Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

César au Musée national de Genève, une évidence esthétique et culturelle
International

César au Musée national de Genève, une évidence esthétique et culturelle

01.02.2019

Le Musée national d’Art et d’histoire de Genève accueille à partir du 8 février l’exposition « César et le Rhône », prêtée par le Musée départemental Arles antique. Un événement exceptionnel que nous commente Claude Sintès, son directeur.

Arles prête à Genève ! Comment s’organise ce type de partenariat entre musées ?

Ce partenariat entre le Musée départemental Arles antique et le Musée national de l’Art et de l’histoire de Genève est actif depuis longtemps, entre les équipes scientifiques, les restaurateurs et la communauté intellectuelle. Nous travaillons ensemble toute l’année. C’est donc naturellement que nous prolongeons notre travail commun par cette manifestation.

Arles et Genève ont plusieurs points communs. Et notamment César !

C’est le premier qui a parlé de Genève, Geneva à l’époque, dans son livre « La guerre des Gaules ». Il y signalait un pont stratégique qu’il va prendre, faisant de la modeste Genève, sans doute quelques cabanes et quelques familles, un lieu important pour ses troupes. Proconsul de la gaule transalpine, il s’y rend en 58 av. J.-C. pour mettre un terme à l’émigration helvète. Quelques années plus tard, César fonde la colonie d’Arles.

Les deux cités sont également liées sur le plan géographique.

Exactement ! Le Rhône naît à la sortie du lac de Genève et entre en mer après Arles. Dans l’Antiquité, Arles était considérée comme une ville de premier plan en étant le siège de plusieurs administrations au moment où Genève n’était qu’un village. Aujourd’hui, Genève abrite des ambassades et des sièges de grandes entreprises, quand Arles est une sous-préfecture, certes dynamique, mais plus modeste. Ces destins croisés sont intéressants. Deux villes stratégiquement implantées : César l’avait compris le premier !

L’exposition, « César et le Rhône, chefs d’œuvres antiques d’Arles », débute le 8 février pour s’achever le 26 mai. Des pièces exceptionnelles vont-elles y être présentées ?

Le MDAA a accordé à ce grand musée non seulement le prêt exceptionnel de nombreux objets phares, comme le buste de César bien sûr, mais aussi des pièces inédites, issues de découvertes récentes, présentées pour la première fois à Genève. Au total, 325 vont être présentées au musée d’Art et d’histoire. Le buste de César sort d’Arles pour la deuxième fois : la première fois, c’était pour être présenté au Louvre. Là, il fera sa première sortie hors du territoire !

Le partenariat avec le musée du Louvre se poursuit-il ?

Notre partenariat signé fonctionne très bien ! Nous avons des échanges réguliers et nous procédons à des prêts exceptionnels et ponctuels. En plus, le Musée du Louvre prête généreusement à Genève la Vénus d’Arles, qui sort très rarement de ses murs.

A qui s’adresse cette nouvelle exposition en Suisse ?

Elle est orchestrée et pensée de telle manière qu’elle soit ouverte à tout le monde. Le Musée national de l’Art et de l’histoire de Genève bénéficie d’une très belle fréquentation internationale. La scénographie présentée est intéressante et moderne. C’est une véritable immersion au cœur de la colonie fondée par César en 46 av. J.-C.

Ch.F.-K.

César et le Rhône. Chefs d’œuvre antiques d’Arles : Musée d’art et d’histoire, Genève. 8 février – 26 mai 2019.

 

 

De grandes expositions qui attirent le monde entier

 

Claude Sintès emmène à Genève sa dernière exposition en tant que directeur du Musée départemental Arles antique, avant de poursuivre son chemin et de prendre sa retraite. Si le Musée est départemental depuis 1998, il est né en 1983 de la volonté de Jean-Maurice Rouquette, décédé récemment. Archéologue de profession, Claude Sintès a animé, organisé, accompagné pas moins de 25 expositions. « Parmi les plus marquantes, se souvient-il, « Rodin et l’antique » bien sûr. Quelle émotion de recevoir des œuvres aussi importantes que « Le penseur » ou « L’homme qui marche ». Ce n’est pas rien dans une carrière ! » Il cite également l’exposition « César, le Rhône pour mémoire », en 2010 : plus de 400 000 visiteurs se pressèrent pour découvrir le buste du général romain. « Du jamais vu dans un musée de province ! » Des expositions plus modestes, comme celle sur la Camargue, ont également connu le succès et fait venir au MDDA des personnes qui ne fréquentent habituellement pas les lieux culturels. « En étant aux côtés des projets du MDAA, estime Martine Vassal, Présidente du Conseil départemental, depuis le début de son action en avril 2015, nous affichons clairement notre ambition pour une Provence fière de son patrimoine et de son histoire. »

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