Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Une station expérimentale teste et améliore l’arboriculture locale
Agriculture

Une station expérimentale teste et améliore l’arboriculture locale

13/03/2019

A Mallemort, la station de la Pugère travaille à l’amélioration des techniques de conduite de vergers et expérimente diverses variétés de fruits. Eric Delareux, le chef d’exploitation, en détaille les pratiques. Entretien.

A quoi sert une station expérimentale telle que celle de La Pugère ?

La station d’expérimentation de La Pugère, située à Mallemort, a été inaugurée en 1988 pour accompagner les filières des pommes, des poires et des prunes. Et apporter aux producteurs des solutions techniques aux différentes problématiques qui se présentent à eux. On y teste donc diverses pratiques, de nouvelles techniques, des alternatives bio, dans un esprit éco-responsable.

Avec qui travaillez-vous ?

Tous les producteurs des filières avec lesquelles nous faisons des essais. Mais aussi les réseaux de techniciens, le Cefa (Comité d’expérimentation des fruits des Alpes), qui est notre relais en zone alpine afin d’intégrer les particularismes de cette zone géographique. Nous travaillons bien évidemment avec des lycées agricoles, et nombre de partenaires publics.

Qui vous sollicite ?

Les professionnels, agriculteurs et producteurs nous sollicitent pour répondre à leurs problématiques. Et notamment aux contraintes sociétales. Nous exportons également notre savoir-faire à l’étranger, comme au Maroc ou en Espagne.

Quelles sont les risques principaux pour nos cultures provençales ?

Pendant les Trente Glorieuses, ce qui était recherché, c’était la performance et la rentabilité. Il fallait nourrir la planète ! Aujourd’hui, tout change. La météo évolue, la pollution aussi, mais les maladies ont toujours un caractère régional. Comparé aux régions Sud-Ouest et Val de Loire, le mistral affaiblit le risque lié aux maladies cryptogamiques, tandis que la chaleur augmente les risques d’invasion des insectes.

Comment concilier la double contrainte, environnementale et économique ?

C’est effectivement toute la difficulté. Car les producteurs ont besoin de vendre leurs produits ! Nous effectuons donc des expérimentations sur la qualité agronomique, sur la recherche des variétés résistantes et/ou tolérantes ; nous étudions le comportement de nouveaux porte-greffes. Nous réalisons des études technico-économiques de différents systèmes de vergers. Nous étudions la performance des systèmes d’irrigation, notamment en goutte à goutte.

Donnez-nous quelques exemples d’expérimentation.

Comment protéger la poire du Psylles ? Nous testons depuis 15 ans la pose d’argile sur les arbres : l’argile fait office de barrière physique et empêche les papillons de pondre. C’est une technique naturelle qui permet de lutter contre les ravageurs.

Autre exemple, la pose de bâche au sol pour ne plus avoir à désherber chimiquement. Ou encore des filets qui en saison sont fermés sur les vergers et interdisent aux papillons de pondre leurs larves dans les fruits, sans pour autant bloquer les abeilles et la pollinisation.

Depuis le Grenelle de l’environnement, qu’est-ce qui a changé pour les producteurs ?

Tout le monde s’est mis en condition pour répondre favorablement aux contraintes du Grenelle de l’environnement, qui, en 2007, a imposé de nouvelles normes, notamment pour l’agriculture. Nous avons donc testé sur des parcelles les mesures du Grenelle, et parfois nous avons montré qu’économiquement, le verger n’est pas toujours rentable. Nous sommes des cobayes, nous essuyons les plâtres et préparons en quelque sorte le terrain pour l’agriculteur. Nous accompagnons la transition environnementale tout en préservant les producteurs.

Comment parvenir à concilier les attentes des consommateurs parfois contradictoires : manger bio et sain et payer moins cher ?

Un paysan aime la nature, la terre. Il respecte les saisons. A la Pugère, pas plus qu’ailleurs nous ne sommes pas en mesure de contrôler ce qui va tomber du ciel. En revanche, nous expérimentons chaque jour la maîtrise du risque. Nous disons donc aux consommateurs : mangez sain, mangez de saison et tant pis si les fruits ne sont pas parfaits. Ce qui importe, c’est la façon dont ils ont poussé !

Ch. F.-K.

 

Le Département auprès de l’agriculture de Provence La station d’expérimentation de la Pugère est installée sur un terrain qui appartient au Département des Bouches-du-Rhône, avec un bail emphytéotique qui court sur 99 ans. Le Département est le vecteur d’une politique volontariste à l’encontre de l’agriculture : pilotage d’Agrilocal 13, participation à l’élaboration du Projet alimentaire territorial, soutien aux circuits courts, organisation du Salon des agricultures de Provence en juin, etc. Martine Vassal, Présidente du Département, le répète toujours lors de ses déplacements sur le terrain : « L’agriculture est un secteur clé de l’économie et un vecteur important d’aménagement du territoire et de protection de l’environnement. » Des mots mais surtout des actes : chaque année, le Département engage 10 millions d’euros chaque année dans le soutien à l’agriculture de Provence.

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