Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Département des Bouches-du-Rhône

Christophe Benoit : “Le site idéal pour les plongeurs”

À 46 ans, Christophe Benoit a gardé l’accent de sa Bourgogne natale et pourtant ce plongeur

professionnel enseigne et pratique dans les eaux cristallines de la Côte Bleue depuis 15 ans.

La Côte Bleue est devenue son lieu de travail et de vie.

 

Comment un plongeur originaire de Bourgogne vient-il s’amarrer sur la Côte Bleue ?

Christophe Benoit : C’est un parcours que j’ai débuté à l’âge de 12 ans avec mes premières plongées en piscine et dans les lacs de ma région natale. Dès que j’ai pu, j’ai passé les différents niveaux et à l’âge de 19 ans, je suis devenu encadrant en plongée. Je me suis perfectionné lors de mon service militaire à l’École de plongée de La Valbonne. C’est après plusieurs années à Paris en tant que moniteur de plongée pour la municipalité que j’ai eu l’opportunité d’intégrer le centre UCPA de Niolon en 2003 après avoir passé le Brevet d’État de 2e niveau pour être formateur de moniteur. J’ai souvent plongé en Méditerranée sur la Côte d’Azur, mais je ne connaissais pas du tout la Côte Bleue qui reste la face cachée du littoral provençal. En revanche, je connaissais la réputation du centre de plongée de l’UCPA. Je suis alors devenu responsable des activités de Niolon, du centre du Frioul et de celui de Cap Croisette. Je vis et je travaille ici, un peu isolé, comme au bout du monde, surtout en hiver.

Le centre UCPA de Niolon est une référence en plongée, pourquoi ?

C. B. : Parce que c’est le plus grand centre européen de plongée. Au plus fort de la saison, 30 moniteurs y exercent et il accueille quelque 200 pratiquants par jour. La population qui pratique la plongée ici est très locale, essentiellement des habitants du coin ou des clubs de plongée associatifs.

Quelles sont les spécificités de la plongée dans les eaux de la Côte Bleue ?

C. B. : Pour débuter et faire de l’exploration, ce site est idéal. À l’abri du Mistral, la plongée y est facile. Certes, la Côte Bleue n’abrite pas les gros poissons que l’on peut trouver du côté des Calanques, notamment les mérous, mais elle est très riche en faune fixe, comme le corail rouge, caractéristique de la Côte Bleue, ou encore les gorgones. Ce qui ne nous empêche pas de croiser très régulièrement des dauphins et d’apercevoir des thons de plus de 2 mètres dans la calanque de Niolon. Très impressionnant ! D’une manière générale, la Côte Bleue présente un réel intérêt biologique. C’est l’occasion de sensibiliser les jeunes que nous recevons sur les aspects environnementaux. En plongée, en effet, dès que les techniques sont maîtrisées, l’impact de l’homme sur les fonds est négligeable. Et puis avec le Parc marin de la Côte Bleue qui oeuvre à préserver le site, les plongeurs constatent des évolutions positives comme la densification du corail rouge ou le retour des mérous.

La Côte Bleue, ce n’est pas seulement un spot de plongée ?

C. B. : Ce littoral est aussi agréable en mer que sur terre. Les balades y sont nombreuses, on peut randonner tout le long de la côte par un sentier entre collines, roches calcaires et vues sur mer, c’est superbe. La faune y est riche d’espèces comme l’Aigle de Bonelli par exemple. C’est une côte moins fréquentée que les autres, elle est donc plus sauvage.

Le fort de Niolon

Sur la Côte Bleue, aux portes de Marseille, c’est un endroit qui mêle panoramas spectaculaires et vestiges historiques. Le fort de Niolon ou “Batterie Haute de Niolon” est un ensemble de fortifications militaires dont la mission était de surveiller et défendre la rade de Marseille des assaillants à la fin du 19e siècle. Perché à 190 mètres sur les hauteurs du Rove, à la pointe d’un éperon rocheux, on y accède par le plateau du Médecin en suivant le chemin qui se dirige vers le Jonquier. Lorsqu’on l’aperçoit après avoir défié quelques sentiers pentus, “la vue y est imprenable sur Marseille, l’Estaque et les îles du Frioul” explique Christophe Benoit.

Le port de Méjean

Accessible depuis Ensuès-la-Redonne, la calanque de Méjean se divise en deux parties, celle du petit Méjean et du grand Méjean. Port-abri de pêche, le petit Méjean est un petit coin paisible au coeur de la végétation méditerranéenne. Le petit sentier au bout du port mène au grand Méjean et à sa jolie crique sauvage. Il est possible d’effectuer de nombreuses randonnées autour de la calanque, et toujours face à la Grande Bleue. Comme de nombreux sites de la Côte Bleue, les accès sont réglementés en été. Renseignez-vous avant de partir et prenez les bons équipements car les chemins peuvent être escarpés.

La calanque de Niolon

“Quand la mer est calme, au coucher ou au lever du soleil, à la lueur de la lune, la calanque de Niolon est extraordinaire”, s’extasie Christophe Benoit qui vit et travaille sur ce site de la commune du Rove à quelques encablures de Marseille. Depuis cette calanque pittoresque, les marcheurs peuvent se rendre dans les calanques de la Vesse, du Jonquier et de l’Érevine. Ce petit port de pêche a su garder tout son charme et offre de bonnes tables au bord de l’eau.