Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Sécurité : le Département sur tous les fronts

Si le Département aide les communes à s’équiper en système de vidéoprotection, il les accompagne également dans toutes les dimensions de la sécurité destinées à faciliter les missions des forces de l’ordre.

L'ANALYSE

Souvent au centre des débats sur la sécurité, la vidéoprotection n’en reste pas moins un outil essentiel d’aide à la prévention et à la sécurisation de l’espace public. Pour être efficace, elle doit s’inscrire dans une politique globale de renforcement des effectifs des forces de l’ordre et de modernisation des équipements.

UNE PALETTE D'OUTILS POUR SÉCURISER L'ESPACE PUBLIC

C’est en ce sens que le Département a conçu son dispositif d’aides aux communes pour la sécurité publique. Au-delà d’un soutien financier aux communes (à hauteur de 20 % à 80 % de l’investissement nécessaire) pour l’installation de systèmes de vidéoprotection sur leur territoire, ce dispositif s’accompagne également de toute une palette d’aides pour financer les équipements nécessaires à l’intervention de la police municipale (véhicules, gilets pareballe, armes…) mais surtout pour installer des Centres de supervision urbains chargés de visionner, 7j/7 et 24h/24 les images de vidéoprotection.

DE LA PRÉVENTION À LA RÉSOLUTION D'ENQUÊTES

Car l’intérêt de la vidéoprotection est triple. D’une part, elle évite dans certaines situations le passage à l’acte des délinquants. C’est particulièrement le cas dans les vols à l’arraché et dans les milieux clos tels que les parkings où la vidéoprotection affiche de bons résultats (lire témoignage ci-contre). D’autre part, elle permet l’interpellation en flagrant délit grâce à l’intervention sur site. Enfin, elle permet à posteriori d’identifier les auteurs d’une infraction et de constituer un appui opérationnel aux services d’enquête de la Police et de la Gendarmerie pour la résolution d’affaires.

LE TÉMOIGNAGE

Robin, 15 ans “J’ai identifié mes agresseurs une heure après”

Robin est lycéen dans un établissement du centre-ville de Marseille. Il y a un mois, un groupe de trois garçons l’a agressé, au couteau, pour lui dérober son sac et sa tablette. L’aide d’une caméra, qui a filmé la fuite des suspects, a été déterminante pour les identifier et les interpeller, une semaine plus tard.

“C’était incroyable de les voir et de les reconnaître aussi clairement sur l’enregistrement que la police m’a montré juste après l’agression. J’ai pu les identifier une heure après ! J’étais encore un peu sous le choc, mais j’ai tout de suite reconnu les visages, les tenues. Ils étaient même en train de fouiller mon sac alors qu’ils étaient filmés ! Je pensais que ce genre de personnes évitaient les lieux sous vidéoprotection. Ceux-là ne savaient pas qu’ils étaient sous les yeux de la police, c’est évident. Une semaine après les faits, j’ai été convoqué au commissariat de police de Noailles, les suspects avaient été arrêtés. C’était eux, sans hésitation. Je n’ai pas retrouvé ma tablette, mais la police a pu faire son travail, c’est rassurant.”

62 millions d'euros

Via l’aide aux communes, le Département est le principal partenaire des polices municipales.

Plus de 62 millions d’euros ont ainsi été dédiés à la sécurité des communes des Bouches-du-Rhône dont 26,4 millions d’euros pour l’achat de matériel, 19,4 millions d’euros pour la vidéoprotection et 16,8 millions d’euros pour l’équipement.

L'EXEMPLE

Aubagne : un recul de 35 % de la délinquance de proximité

Dans le cadre du partenariat entre la Ville d’Aubagne et le Département, de nombreux moyens de sécurité ont été mis en place. Ces efforts conjoints ont permis un recul significatif de 35 % de la délinquance de proximité. Un chiffre éloquent qui atteste de l’efficacité des dispositifs déployés. 114 CAMÉRAS INSTALLÉES Le système le plus visible et pertinent est l’installation à ce jour de 114 caméras de surveillance dans le cadre du déploiement de la vidéoprotection. Situées à des endroits sensibles et stratégiques comme les abords des collèges ou des établissements publics, ces caméras qui filment à 360° bénéficient aussi et surtout d’un poste de commandement de supervision urbaine, véritable coeur névralgique de la surveillance aubagnaise. Piloté par des opérateurs spécialisés, il fonctionne 24h/24 et 7j/7, et permet une intervention directe en cas d’agression ou un enregistrement pour les futures enquêtes.

Un véhicule électrique sillonnant les rues de la ville a été acquis par la police municipale, venant compléter un parc déjà bien fourni en équipements de sécurité. Tous ces dispositifs permettent ainsi d’endiguer la délinquance et d’agir pour la sécurité des Aubagnais.

LE CENTRE DE SUPERVISION URBAIN, COEUR DE LA VIDÉOPROTECTION

À Arles, à Vitrolles, à Rognac ou encore à Saint- Martin-de-Crau, le Département finance, dans le cadre de l’aide aux communes, l’installation, l’extension et la modernisation des Centres de Supervision Urbains (CSU).

Pilier du système de vidéoprotection, le CSU est équipé d’écrans qui affichent en temps réel les images filmées par les caméras positionnées sur l’espace public. Dans les communes, ils sont gérés par la police municipale.

Des agents spécifiquement formés visionnent 24h/24 les images pour être en mesure de réagir rapidement, de relayer les informations aux équipes présentes sur le terrain et d’identifier les auteurs des infractions.

AU PLUS PRÈS DES BESOINS DES FORCES DE L'ORDRE

Le Département a fait le choix d’investir pour la protection des Provençaux, particulièrement dans les équipements pour la sécurité de proximité, comme les casernes de gendarmerie.

La sécurité publique n’est pas une compétence directe de l’institution, et pourtant, le Département est un soutien majeur des acteurs de terrain. Études techniques pour des bâtiments, acquisition de véhicules et matériels (gilets pare-balles, armes, équipements anti intrusion, etc.), travaux de génie civil, le financement du Département peut aller jusqu’à 60 % du coût du projet. À l’instar de l’Hôtel de police municipale d’Arles en cours de création (lire page 28) pour lequel un financement de près d’un million d’euros a été engagé.

DE NOUVELLES CASERNES POUR LA GENDARMERIE

À cet effort s’ajoute l’investissement du Département de plus de 36 millions d’euros pour la construction de casernes de gendarmeries départementales. Dans le cadre d’une convention inédite passée entre le Département et le Groupement de gendarmerie départementale des Bouchesdu- Rhône, un programme de construction, de rénovation et d’extension des casernes a été engagé.

Ainsi, deux nouvelles casernes verront le jour d’ici 2024 : celle de Roquevaire dont les travaux sont en cours et qui doit ouvrir ses portes début 2022 et celle de la Roque d’Anthéron en phase d’étude et dont la livraison sera effective en 2024.

En 2025, deux projets de nouvelles casernes seront aboutis à Saint-Martin-de-Crau et à Trets.

 

 Pour la première fois en France, une expérimentation de surveillance des cellules de garde à vue va être lancée aux gendarmeries de Carry-le-Rouet et Rognac. Il s’agira de relier directement les caméras des cellules au centre d’opération et de renseignement de la gendarmerie. Ce dispositif allègera le travail des gendarmes en poste pendant la nuit.

 

UN BATEAU ULTRA-RAPIDE POUR LE RAID

L’unité d’intervention de la police nationale, le Raid, est présente dans des missions périlleuses et d’extrême urgence sur tout le territoire. Pour aider ces gardiens de la sécurité intérieure, le Département a subventionné à hauteur de 212 000 euros un bateau à propulsion rapide. L’objectif est de se rendre en quelques minutes sur les lieux d’opération par la voie maritime et de neutraliser au plus vite les éventuels agresseurs. Ce corps d’élite agit essentiellement dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme.

SUR LE TERRAIN CONTRE LA DÉLINQUANCE ET LA RADICALISATION

En se dotant d’une direction dédiée à la prévention de la délinquance et de la radicalisation, le Département innove pour mieux lutter contre l’insécurité.

Depuis un an, c’est un travail de fonds qui a été engagée par cette nouvelle cellule en étroite collaboration avec les associations spécialisées, les Conseils locaux de sécurité (implantés dans les villes de plus de 10 000 habitants) et les forces de l’ordre. Objectif : anticiper et résoudre les problèmes de sécurité avant qu’ils ne surviennent.

Chef de file de l’action sociale, le Département agit en premier lieu auprès des plus fragiles et dispose d’une expertise pour prévenir le décrochage de certains publics vulnérables.

Partenaire naturel de l’Addap 13*, de la Maison de l’apprenti, du club loisirs jeunesse de la police nationale ou des classes passerelles, le Département travaille avec nombre de ces structures spécialisées sur l’ensemble du territoire.

LA MÉDIATION SOCIALE, UN DISPOSITIF MAJEUR

Apaiser les tensions entre collégiens, riverains, parents d’élèves et usagers, c’est l’objectif principal du dispositif de médiation sociale mis en place pour prévenir et endiguer la violence. Notamment dans les sites du Département recevant du public, comme les Maisons départementales de la solidarité où des agents de sécurité veillent à gérer les éventuelles tensions. Mais aussi aux abords des collèges où des médiateurs assurent la vigilance et font le lien entre la rue et l’établissement. Un rôle majeur au quotidien à l’entrée et à la sortie des cours, assuré par 90 médiateurs spécialisés qui agissent sur plus 30 000 élèves. Aujourd’hui, 56 collèges des Bouches-du-Rhône bénéficient de cette médiation devenue indispensable.

*Association départementale pour le développement des actions de prévention.