Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

« Ni l’alcool ni le tabac ni les drogues ne résolvent nos problèmes ».
Sécurité

« Ni l’alcool ni le tabac ni les drogues ne résolvent nos problèmes ».

20/11/2018

Pour la 15ème année, le dispositif « Nuit zéro accident » a lieu samedi 24 novembre. Une initiative soutenue par le Département. Objectif : prévenir et réduire les risques sur la route. Rencontre avec Pierre Cano, formateur à l’Anppa et spécialiste des conduites addictives.

Alcool, tabac, cannabis, médicaments : les Français sont-ils de gros consommateurs de produits psychotropes, légaux ou pas ?

La France fait partie des pays les plus pessimistes au monde et de fait, parmi les plus gros consommateurs d’alcool ou de psychotropes. Nombreux Français disent ressentir de l’angoisse. Alors, on camoufle ce mal-être. Nous avons en France un gros problème d’éducation : comment ai-je appris à gérer mes problèmes ? Ni l’alcool, ni les drogues, et encore moins le psychotropes n’aident à résoudre ses problèmes.

Votre association travaille sur toutes les addictions. Comment avez-vous vu évoluer la situation ?

L’Anpaa (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) a été créée par Louis Pasteur en 1872. Autant dire que sa mission de santé publique ne date pas d’hier ! Si l’on prend le domaine de l’alcool, ça a quand même bien évolué, bien que de nouveaux comportements soient arrivés, notamment chez les jeunes avec le « binge drinking », la cuite expresse. Pour le tabac, on compte moins de fumeurs qu’avant, environ 30% de la population et 50% chez les jeunes, mais 70 000 personnes meurent en France du tabac. En clair, 50% des usagers de tabac vont mourir prématurément.

Comment transformer les messages en réussite ?

Il y a trois leviers pour ça et l’Australie est un modèle à copier sur sa façon d’avoir géré la question du tabac. Les pouvoirs publics ont augmenté les tarifs de façon volontariste. Un paquet de cigarettes, c’est environ 21$ (entre 18 et 20€). Ils ont dans le même temps mis en place beaucoup de prévention éducative avec un programme dans les établissements scolaires sur plusieurs années, en associant les parents. Enfin ils ont développé des aides au sevrage et à la prise en charge par des médecins formés à cela. Résultat : il y a trois fois moins de fumeurs !

Avec l’opération « Nuit zéro accident », vous mettez deux fois par an l’accent sur la sécurité routière. Comment parle-t-on de la prise de risques sur la route, notamment aux plus jeunes ?

Nous rencontrons et échangeons avec les 18/25 ans, notamment sur les campus des universités et des grandes écoles. Des boîtes dans le département sont partenaires. Des jeunes en Service civique briefent les jeunes en entrée de boîtes de nuit. Ils expliquent Sam, « Celui qui conduit ne boit ni ne consomme de la drogue. » Nous arrivons à susciter de vraies prises de conscience. C’est en revanche plus difficile de toucher les quadras.

La prise de risques est un comportement naturel chez les plus jeunes. Un conseil aux parents ?

C’est vrai, la prise de risques fait partie de la construction psychique. La meilleure solution, c’est toujours garder le contact avec son jeune. Parler, expliquer, prévenir, parfois sanctionner. Mais parler toujours !

 

 C. F.-K.


Sam, celui qui vous ramène sauf à la maison

Le Département des Bouches-du-Rhône est partenaire, avec la Préfecture de police et des associations de prévention routière, de la « Nuit zéro accident », un dispositif unique en France. Plus d’une centaine de bénévoles et des volontaires du Service civique seront présents samedi 24 novembre pour délivrer des messages de prévention, notamment auprès des plus jeunes, sur les dangers de l’alcool et de la drogue au volant. Sam, ou Samette, c’est celui ou celle qui prend le volant et donc ne boit ni ne consomme de drogue.

 

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