Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Les forestiers-sapeurs du Département en mission d’urgence dans les Alpes-Maritimes meurtries
Environnement

Les forestiers-sapeurs du Département en mission d’urgence dans les Alpes-Maritimes meurtries

15/10/2020

Quinze jours après le passage de la tempête Alex, les Alpes-Maritimes se remettent à peine du choc des intempéries. Pour effacer les stigmates de la catastrophe, les forestiers-sapeurs des Bouches-du-Rhône sont venus en aide aux secours déjà en place. Après plus d’une semaine de travail, ils poursuivront leur difficile mission jusqu’à la fin du mois.

Ce n’est plus une plage mais un amoncellement de bois enchevêtrés, de débris épars et de détritus divers. La plage de Saint-Laurent-du-Var n’a aujourd’hui de plage que le nom. On ne marche plus sur du sable mais sur une banquise de bois flottants, descendus des vallées environnantes et notamment de la Vésubie. Ce ne sont pas quelques branches mais des arbres entiers, presque des forêts, qui ont été charriés par le Var et sont venus s’échouer à son embouchure, entre l’aéroport et la digue du large.


Depuis une semaine, plus de trente forestiers-sapeurs des Bouches-du-Rhône sont venus prêter main-forte à leurs homologues des Alpes-Maritimes. Leur mission qui durera quinze jours est de libérer la plage, en dégageant les milliers de troncs, branches et autres blocs compacts. Dans le vacarme des tronçonneuses et des tractopelles que les forestiers-sapeurs ont apportés dans leurs bagages, on entend aussi les bénévoles venus aider à l’effort solidaire. « Nous sommes une équipe qui s’est montée par solidarité, pour aider à restaurer la plage. C’est un mélange de tristesse et de stupéfaction mais aussi de partage », argue Mathilde, volontaire de la première heure.
 

Plus loin, Christopher, forestier-sapeur à l’unité de Châteauneuf-les-Martigues en finit avec 6 jours de travail. « On est là pour aider gens car ils en ont besoin. En sept ans, c’est la première fois que je vois une telle catastrophe. On se sent utile et les gens nous le rendent beaucoup. Aujourd’hui, on est fatigué mais s’il avait fallu continuer, on l’aurait fait ». Il va pourtant céder sa place à la relève qui vient d’arriver sur place et qui continue la mission entamée il y a une semaine.
 

En regardant les lieux, on se dit qu’il y en a pour des mois. Et pourtant, le travail accompli en quelques jours est considérable. Des tonnes de bois sorties de l’eau, coupées, amassées, évacuées et envoyées dans les différentes unités de recyclage environnantes. Un travail de fourmi qui pourrait en décourager plus d’un. Mais sur la plage de Saint-Laurent-du-Var, c’est un ballet bien orchestré qui se joue du temps et des aléas météorologiques, dont les forestiers-sapeurs et les bénévoles sont les principaux acteurs. Hier, ils ne se connaissaient pas, aujourd’hui, ils œuvrent ensemble. En début d’après-midi, les premières unités arrivées le samedi 10 octobre montent dans le bus rejoindre leurs familles, le dos souvent éreinté. Avant de partir, Nicolas, forestier-sapeur à Saint-Rémy-de-Provence, regarde une dernière fois le chantier. « Ici, on se sent tout petit face à la nature. On n’imagine même pas ce qu’elle peut transporter. Heureusement, on n’a trouvé aucune mauvaise surprise. C’est ce que l’on redoutait ».
Sur la plage, ses collègues sont déjà à pied d’œuvre. Pour eux, le travail ne fait que commencer.

 

 

Les forestiers-sapeurs des Bouches-du-Rhône, c’est quoi ?

Ils sont près de 150 forestiers-sapeurs à quadriller l’ensemble du territoire départemental. Répartis en 6 unités, ils ont pour mission de protéger les forêts contre les incendies grâce à un travail de surveillance et d’intervention pendant la période estivale, mais aussi d’entretien et de débroussaillement des 1 800 kilomètres de pistes DFCI des massifs. Ils disposent de 35 engins de débroussaillement. Dans le cadre de la tempête Alex, ils interviennent en mission de secours aux collectivités, pour commencer à réparer les dégâts.