisateur

« Un dessein, des dessins. L'Egypte de Jean-Claude Golvin »

Du 30 mai au 27 septembre 2020

Entrée libre et gratuite
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h30 à 18h30
Sur rendez-vous au 04.13.31.68.13

Lieu

​​​​​​​21, bis Mirabeau 13 100 Aix-en-Provence

Commissaire de l’exposition : Alain Charron (Musée départemental Arles Antique)

Site web

https://jeanclaudegolvin.com/biographie/