Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Département des Bouches-du-Rhône

Merci aux agents du Département mobilisés sur le terrain.

Dans un contexte exceptionnel et dans des conditions parfois difficiles, de nombreux agents du Département poursuivent leurs missions sur le terrain pour assurer la continuité du service public et lutter contre la crise sanitaire. Certains agents ont aussi accepté d’effectuer des missions de volontariat dans un esprit de solidarité. Merci à eux. 

Témoignages

Ingrid Mattéi, agent volontaire pour l’accueil des élèves au collège Pierre Matraja à Sausset-Les-Pins

«  En tant qu’agent d’accueil à la loge du collège Pierre Matraja, je n’ai pas hésité avec mes deux collègues Serge Bellue, ouvrier d’entretien et Michaël Mangof, cuisinier, à participer, dans ce contexte de crise, à la réouverture de l’établissement dans lequel nous travaillons toute l’année. Au contraire ! Je voulais être utile dans cette organisation, c’est le cas aujourd’hui.

Nous accueillons, tous les jours, les enfants des personnels médicaux, des fonctionnaires,… En tout, moins d’une dizaine de collégiens, de 9 heures à 17 heures. Dans ce temps, ils prennent leurs cours en visio, font leurs devoirs et déjeunent sur place d’un repas qu’ils ont apporté. L’accueil de ces élèves est organisé dans le respect des gestes barrières imposés par la lutte contre le Covid 19. Tous les jours, on organise la distribution de masques et de gants, la mise à disposition de gel hydro alcoolique et le nettoyage des surfaces communes avec gel antibactérien.

Quant à mon travail à la loge du collège, il consiste à répondre aux appels téléphoniques des parents, essentiellement, qui cherchent des réponses concrètes à toutes leurs questions mais surtout ils ont besoin d’écoute face à leurs inquiétudes légitimes. Je les comprends tellement. Je suis moi-même maman d’un garçon de 10 ans et je me demande bien dans quelles conditions il va pouvoir reprendre sa scolarité !

L’ouverture du collège permet également aux familles qui ne sont pas équipées en informatique de venir récupérer les dossiers imprimés que mes collègues et moi, préparons tous les jours. Dans ces moments-là, il faut être solidaire. Aujourd’hui, on est tous dans le néant, il faut s’entraider ! ».

Benoît Biaggi, 43 ans, chef cuisinier du collège Mistral

“Quelques jours après le début du confinement, j’ai rejoint le mouvement “Les chefs avec les soignants” lancé par Guillaume Gomez, le chef des cuisines de l’Elysée. Je n’ai pas hésité une seconde à me porter volontaire. En accord avec ma direction et avec le Département, j’ai sollicité les fournisseurs avec lesquels j’ai l’habitude de travailler pour obtenir des matières premières gratuitement. Ils ont accepté et continuent aujourd’hui à faire don de leurs produits. Je suis seul, donc je n’ai pas la possibilité de préparer des repas complets, mais leurs matières premières me permettent déjà de réaliser des pizzas, des cakes, des fougasses et des feuilletés.

A ce jour, c’est la 4ème fois que je livre l’hôpital d’Arles. L’ensemble du personnel hospitalier est ravi de cette démarche, tant au niveau des soignants que des techniciens ou de la blanchisserie. Beaucoup de gens peuvent profiter de ces denrées alimentaires, même dans les deux EHPAD proches de l’hôpital, car j’ai la capacité de stocker et de produire en grande quantité au sein des cuisines du collège Mistral.

Début avril, nous avons également fait un don de nourriture au Secours Populaire pour contribuer davantage à cet élan de solidarité. Au-delà de l’aspect alimentaire, nous avons également fourni une grande partie de notre matériel aux soignants : lunettes de protection, charlottes, gants, etc.

Je ne fais pas ça pour la gloire, c’est quelque chose qui me touche vraiment et j’invite tous mes collègues à faire pareil.”

Retrouvez toutes les actions solidaires du chef Biaggi sur sa page Facebook “Cuisine arlésienne du collège Mistral”

Sarah Belkhir, technicienne de laboratoire au Laboratoire départemental d’analyses réalise tous les jours les analyses des tests Covid-19

Je suis la technicienne référente de l’automate qui réalise les tests « PCR » pour la recherche du coronavirus. On n’est pas spécialisé dans ce genre de recherche mais il était essentiel de pouvoir participer à ce dépistage. Nous sommes une équipe de techniciens, biologistes, secrétaires et agents du laboratoire à nous battre au quotidien pour lutter contre le virus.

Là, pour nous, notre métier prend tout son sens. En tant que technicienne de laboratoire spécialisée dans la biologie médicale, il était évident de réaliser cette recherche en temps de crise sanitaire. Quand j’entendais qu’il n’y avait pas assez de machine pour réaliser les analyses, j’enrageais et je trouvais ça frustrant, alors qu’on avait du matériel disponible. Et quand on nous a proposé de travailler sur les tests du Covid-19, on a dit oui tout de suite. Même si au début il y avait une certaine appréhension car les conditions de sécurité doivent être optimales pour nous protéger.

Très vite, il a fallu aussi gérer le côté familial. J’ai expliqué à mon fils de 10 ans que sa maman allait travailler et pourquoi. C’est compliqué car je ne peux plus lui faire de câlins. Mais ça l’a rendu autonome et responsable. Et je suis fière de lui. Tous les jours, nous recevons les tests à analyser. C’est un travail collectif car ici, au laboratoire, on est au bout de la chaîne et on ne néglige jamais rien. On sait que l’organisation des prélèvements autour des centres de dépistage est compliquée pour le personnel et les patients. Et derrière chaque tube, on pense qu’il y a quelqu’un et que cela pourrait être un membre de notre famille. Plus généralement, c’est effrayant ce qui se passe car le danger est invisible. On voit qu’il est là, on voit que beaucoup de personnes sont touchées et on ne sait pas qui est ou n’est pas contaminé. L’organisation sociale est compliquée dans la famille, dans le travail, on prend des distances avec tout le monde. Mais je vous avoue que j’ai moins peur de tomber malade ici qu’en allant au supermarché.

Parfois je me dis que ce qu’on vit aujourd’hui est assez irréel et pourtant on s’y attendait un peu. Quand on voit nos modes de vie, nos comportements envers la nature ou les animaux, on pouvait penser que cela arriverait.

Et j’espère vraiment qu’on apprendra de cette crise. Des épisodes comme celui-ci ont toujours existé. On a tendance à oublier, mais la réalité nous rattrape bien souvent.

Maud Galagain consulte en ligne ses jeunes patients et leurs parents

Psychologue - Maison Départementale de la Solidarité de la Belle-de-Mai de Marseille (3e)

« Depuis le 16 mars, je réalise les consultations par téléphone ou en appels vidéo, quand c’est possible, avec les enfants que je suis habituellement dans les foyers, familles d’accueil et les MECS. J’organise également les consultations avec les parents anxieux de ne pas voir leur enfant depuis près d’un mois. L’entretien à distance n’a pas le même impact mais il est indispensable de garder le contact même par écran ou combiné interposé, au moins une fois par semaine. Mon rôle est de rassurer tout le monde mais dans cette période anxiogène de confinement. Pour les enfants et les jeunes, dans cette période, tous les repères sautent. Plus d’école, plus de maîtresse ou de professeurs, plus de cantine, plus de sport et surtout, plus de parents. Remontent, par conséquent, les questions de l’abandon, l’absence et la peur de ne plus les revoir. Avec les plus jeunes, je suis dans une sorte de guidance parentale. La séance peut être basée sur les devoirs avec un exercice à faire pour la semaine suivante. Pour les plus difficiles, je vais rappeler gentiment les règles et la notion de respect. A tous, je leur donne rendez-vous une fois par semaine, ainsi je peux constater ce qui a fonctionné, ou pas.

Avec les ados, techniquement c’est plus simple. Je les consulte quasiment tous sur WhatsApp. En revanche, cette période est très difficile à vivre pour eux. Ils sont très anxieux et ont vraiment besoin de parler. Les entretiens sont beaucoup plus longs, il faut les rassurer. Pour eux aussi, la rythmicité hebdomadaire est très importante.

Enfin, la partie la plus ardue de ma tâche dans ce contexte c’est d’arriver à rassurer les parents qui ont peur que cette rupture les oblige à reconstruire la relation à leur enfant qu’ils ont mis parfois des années à reconstruire. Les questions les plus fréquentes sont : quand vais-je revoir mon enfant ? Comment ? Mon rôle est de passer du temps avec eux pour les apaiser et leur dire que tout recommencera où cela s’était arrêté. Et puis j’ai des petites astuces, avec mes collègues des structures d’hébergement, on leur envoie des photos prises avec leurs enfants dans des moments joyeux, on leur dit qu’ils sourient pour eux et qu’ils les aiment. »

Sabrina Ben Nafla, 38 ans, agent volontaire pour assurer le suivi des personnes âgées par téléphone

“ Je travaille en temps normal à la Maison du Bel-Âge de Saint-Giniez à Marseille et j’ai été ravie de me porter volontaire pour cette mission. Notre coeur de métier, c’est la solidarité. Nous ne pouvons plus recevoir du public, mais il est très important de continuer à prendre soin des personnes fragiles à travers les appels que nous passons.

Le but n’est pas de rester 2 minutes au téléphone. En moyenne, un appel dure entre 15 et 20 minutes. C’est le temps nécessaire pour apporter un peu de chaleur humaine, rompre la solitude et identifier les éventuelles difficultés auxquelles nos aînés font face.

Parfois, ma mission consiste simplement à leur rappeler les gestes barrières et les mesures de prévention ou à répondre à leurs questions sur des problématiques quotidiennes. Tout le monde n’a pas un accès informatique donc je leur donne les bons numéros en fonction de leurs besoins. Cela va des impôts à la livraison de courses en passant par des réseaux d’entraide ou des services administratifs.

Heureusement, certains vont très bien et sont entourés, mais d’autres n’ont pas cette chance. J’ai eu le cas d’une personne qui souffrait de solitude. Je me suis rendu compte que le simple fait de l’appeler 2 ou 3 fois par semaine suffisait à lui redonner le moral. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai aussi eu affaire à des personnes très âgées et très handicapées qui vivaient sur leurs réserves, dans l’incapacité de se déplacer, avec la peur de tomber malade et de ne plus pouvoir manger. Après avoir sondé leurs besoins alimentaires, j’ai pu mettre en place une chaîne de solidarité avec la Croix-Rouge afin qu’un panier de première nécessité leur soit livré. Elles étaient ravies et surtout soulagées.

Je tiens un cahier avec des codes couleurs pour chaque personne que j’appelle. Cela me permet d’effectuer un suivi précis et de prendre des nouvelles régulièrement. Tous les retours sont très positifs, nos usagers sont très contents et nous remercient chaleureusement. Souvent, ce sont eux qui s’inquiètent pour moi et pour ma santé ! ".

Florence Theron - Médecin PMI assure la vaccination obligatoire des tout-petits

« Depuis le début du confinement et jusqu'au 4 avril, nous étions le seul centre de Protection maternelle et infantile (PMI) accueillant du public dans les 14,15 et 16e arrondissements de Marseille. Nous avons dû faire face à la fermeture au public des Maisons départementales de la Solidarité de la Viste et de l’Estaque, et donc rapatrier toutes les consultations pédiatriques de ces arrondissements au Pôle Santé des Flamants dans le 14e arrondissement. Les équipes de PMI de la Viste et l’Estaque ont poursuivi un accompagnement téléphonique et les consultations des bébés dans le premier mois.

Avec l’ensemble de l’équipe des Flamants et du personnel de la Viste et l’Estaque, nous assurons le suivi de la vaccination obligatoire des enfants jusqu'à l'âge de 16 mois. Cela relève de nos missions permanentes. La différence aujourd'hui, c'est le nombre de consultations en forte progression, qui est passé de 5 demi-journées de consultations pédiatriques par semaine à 10 sur ce site. Depuis le 6 avril, les PMI de La Viste et l’Estaque ont rouvert des consultations pédiatriques à la Cabucelle et au Castellas.

Nous avons donc mis en place des « consultations confinées », le matin et l’après-midi. Tous les personnels PMI se sont adaptés et nos modes opératoires ont changé. Comme partout, on a aménagé l’accueil du public, organisé une circulation fluide pour que les personnes ne se croisent pas dans la salle d’attente et favorisé la prise de rendez-vous en appelant les familles. Quant à l’accompagnant de l’enfant, la règle est stricte : un seul parent est autorisé à venir et pas d’autres enfants. Malgré toutes ces précautions, on essaie de passer plus de temps avec les patients, on les écoute, on les informe, par exemple, de l’importance des rappels et que seule la vaccination peut empêcher une épidémie de coqueluche ou de rougeole. »

Sabine Aguad, agent volontaire pour transporter les tests Covid-19 entre l’Hôpital Nord et l’IHU de la Timone

“ Comme mes 14 collègues du Laboratoire départemental d’analyses, j’ai répondu tout de suite favorablement à l’appel au volontariat lancé par l’APHM et relayé par le Département pour soulager les équipes qui transportent les tests virologiques et sérologiques Covid-19 entre l’Hôpital Nord et l’IHU. Il n’y avait aucune raison de ne pas apporter notre aide. Dans ces moments, on ne réfléchit pas. Notre mission est sécurisée, nous sommes bien équipés et à notre arrivée à la Timone pour déposer les tests en vue de leurs analyses, le parcours est totalement aménagé de manière à limiter les risques. Avec 14 agents, les tournées qui débutent à 8h30 sont bien rodées tout au long de la journée et permettent de garder du temps à la maison pour les enfants et les proches.

Aujourd’hui, c’est “ vis ma vie de coursier ” mais en temps normal, je travaille dans le Pôle assistance technique du Laboratoire départemental d’analyses, je suis sur le terrain pour procéder au contrôle microbiologique de la restauration collective scolaire, de l’eau des piscines et ou encore de l’eau de distribution… Le transport de prélèvements fait donc partie de mes compétences. Mais si on m’avait proposé une mission éloignée de mon métier, j’aurais également accepté. Je suis consciente d’être utile dans un moment difficile. Il faut être solidaire mais en revanche chacun doit respecter les consignes et rester confinés à la maison ! ”.