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Bruno Boirel : la provence dans le coeur et dans le viseur

Doté d’une grande sensibilité, Bruno Boirel voit à travers son objectif ce que les autres ne voient pas. Amoureux de sa région, il a lancé une galerie en ligne qui propose des photos d’art consacrées exclusivement à la Provence.

Ses photos sont graphiques. Il aime les lignes et les formes. Mais surtout, il aime les photos qui racontent les petites anecdotes de la vie. “Quand je prends en photo ces deux femmes de dos sur le Vieux-Port (voir ci-contre), je leur invente une vie, des vies. Je m’imagine leur conversation. Sont-elles heureuses, malheureuses, opprimées, libres ? J’envisage tous les dialogues possibles entre elles.”

Mais qu’est-ce qui a poussé Bruno Boirel, la cinquantaine, gestionnaire en distribution automatique de métier, à se lancer dans la photo d’art ? Il y a bien eu ce père qui avait un labo photo dans la cave de la maison familiale. Et ce premier appareil Kodak qu’il s’est vu offrir lorsqu’il avait 15 ans. Mais il se passera bien des années avant que l’envie ne lui vienne. Le déclic arrivera véritablement en 2013, quand ce photographe amateur - “les amateurs sont parfois meilleurs que les professionnels”, dit-il l’oeil rieur – gagne un concours organisé par Olympus. Sa photo d’un homme seul, sous la pluie en bord de mer à Nice (voir ci-contre), qui regarde derrière lui comme s’il avait peur d’être suivi, séduit le jury.

UN ANGLE ORIGINAL

“Je suis un voyeur. J’aime m’installer à une terrasse et regarder les gens. Capter cette vie avec mon appareil. C’est comme si les personnages de mes photos m’avaient donné rendez-vous”, explique-t-il. Et d’ajouter : “Je pourrais m’arrêter chaque jour sur le Vieux-Port et ne jamais faire la même photo. Il y a toujours quelque chose de différent.”

Bruno Boirel est un rêveur. Et l’homme n’est peut-être pas si loin d’avoir réalisé son rêve. Il a voulu fédérer de nouveaux talents autour d’un projet original. En 2017, il lance avec sa femme Monica une galerie en ligne, ToTheGallery*, qui propose à la vente des photographies d’art exclusivement consacrées à la Provence. Ici, pas de photo “carte postale”. La Bonne Mère ou le Mucem ont bien sûr leur place de choix dans la galerie, mais toujours avec un traitement différent, un angle original.

Si les photos de Bruno Boirel ont toujours un côté obscur, avec des couleurs contrastées, il ouvre sa galerie à des photographes aux styles très variés. Il y a bien sûr les artistes locaux : Jean-Paul Cotte, Laurent Gayte ou encore Karine Chavas. Mais on y trouve aussi Robert Hale, grand photographe de la côte ouest américaine qui pose ses valises quatre mois par an dans la région.

UN NOUVEAU CHALLENGE

Aujourd’hui, Bruno Boirel veut voir plus loin avec ToTheGallery. Il souhaiterait abandonner les machines à café pour ouvrir une galerie non plus en ligne, mais entre 4 murs. “Pour gagner ma vie en vendant du beau”, dit-il. Mais avant, il se lance un nouveau challenge : louer des photos aux entreprises pour leurs bureaux. “Cela se fait aujourd’hui pour les oeuvres d’art, mais pas pour les photos”, explique-t-il. Et toujours 100 % local : du cliché à l’impression, tout est made in Provence.